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Sujet imposé : Dans la peau d'un chat

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Karlheinz L.K.

Messages : 151
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15012015

Sujet imposé : Dans la peau d'un chat

Message par Karlheinz L.K.

Tout est dans le titre, faites en ce que vous voulez... que vous aimiez les chats ou pas !


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Message le Jeu 15 Jan - 18:24 par Hubert Canonici

Je suis Paf le chat.

J'aimerais être le chat d'un grand peintre, un mort, le voir avant que ne naisse l'idée, avant de voir sa toile souillée. Qu'il me foute un coup de pied en disant

-Dégage le chien !

J'aime penser qu'il appelle un chat le chien, comme s'il chiait, le jour du poisson, dans l'assiette d'aristocrates engoncés.
Un anarchiste désabusé, un anti tout, en titane, seulement en recherche d'une lumière, celle à mettre avec son pinceau pour illuminer l'ombre. Puis il pète, puis il fait sortir de sa gorge un son à la con, comme celui d'un mouton écossais, téléporté subrepticement et enchevêtré dans les ronces du maquis corse.

Voir ses voisins s'introduire dans son atelier, son église. Les Chapu, avec leurs deux enfants dont l'un est disgracieux tel un chien long et maigre, qui, même lorsqu'il lève la patte pour saluer, ne suscite aucune compassion, personne ne l'appelle jamais le chat.Très peu iraient jusqu'à lui jeter une livre de poivre blanc en pleine poire...

La mère Chapu; je me pose la question, lorsqu'une dame porte buste rond et pattes de grives (avec enjambées courtes et vives, et bras au balancier métronomique) de deux choses l'une, soit la dame est drôle, spirituelle, bonne cuisinière, bien désirable, tenant bien les comptes du foyer, soit elle est madame Chapu.
Sombre, colérique, une langue à briser des os, une hystérie à perturber une sculpture de Michel-Ange. Une chatte sûrement semblable à un bouledogue aux yeux éteints, aux poils (bigarrés) se croisant et se chevauchant en stalag- tites et mites, une boursouflure sans exaltation à offrir, une peur blanche, miaou...

Le père Chapu, ce pauvre type avec sa viande grise, sec comme un Pub sans bière, pauvre de n'avoir aucune passion, comment fait il pour endurer la vie? Il n'a aucun repli, ni l'écriture, ni la peinture, ni rien...

Moi, en tant que chat, je baise à couilles rabattues, je chasse; je me prélasse au soleil dans la jardinière suspendue de monsieur Mathoux.
Ou à l'intérieur, quand les ciels sont hostiles, dans la bibliothèque de madame Chavert, là, au milieu des livres, je peux prendre du recul et comprendre le monde.
L'autre jour, la mère Chavert m'a vu lire une revue

-Tiens, le chat lit l'hebdo ! Une bande décimée !

A-t-elle dit en pensant visiblement à autre chose.
Parfois je veux laisser ma griffe, qu'on reconnaisse mon coup de patte, de mon vivant bien entendu.

Mais là, que vois-je ! Une chatte blanche sur le trottoir d'en face, une nouvelle !

Il traverse, la C3 roule bien vite dans la rue déserte.

PAAAF...le chat !

Message le Jeu 15 Jan - 18:51 par Karlheinz L.K.

"-Tiens, le chat lit l'hebdo ! Une bande décimée !"

Hubert, vous connaissez mon aversion pour les jeux de mots, mais là, je dis bravo ! cheers

