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Cadavre exquis : Pénurie

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Dominique Giudicelli
Admin

Messages : 397
Date d'inscription : 28/02/2014
02052014

Cadavre exquis : Pénurie

Message par Dominique Giudicelli

Cadavre exquis : Pénurie



Cadavre-exquis-Man-Ray-Joan-Miro-Max-Morise-Yves-Tanguy


Avant de commencer, voici la règle du jeu :

-Pour participer, il faut s'inscrire sur le forum (si ce n'est déjà fait) et se signaler par un message à mon adresse
-J'attribue à chaque participant un n° d'ordre de passage
-Chacun dispose de 2 jours pour publier son texte. Le 3e jour, texte ou pas texte, on passe au suivant.
-Quand tout le monde est passé, et à moins que de nouveaux contributeurs s'inscrivent, on refait un tour pour terminer l'histoire. Pour cette seconde passe, on tachera de se limiter à +ou - 10 lignes par texte.

Le but du jeu est d'écrire une histoire ensemble, de faire oeuvre commune. Il est donc indispensable de tenir compte de l'existant pour écrire, sans renoncer pour autant à son style ou à son univers, mais sans chercher à tirer l'histoire à soi. Ce sont les personnages qui doivent guider et faire avancer le récit.

Le cadavre exquis était un jeu des Surréalistes, on n'est donc pas tenu d'être réalistes ; mais un minimum de cohérence ne nuira pas à l'intérêt de l'ensemble.

Évidemment, plus on est de fous, et plus le cadavre est exquis...

Je poserai le premier texte demain, samedi 3 mai.


Ordre de passage :
1- D.G
2-Hubert Canonicci
3-Francesca Graziani
4- JY Aquaviva
5-JF Rosecchi
6-M.Biancarelli
7-FXR
8-Stryge
9-E.V
10-Karlheinz
11-Liveriu
12-Zirlafiara
13-J. Antonetti
14-Diane Giula Egault
15-Anouk L.
16-Barbara Morandini
17-Arthemis
18-Sylvie Vallefond


Dernière édition par Dominique Giudicelli le Mer 4 Juin - 8:24, édité 19 fois
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Message le Mer 4 Juin - 11:01 par Karlheinz L.K.

25-
Dr Aaron Abitbol : " T'as vraiment pas de couilles, Césari ! Un vrai poète en somme. Tu te souviens quand tu es rentré ici, dans cet hôpital ? Cela fait déjà 6 ans, tu te souviens ? Tu as été un des premiers à bénéficier du programme de soin mis en place par le nouveau gouvernement FN et son ministère de la Morale. Un vrai cas d'école. Tu te souviens de ton arrivée ? "

Géraru Césari : " Heu... (la bave lui coule des lèvres), j'ai mal aux couilles... heu... "

Dr Aaron Abitbol : "Je sais, je sais... "

Géraru Césari : " J'écrirai plus de poésie, c'est promis. Je vous le jure ! Laissez-moi partir, j'écrirai plus jamais de poésie !"

Dr Aaron Abitbol : " Tu nous as déjà fait le coup Géraru. Je ne crois pas que tu sois guéri, et puis le protocole impose une phase d'observation post ablation testiculaire. La méthode a fait ses preuves, mais certains sujets résistent. "

Géraru Césari : " Sniff... (les morves lui coulent du nez), dites-moi ce que je dois faire, et je vous prouverai que je ne suis plus poète."