Message le Jeu 15 Jan - 18:55 par liveriu

Ce qu’il y a de bien avec les grognasses c’est leur amour du poil. Et comme le poil leur est cher, ça vaut la peau des fesses de leur satisfaire l’âme. Antoine était content, la chasse avait été bonne et il se félicitait déjà de sentir dans sa gorge les marbrures ambrées de sa boisson favorite. Antoine était au poil, mais jamais à poil, sa pudeur native l’empêchant de se dévêtir y compris lorsqu’il besognait une grosse qu’il avait comme habitude de remercier par un don de fourrure. Mais comme les grosses sont rares, et les fourrures trop chères, Antoine était devenu un grand chasseur de chat, un recueilleur de peau de chat, un collectionneur attentionné des vestiges pileux de ces bêtes qu’il considérait comme les enfants du diable, et qu’il massacrait voluptueusement chaque fois qu’une grosse lui promettait une ouverture susceptible de lui donner un spasme hygiénique de première grandeur.
Pour chasser le chat, pour peaufiner la peau du chat, Antoine avait fait des études. Il avait regardé tout ce que l’on pouvait savoir sur la bestiole, son origine –lointaine d’ailleurs, on parlait de pays irrigués par des grands fleuves, l’Egypte, la Perse – et pour la Perse Antoine savait aussi que là-bas, même les hommes puissants on les appelait les Shahs. Il savait même que le dernier du nom avait été bien dépecé par des poilus enthousiastes, il y avait quelques années de ça.  Il s’était  aussi intéressé à leur alimentation et leur goût des oiseaux mêlé à celui des rats lui paraissait une force cosmique incoercible, le mariage de l’air et de la terre lui semblant une synthèse parfaite de l’horreur et de la méchanceté du vivant. En plus le chat – manque de peau- était nyctalope, comme Antoine d’ailleurs qui se régalait de les surprendre alors que ces sournois à la démarche ambigüe s’imaginaient être plus malins que lui. Antoine avait sa technique, ses petits pièges discrets, et chaque soir il sortait pour  faire ses collets et regrouper les bêtes qu’il allait dépecer soigneusement, avant de les bien coudre pour façonner les doudounes que ses grosses admireraient.
Ces chats le bottaient, ça on pouvait le dire, surtout qu’une fois dépecés et bien travaillés, cela faisait des civets onctueux que les grognasses appréciaient, Antoine sachant toujours accommoder la bête en ragoûts bien sauceux qui embaumaient sa humble demeure. Et chat, on peut le dire, c’était ce qui le rendait séduisant, c’était ce qui faisait de lui le maître des chats, le roi de la peau des chats, le tailleur extasié des fourrures chatoyantes.

Message le Jeu 15 Jan - 21:54 par Hubert Canonici

Dans la peau d'un chat ! Quelle idée saugrenue Karl ! Liveriu, vous êtes seul dans votre tête ?

Message le Ven 16 Jan - 7:45 par liveriu

Chat dépend ! cher Hubert, chat dépend !

Message le Ven 16 Jan - 11:50 par Sylvie Viallefond

Il n'y a plus un jour où elle a les mêmes traits que la veille, son teint change illico en fonction de son sommeil, ses soucis, ses excès, elle marque vite.
Quand elle se déshabille, très tard, je vois son corps qui change, ses courbes se modifier, profondément, dans une interaction complexe de ses hormones, de son hygiène de vie, du vieillissement de ses os, de sa peau, de ses muscles, de son envie ou pas de retenir le temps ou de lâcher prise. Je la vois vieillir à vue d’œil de chat, puis quelques semaines ressembler à avant ou juste rester pareille.

Elle, c'est celle que j'attends le soir car à son arrivée démarre la dernière partition de la journée, elle fait les cuivres, les percussions, les autres les cordes, moi le pipeau.
Elle change mon eau et me donne la portion la plus généreuse de croquettes. Elle jette un œil sur ma litière et évalue au nombre d'excréments si c'est aujourd'hui ou demain qu'il faut s'en séparer.

Elle me salue tous les jour par un «oh ! Tu m'emmerdes, t'es vraiment trop con. » Une caresse malgré tout. Je suis toujours le premier salué et le premier servi par elle. Le premier.

Il y a le plus jeune qui pue des pieds, au delà du raisonnable. J'adore ça. Je lui colle mon museau pour inspirer très fort dès que je peux, je lèche même parfois, il produit de l’ammoniaque presque pur. Un pur plaisir. Lui, il trouve ça obscène je pense, il me repousse. J'y reviens. Il me repousse. J'y reviens. Il me balance. Je m'en vais.

Il y a celle qui change en ce moment. Qui passe d'enfant à ne plus l'être. C'est avec elle que je dors depuis des semaines, je la sens fragile, mais elle me parle. Je la regarde dans les yeux, alors elle enchaîne. Je voudrais qu'elle se lève pour me remettre des croquettes. J'essaie de me faire comprendre, puis je me dis que ça va, je vais attendre, je vais rester avec elle, je vais me coucher sur sa tête quand elle va s'allonger, car elle s'allonge beaucoup, tout le temps, mal, n'importe comment, sur son lit qui chaque jour s'épaissit du bordel de la veille. Elle a presque l'âge de mon espérance de vie, cet âge d'humain n'a pas l'air d'être facile.

Il y a celle qui ferme sa porte toujours parce qu'elle ne m'aime pas. Elle je l'adore. Moins elle m'aime, plus je l'adore. Quand elle n'est pas là, je dors à sa place dans le lit, je sens son odeur, je dors sur ses papiers au bureau, je circule tout doucement dans sa chambre, je renifle son rouge à lèvres, je dors 10 minutes dans ses sous vêtements, je me mets à sa fenêtre, j'en oublie d'aller à ma caisse, de retourner voir si ma gamelle en est toujours où elle en était. Je me retiens de tout car je ne sais jamais quand elle rentre et si j'ai du temps ou pas devant moi.

Il y a la plus grande, belle comme le jour, douce et aimante de moi. Elle me caresse comme personne ne me caresse, fermement, techniquement. Là où je ne peux pas me gratter, là où je ne peux pas me lécher. Je l'emmerde au maximum, pour voir jusqu'où elle va. Elle va loin, elle tolère tout. Je lui fous des coups de boule quand elle travaille à son bureau, je marche sur son clavier, j'écris ma propre prose sur ses devoirs à rendre, je change les onglets de ce qu'elle consultait. C'est au pied de son lit que je vomis quand j'ai mangé comme un goret, c'est vers elle que le ramène mon cul quand une bille de caca n'est pas tombée de moi à la litière parce que j'ai encore trouvé du bolduc à manger ou le lien des sacs poubelle. Elle râle, elle n'aime pas ça, mais gentiment, elle va chercher du PQ et tout doucement, tire sur la bille puis sur le fil que j'ai dans le gros colon.
C'est la plus gentille de tous.

Et puis il y a la grosse, dégoûtante et vorace qu'ils m'ont amenée un jour pour que je ne sois pas seul dans la journée. Comme moi un chat errant, mais femelle. Obsédée par la bouffe, refusant mes assauts, elle garde la porte comme un chien de garde et ne tente jamais de dormir plus haut que moi. Quand elle est arrivée, un de nous deux devait céder ses gonades. Ils ont choisi moi. On m'a vidé le scrotum, j'ai pendouillé un peu, j'ai pris du poids, je l'ai couverte mille fois la grosse et puis ça m'est passé, mais pas l'envie de la tuer.

Message le Ven 16 Jan - 14:35 par Karlheinz L.K.

Sylvie, je suis sur mon téléphone, je n'ai lu que la fin (je sais c'est pas bien ! ), mais ça donne envie de lire le début !!!!!

Ceci dit, j'ai toujours préféré les femelles, plus fines, plus indépendantes, plus chasseuses, plus "chat" quoi !!!

Message le Ven 16 Jan - 16:18 par Dominique Giudicelli

J’ai pris corps dans une chatte, une jolie chatte, une nuit que ses poils soyeux et noirs frissonnaient sous la lune. J’arrivais de l’Astral. Je suis entré. Elle était douce comme la cendre, chaude comme l'enfer. Je suis resté

Lorsqu'elle ronronne, les vibratos de sa gorge me chatouillent délicieusement ; j’aime ça, et aussi lorsqu’elle dort, pelotonnée autour de moi. De temps en temps, je sors et je l’enveloppe de mes ondes pour qu'elle reste toujours magnétique et docile, qu'elle continue d'attirer les caresses. Ça me rend fou, les caresses... Je la fais rouler sur le dos et j'offre son ventre aux doigts de sa maîtresse. Les grattements de l'une sont aussi exquis que les vibrations de l'autre. Je présente un flanc, puis l'autre, les reins, le cou, j'écarte bien les pattes... Elle adore ça, elle aussi, la chatte. Dans mon antre de chair, je suis étroitement gainé de plaisir, parcouru par ses spasmes et ses ronronnements. C'est indescriptible. Infernal. Affolant. J'en perds l'emprise, ça me rend fou... J'exulte, je regimbe, j'ai envie de mordre !
Dans un soubresaut, je plante les canines délicates de ma succube dans le bras de sa maîtresse, le sang perle et je suce, cramponné des dents et des griffes tandis que l'une hurle et l'autre feule. Par Lillith, que c'est bon ! C'est enivrant. Elles sont miennes, toutes les deux : la chatte que j'habite et sa maîtresse qui l’adore et dont je me repais.
La première fois que, de sa petite langue râpeuse, la chatte m’a versé à boire, la maîtresse l’a frappée. Deux coups sur le derrière qui ont résonné en gong. J’ai aimé ces ondulations graves, elles donnaient au sang un goût métallique et nourrissant. J'en voulais encore, j’ai sauté à la gorge de la maîtresse. Elle a saisi la chatte et l’a jetée loin d’elle. Mauvaise tactique… Je suis sorti, j’ai enveloppé la maîtresse de mes ondes. Depuis, sa chatte lui est plus chère que tout, et elle la laisse sans broncher me désaltérer. Elle hurle seulement, mais j’aime ça… Je trouve même que ses cris perçants donnent de la vivacité, du pétillant à ce nectar, ce vin d’éternité.