Dr Aaron Abitbol : " Géraru, tu dois nous aider, tu dois prouver ta guérison en nous aidant à appréhender Biankarello. Toi seul peux nous permettre d'approcher Polo Biankarello. "

Géraru Césari : " Hahaha... (son pantalon se colore d'ocre et de brun), pas Biankarello, pas Biankarello ! Je préfère encore rester ici..."
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Message le Mer 4 Juin - 14:10 par EV

26-
Par cette grise matinée de 2043, Cesari contemplait l’absence. Encore et encore. Presque vingt TEMPS s’étaient écoulés, sans que l’ombre de sa gloire passée ne vienne plus obscurcir son entrejambe. Aujourd’hui, chaque fois que le vide assaillait sa vision, il ne pouvait s’empêcher de se perdre dans un douloureux passé. Passé duquel il avait cru s’affranchir la tête haute. Il est vrai que s’il était demeuré un homme, ce n’était pas par la taille de ses attributs virils, mais parce que jamais il n’avait failli. Ni sous le régime bleu petroleum de 17, ni sous l’infâme dictat du suivant. Le sexagénaire pouvait se targuer de n’avoir jamais failli. Pas davantage aujourd’hui, alors que le régime Francaryen atteignait des sommets de sadisme dans ses techniques de torture contre les dissidents. Non, Cesari n’avait pas failli. Il n’avait pas failli non plus cesser d’être un barde, malgré la cécité évidente qu’avait entraîné l’ablation de ses deux derniers globes. Il pouvait être fier.

"Polo, passe-moi le dentifrice, et arrête de te gratter les couilles. C’est insultant."
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Message le Mer 4 Juin - 14:50 par liveriu

27-
On a beau dire ce que l’on veut, on a beau rêver à la beauté du monde, il n’y a rien de pire que d’être rendu infirme par la saloperie du monde. Voilà ce que se disait le poète en regardant à travers le bandeau noir de sa cécité et en sentant son corps vagir sans force, et son cerveau décliner après toutes les « opérations » qu’il avait dû subir. Et pourtant il souriait. Maladie étrange que la sienne, ce sourire, sans qu’il sache vraiment si c’était son âge qui le rendait gâteux, ou le fait que son martyre l’enjouissait. Il était à la fois prostré et vigoureux, châtré et vivifié par un souffle étrange qui le faisait rester debout. Même son trou, pompeusement appelé cellule de contention, même le matelassage de son bouge lui donnaient l’impression d’être quelque chose, et les coups, les insultes, les brimades, les tortures, tout cela en fait ne l’empêchait pas de sourire. Sa tête, emplie de souvenirs et de phantasmes, d’idées tordues et de rimes attachantes, continuait de fonctionner comme par habitude, et rien ne venait empêcher son sourire, rien ne lui interdisait de se sentir bien. Bien sûr il puait, bien sûr il bavait, bien sûr objectivement ce n’était qu’une loque. Mais quelque chose agissait en lui, ou agissait sur lui, et ce quelque chose, cet indéfinissable qu’il n’avait plus la force de traduire par des mots, ce rythme vif et lent à la fois, cette mélopée lente et sourde comme une longue décomposition, il les goûtait et les ressentait comme un premier matin du monde. L’affreux bruit de la chaîne qui le retenait au mur, les esquarres purulentes qui lui mangeaient le dos, la gangrène même qui lui dévorait déjà le second pied, tout cela l’indifférait : un fin rayon de soleil se reflétait sur le canon du fusil mitrailleur qui le visait depuis une fenêtre de la tour dominant l’asile, et venait danser sur son ventre, sur ses bras, sur sa tête ; et il souriait, il souriait, il souriait…
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Message le Mer 4 Juin - 16:56 par Dominique Giudicelli