J'ai quitté l'Astral, et je ne compte pas y retourner.


Dernière édition par Dominique Giudicelli le Sam 17 Jan - 11:13, édité 2 fois

Message le Ven 16 Jan - 20:19 par Hubert Canonici

Un "chat pelé" pas très catholique !
Désolé Karl, le chat pitre est clos !

Message le Mer 21 Jan - 8:54 par Dominique Giudicelli

Texte de JP Lovichi :


Air chaud. Jour brûlant.
Le sol. Carrelage frais. Rafraichissant. Agréable sensation. Terrasse plein sud, plein feu.
Ombre délicate et insuffisante.
Odeur de géranium, de menthe, de genévrier.
Bande de tissu jaune tendue entre deux morceaux de bois.
Léger balancement. Quasi imperceptible.
Grincement. Rythme binaire.

Elle, là, allongée.
Détendue. Souffle régulier. Sa main pendante. Par-dessus bord.
Attraction. Possession.
Ses jambes nues. Douceur toujours étrange d'une peau sans poils et pourtant soyeuse.
Chaude.

Offerte. Abandonnée. Immobile.

A ma place.

Ses cuisses. Odorantes. Humides.
Odeur tenace, excitante.

Maintenant son ventre.
Vagues régulières de chair souple.

Sa main sous ma gorge, ses griffes taillées et arrondies.
Indolores. Inoffensives.
Et déjà ce bruit, roulement intérieur. Production incontrôlée.
Le dessus de mon crâne, le long de ma colonne vertébrale.
Sur mes flancs.
Ondulation. Décharge de plaisir.

Ne plus bouger.

Langue rapeuse sur mes pattes.
Sur sa peau aussi.

Immobilité et calme.

Bourdonnement d'une abeille, d'une mouche.
Léger mouvement.
Réveil.
Lumière encore trop vive.

Attendre la nuit et son silence.
Ses étoiles et ses proies.

Message le Sam 24 Jan - 20:48 par Barbara Morandini

« Je vous méprise tous, bande de primates... » pensait Aldo en regardant la famille s'agiter dans le salon.
Lui était allongé sur le fauteuil le plus confortable de la maison, le sien évidement, et les toisait noblement. Nul besoin de savoir parler, ses yeux hautains, à demi clos, en disaient long.

Pour de multiples raisons il les haïssait tous, profondément, mais pourquoi, alors qu'il n'était pas prisonnier, ne s'enfuyait-il pas?
Était-ce la peur du monde extérieur, une espèce de syndrome de Stokholm ou simplement cette routine confortable dans laquelle il s'était installé depuis cinq ans?
Une routine faite de chaleur de cheminée et de Whiskas?

Non, si il restait, c'était, par dessus tout, pour la satisfaction provoquée par ses divers plans consciencieusement menés. Plans ayant pour but de pourrir le quotidien de chaque habitant de cette maison et qu'il élaborait, en ronronnant, au moment même où ces futurs victimes le caressaient.
L'homme, la femme et leurs cons de gamins!

C'est la haine qui le faisait tenir, le désir de vengeance plus fort que le désir de liberté!
Il fallait que les humains payent!
Pour toutes ces humiliations, pour tous ces sévices! Pour leur stupide prétention de s'estimer supérieurs sous le minable prétexte de posséder des pouces préhenseurs!

Pour l'avoir arraché à sa mère, pour l'avoir prénommé « Aldo » (preuve, si il en fallait une, de la stupidité de ces gens et de leur culture de beauf).
Pour l'avoir vacciné et vermifugé (il s'était senti souillé ce jour là).
Pour lui avoir mis un collier avec une clochette! Lui, descendant direct de Bastet!
Et enfin... par dessus tout... pour avoir commis le pire...l'irréparable: lui avoir coupé les couilles!
Sous quels motifs?
Avait-il violé? Était-il déviant? NON! Simplement pour l'empêcher d'avoir du désir!
Ces connards hypocrites s'insurgeaient devant leur postes de télévision contre l'excision en Afrique et, dans leur propre maison, s'étaient rendus coupables du même crime!

Aldo se l'était juré:
- Tant qu'il aura des ongles, il griffera les meubles et déchirera les rideaux!
- Tant qu'il aura des poils, il les dispersera partout! Provoquant les violentes allergies des stupides rejetons.
- Tant qu'il aura sa tête, il continuera à dissimuler clefs, portables et télécommandes.
- Tant qu'il maitrisera ses sphincters, il fera ses besoins dans les endroit les moins visibles de la maison! Jusqu'à ce que l'odeur, devenue insoutenable, guide ses minables soubrettes aux lieux d'aisance insolites. Jamais les mêmes, toujours veiller à surprendre ses ennemis...

Toute son énergie machiavélique sera consacrée à ce châtiment, punir ces présomptueux humains d'avoir osé tenter de le domestiquer!

Message le Lun 26 Jan - 10:26 par Ofedericabellatchitchi

C'est un bruit strident qui tira Fernand Mouton de son sommeil. "C'est quoi ça ?!" se dit-il effaré. Mais aussitôt, il se souvint du réveil de Valérie, une antiquité dont elle ne voulait pas se débarrasser, prétextant qu'un radio-réveil classique ne pourrait jamais l'arracher à son sommeil, qu'elle avait profond.

Fernand n'avait aucune intention de se lever, il n'avait rien prévu de particulier aujourd'hui, mis à part lézarder sur le canapé. Rien ne l'empêchait donc de se laisser aller de nouveau dans les bras de Morphée, à défaut de ceux de Valérie.
C'est la voix de celle-ci, lui disant au revoir et lui souhaitant une bonne journée, qui le réveilla de nouveau. Il soupira.

Tout avait changé avec Valérie. Elle était si câline au début, si aimante. Prévenante, elle anticipait ses moindres désirs. Puis petit à petit, une distance s'était insinuée. Moins de tendresse, moins de mots doux. Depuis peu, ils faisaient même chambre à part. Un vieux couple, en somme.

Pourtant, lui n'avait pas changé.

Fernand, ce n'était pas le genre excité. C'était un calme, un placide. On avait tendance à prendre sa nonchalance pour de la mollesse, ce qui le vexait terriblement. Quel mal y avait-il à aimer se prélasser ?

N'arrivant pas à se rendormir, Fernand décida d'aller faire un tour. Un petit tour. Il croisa quelques connaissances qu'il salua d'un mouvement léger, mais n'eut pas le cœur à s'attarder près d'eux.

Les ruelles étaient ensoleillées, le ciel d'un bleu profond et serein, le village paisible. Tout, sous ces cieux cléments, invitait à la paresse. Il ne voyait pas pourquoi on l'en blâmait. Il décida de rentrer.

Fernand réalisa qu'il avait faim. Blessé par l’indifférence de Valérie, qui était partie sans même passer un moment près de lui, il avait oublié de déjeuner. Lui avait-elle laissé quelque-chose ? Il se rendit à la cuisine et s'aperçut avec plaisir que c'était le cas.

Elle n'était pas si mauvaise Valérie. En faisant quelques efforts, tout était encore possible entre eux. Ce soir, il tenterait de la rejoindre dans son lit. Avec un peu de chance, il pourrait peut-être dormir près d'elle.

Rasséréné par cette perspective, il regagna le canapé.

Apaisé, repus, le cœur léger, Fernand Mouton étira alors sa longue patte gracile vers le ciel, et, d'un geste à la fois souple et précis, commença à se lécher le pourtour de l'anus avec application.

Message le Mar 27 Jan - 1:19 par EV

Si elle était arrivée là, c’était parce qu’il l’y avait conduite. Le bel Afghan au sourire ravageur. Avant lui, elle avait été ramassée in-extremis par cet infâme vieux mal léché au poil gras, que tous les enfants observaient avec mépris. Qu’il soit bien clair, que ce n’était pas là un acte charitable de la part du vieux, évidemment.