28- (Zirlafiara)
Une joie hystérique transperçait le type devant son écran. Toute la tension de ces vingt-six dernières heures, le speed, le stress accumulé, la peur d’échouer une nouvelle fois si près du but, toute la hargne qui lui avait donné la force de continuer, tout s’évacuait dans cette transe qui le parcourait au point qu’à présent il frappait des deux poings sur le clavier. Les autres zombies no-life du cyber–café le regardaient avec la haine au fond des yeux.
Puttana miseriosa !! Ci l’avia puru fatta !!! Li venia in quella di battesi 3 ò 4 seghe una in fil’à l’altra !!!!
Cinq mois qu’il essayait de s’extirper de ce level 83 !! Cinq mois qu’il passait des week end entiers dans ce trou à rat, à accumuler assez de vies pour franchir ce palier. 3600 heures. Tendu vers ce seul but.
Level 84 enjoy !!!!! Il se rendit compte que le message clignotant à l’écran le faisait plus bander que la loupiotte rouge du caboulot, loupiotte promesse de pipes à bon marché. Gargote où il n’était plus allé depuis 5 mois, préférant s’enterrer dans cette cave à la recherche du St Graal.
Et il le touchait enfin du doigt.
Il allait pouvoir abandonner ce personnage miteux qu’il avait dû habiter depuis si longtemps, cette petite frappe de Cesari dont il avait dû partager les minables aventures au cours des niveaux précédent. Tantôt sodomisé dans un asile, tantôt pendu à un croc de boucher dans une arrière-cour, tantôt poète de monoprix raflant des prix en bois d’arbre massif, bavant, suintant, incontinent. Il avait dû en vivre des aventures sordides. Une chute qu’il croyait sans fin, initiée avec cet autre avatar qui lui avait collé à la peau pendant 14 niveaux, ce rouquin transsexuel au nom grotesquement exotique de Fxranucci
Mais le cauchemar était terminé. Exit l’impuissant chevelu, fora a tappettuccia !!! Exit les Aaron et autres travelos !!

Les avatars qu’ils pouvaient choisir à présent qu’il s’était extirpé de ce caniveau 83 défilaient à l’écran.
Il hésita un instant sur El Che, mais il se dit qu’un loser, mort pieds nus dans un trou du cul du monde, et dont la dépouille grouillante de vers et bourdonnante de mouches avaient été exhibée sur une table d’école d’un village de bouseux colombiens ne valait pas la peine d’avoir passé tant de temps .
Non, il voulait le Killer suprême, le Mother Fucker, celui qui lui ferait vivre des aventures de winner.
Ce corps d’athlète et ce physique à faire mouiller la plus frigide des nonnes.
Il fit glissa le curseur et cliqua.
Une pluie d’étoiles puis un feu d’artifice illuminèrent l’écran.
Le nom de celui qui faisait rêver des millions de joueurs clignotait :
ZIRLAFIARA GOOD LUCK !!!
ENJOY MY IRON DICK BABY !!!!!
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Message le Mar 10 Juin - 0:30 par Anouk L

29-
"Zirlafiara" : jamais entendu parler, mais le pseudo lui plaît, et l'avatar déchire sa race. Un bref coup d’œil sur le profil lui indique qu'il est désormais âgé de 23 ans, et que sa tâche au niveau 84 consiste à castrer les grillons de Bistugliu. Spécial. Décidément un jeu à la con. Bref, tout plutôt que l'asile.
Quoique.
A son 748ème grillon châtré, le doute l'étreint.
La cyber-tanière s'est vidée, une ampoule sale grésille comme un foutu grillon qui en demanderait encore.
Est-il VRAIMENT préférable de croupir ici plutôt qu'à l'asile ?
D'être un jeune paumé plutôt qu'un vieux poète ?
Vaut-il mieux faire des vers, en bouffer, sucer des grillons ?
Castrer, ou être castré ?
Tout ça n'a pas de sens. Sa tronche surchauffe. L'épilepsie le guette. Ça pue le bug, dans le jeu et dehors. Il s'arrache à ce personnage inepte, et se retrouve flottant entre deux écrans, sans capture, sans avatar. Informe.
En s'échinant sur son clavier il parvient à lancer un autre jeu, un vieux truc de combat de rue du vingtième siècle, complètement bourrin mais assez classe dans le genre vintage. Le héros qu'il incarne à présent est fait d'une bête poignée de pixels : juste une trogne rose et un pagne jaune. Face à lui s'avancent ses adversaires, saccadés comme il faut. Trois silhouettes. Deux hommes et une femme.
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Message le Mer 11 Juin - 9:47 par Barbara Morandini