Elle avait atterri où elle avait pu et non où l’on aurait bien voulu d’elle, car jamais personne ne l’avait acceptée. Aujourd’hui, alors qu’elle avançait dans l’âge, elle ne parvenait pas à se souvenir d’un seul jour durant lequel elle n’aurait subi sa misérable condition. Une condition, que personne ne pouvait lui envier. Lorsqu’on la savait quelque part, elle inspirait de la crainte, quand ce n’était pas de la révulsion.

Comme à chaque fois, aussitôt qu’elle changeait de foyer, elle essayait d’oublier son hôte précédent. En vain. Ça avait fini par devenir trop dur pour elle, d’être baladée comme ça, de lieu en lieu, sans jamais avoir de vraie demeure ou un juste semblant de stabilité. Elle vivait perpétuellement avec la crainte de devoir encore changer d’endroit.

On aurait pu en douter mais, elle avait pourtant des sentiments. Elle souffrait de devoir toujours les laisser, de devoir toujours partir, toujours déménager. Sans prévenir. Il lui était interdit d’aimer, de construire ou même seulement d’avoir des amis. Et je ne parle pas d’Amour. Non. L’Amour n’était pas fait pour elle. Elle aurait simplement voulu parler à quelqu’un. Peut-être un étranger, qui aurait eu envie de l’écouter. Elle souffrait de ce mutisme auquel elle était réduite. Elle n’avait jamais pu leur dire qu’elle les aimait. Certes, à sa façon bien particulière, mais elle aurait pu leur expliquer. Au lieu de ça, ils l’avaient toujours haïe. Où qu’elle aille, jamais on n’avait pu l’aimer en retour. La comprendre.

C’est vrai qu’elle était du genre envahissante. C’était sa nature. Elle ne l’avait pas voulu ainsi. Si elle avait pu en changer, elle aurait choisi d’être chat. Pour l’heure, c’était ce bon gros Isidore qui l’avait dans la peau. La teigne.

Message le Jeu 29 Jan - 17:03 par Sylvie Viallefond

Dans la peau d'un chat, si je me fiche du mauvais goût et de l'odeur 
les premières semaines, je peux mettre un téléphone, un calpin, mes
clefs et des mouchoirs.
Avec la queue, une bandoulière, courte, qui me limite à ne l'utiliser 
qu'en pochette. Sinon deux chats, pour un cabas et là je peux le mettre 
à l'épaule. J'y mets mes courses.
Dans la peau de quatre chats je peux bidouiller des sacoches de vélo et dans la peau d'un chaton la petite de trousse de mon kit anti-crevaison, sous ma selle en  mouton.

Message le Jeu 29 Jan - 18:21 par zirlafiara


SOGNI MISGINI

Elle sentait déjà monter en elle le désir.
Elle reconnaissait la douce caresse du shorty.
Le contact soyeux de l’étoffe légère venant se plaquer contre elle.
S’ajustant au plus près d’elle.
S’insérant en elle, même.
Les autres culottes ne lui faisaient pas le même effet.
Mais plus que la matière, c’était l’affriolante perspective de la soirée à venir.
Elle n’ignorait plus, et depuis longtemps, ce qui conditionnait le choix des dessous.
Elle ressentait la fébrilité.
L’atmosphère particulière régnant dans la maison depuis le milieu de l’après midi.
Même la délectable sensation du bain était décuplée par les sels de bain.
Particulièrement choisis.
Le soin qu’Elle pris à l’épiler
Elle percevait maintenant le crissement des bas glissant sur la peau satinée.
La robe fourreau gainant le corps.
C’était à présent le moelleux contact du sofa qu’elle ressentit.
Chaque fois qu’Elle croisait les jambes, le shorty se faisait plus présent contre elle.
L’alcool qui coulait dans les veines augmentait l’afflux de sang et l’émoi grandissait.
Quand Elle se leva pour se percher sur les escarpins, elle sut que le moment était proche.
Encore quelques instants et le désir allait l’assaillir vraiment, cheval fougueux qu’il faudra dompter.
L’irrépressible envie commençait à la parcourir, elle en sera submergée dans quelques minutes, et elle se surprit à mouiller.
La main remontera lentement les bas jusqu’à elle.
Elle sentira son chaud contact à travers la dentelle.
Les doigts l’effleureront.
Délicatement.
Sans la toucher vraiment.
Elle en dégoulinait d’y penser.
Elle aimera plus que tout que la langue s’attarde sur le pourtour ourlé de ses lèvres.
Les parcourt.
Elle s’imaginait engloutir le membre et cela la fit frissonner.
Doucement.
Lentement.
Tendrement.
Chaque millimètre de ses muqueuses était incandescent à cette idée.
Elle était gonflée et gorgée de jus.
Un nectar qui se répandra dans la bouche patiente.
Les jambes s’écartèrent.
La main la fouraillait déjà.
Le sommier crasseux à l’arrière du fourgon couinait.
Quelques coups de boutoir maladroit et le foutre gluant coulait en elle.
Le rêche contact du sopalain l’irrita.
Une autre queue la bourrait déjà.

Message le Ven 30 Jan - 21:25 par Francesca

- Minou? Minou? viens, viens, il faut partir!

- Assia! Où est Assia? On n'a plus que 3 minuutes!

- Minou! Minou! Où tu te caches?

Assia cherche le chat.

Le père cherche Assia.

Le père a laissé la mère et les autres enfants courir vers l'école, à l'autre bout du quartier.

Dans sa poche, le portable.

Avec le SMS.

"Evacuez l'immeuble. Vous avez 8 minutes. Allez vous mettre à l'abri."

Tout le quartier court dans les rues.

Mais il n'y a pas d'"abri". Il faut seulement courir le plus loin possible. Puis se coucher par terre et prier.

- Minou?

- Assia! Viens viiite!

Le père l'emporte dans ses bras. Plus que 2 minutes!

Assia crie, se débat, elle s'échappe. Nooon! Je ne laisse pas le chaaat! MINOU!

Il s'est caché, il est sûrement à l'abri. Viens ici!

Le ciel se déchire tout à coup, siffle à leur arracher les oreilles, un éclair les éblouit. Le toit éclate sous la fusée éclairante.

Plus qu'une minute...

Non, même pas.

Le ciel tremble, vrombit, le ciel va  tomber, Ils approchent.

D'humains, il n'y a plus qu'eux deux.

- Et le chat?

ON S'EN FOUT DU CHAT!

Il l'arrache du sol, traverse la rue jusqu'au terrain vague où les enfants jouent au foot les jours calmes. Il se jette dans un trou, la couvre de son corps.

Allah est grand, Allah les protègera.

Mais Allah doit être absent pour le moment. Les bombes tombent un peu partout, pas seulement sur le bâtiment visé, celui des "terroristes".

Sur le terrain vague, on ne voit plus le trou où le père a sauté. Il n'y a plus de terrain vague, il n'y a plus qu'un énorme trou, le cratère de la bombe.

Après le tonnerre, le silence.

Bientôt les habitants s'approcheront en tremblant. Fouilleront les décombres de leurs mains nues pour trouver le père et Assia. Il faut les enterrer dans les vingt-quatre heures. Il faudra se dépêcher.

C'est calme, maintenant. Je sors de mon trou.

Miaou?

Message le Sam 31 Jan - 0:15 par Hubert Canonici

C'est Gaza, oui?
Ça n'est pas un chat d'Iran
Cos'Arafattu Yasser
Israël et son chat, combinent un plan qui vous perdra...

Message le Mar 3 Fév - 22:19 par zirlafiara

..C'est le désert de Gobi

Message le Mer 4 Fév - 11:34 par Dominique Giudicelli

Bon, on attend toujours Karlheinz...

Ou bien on vote ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Ca commence à faire long, même au rythme d'une journée de chat...

Message le Mer 4 Fév - 12:38 par Hubert Canonici

Il a peut-être d'autres chats à fouetter ? cat

Message le Mer 4 Fév - 12:42 par Marco B

Personnellement je m'abstiendrai cette fois-ci, parce que - Zirlafiara a raison de le préciser - j'ai 36 000 trucs au feu et j'ai pas eu le temps de suivre ni de lire. Et je suppose que Dominique aussi en ce moment, d'où cette impression que c'est le désert.

ça ne l'est pas tout à fait, d'ailleurs je me tiens dispo pour le concours Scrivini i Donni, mais passe la main sur le concours des chats.

Message le Mer 4 Fév - 18:01 par zirlafiara

Un gribouillis en plus un gribouillis en moins….

Message le Mer 4 Fév - 18:03 par Dominique Giudicelli

Bon alors on vote, à partir de ce soir !

Message le Mer 4 Fév - 21:41 par zirlafiara

1)lovichi
2)SV 1

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