30-
Il est des instants intimes et solennels dans une vie. Ceux apparemment banals mais qui sont un croisement. Ces instants où l'on sait que l'éventuelle décision, imminente, à prendre, pourrait faire basculer le scénario de notre misérable existence.
A ce moment-là, il regretta amèrement une époque bénie selon lui, une époque qu'il n'avait pourtant pas connue, celle de la toute-puissance de la religion et de la culpabilité. Non pas qu'il aurait voulu croire en l'existence d'un paradis mais, simplement, il aurait voulu accorder plus de poids à la responsabilité qui était la sienne en cette minute.
Il le savait, il y aurait toujours un psy pour justifier ses agissements. Même si il décidait de continuer à se larver dans un monde virtuel, derrière ses chers personnages, ce ne serait jamais vraiment de sa faute selon eux. Cette position d’éternelle victime était, certes, confortable mais son reflet dans l'écran le fixait et lui criait que ce n'était que connerie. Là tout de suite, il peut prendre la décision de tout arrêter et de rencontrer ce monde qui lui fait tant peur, le réel.

Message le Jeu 12 Juin - 2:12 par Invité

31-
Le réel : il en est parti depuis si longtemps... Depuis le drame, il a vécu en reclus et son cerveau coupable lui a infligé un monde parallèle, lui imposant malgré lui cet univers torturé et putride. Ses jambes vacillent, son corps est tétanisé : il écoute derrière la porte les bruits diffus de l'extérieur, cela fait si longtemps... Il hésite encore.

Tremblant de tous ses membres, le ventre saisi par l'angoisse... Sa décision est prise : il doit enfin sortir et retrouver la vraie vie. Il ouvre la porte dans un mouvement brusque, la lumière du jour l'éblouit, il ferme les yeux. Tout en respirant à pleins poumons, il cligne des paupières et commence à apercevoir les formes et les couleurs de la réalité.

Rien n'a changé : sa voiture garée dans la rue, le voisin qui tond la pelouse, les enfants qui sortent de l'école, l'odeur de la fleur d'oranger ; il aperçoit même au loin son bistrot de quartier. Tout est encore là. Doit-il déjà aller à la rencontre des Autres ? Non,il préfère s'assoir sur les marches du perron, il est encore trop faible...

Il rejette la tête en arrière et redécouvre le bleu du ciel, il laisse l'air frais envahir ses poumons, le soleil lance des fils de lumière à travers les feuillages des arbres. Et dire qu'il s'était lui-même privé de tout ça...

Puis il entend soudain des rires d'adolescents. Il voit venir vers lui deux garçons et une fille...
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Message le Jeu 12 Juin - 18:56 par Sylvie Viallefond

32-
C'est un frisson qui les réveilla, presque simultanément.
Comme si le réveil de l'un avait entraîné le réveil des autres.
Cramoisis, vernis sous le soleil pris en excès. L'ombre tournante avait depuis quelques minutes refroidi leur sueur, et mit fin au sommeil sidérant qui les avait soustraits au monde.
Leurs articulations hurlèrent d'être restées longtemps au-delà de leur tension raisonnable. Le soleil leur avait affiné la peau du nez, du front, des épaules en quelques heures. Issène se releva trop vite, un vertige secoua un instant l'intérieur de sa tête. Pantalà fit claquer les bulles d'air de sa nuque, Aaron celles de ses genoux.
Tous trois fixèrent les gourdes vides au sol, à côté des vélos. Qui avait préparé les gourdes? Comment avaient-ils pu en laisser le soin à un tiers, eux, les trois compétiteurs admirés et haïs par le public local et même un peu au-delà, par les autres coureurs cyclistes dégoûtés de se voir depuis des années coiffés au poteau par trois vieux dont une vieille?
Le vélo, c'est comme l'amour, on peut vieillir, c'est pas plus mal.
Seule une substance psychodysleptique pouvait leur faire perdre la course des corniches, au profit de Césari, ce jeune con aux dents longues, aux oreilles décollées, aux mollets de coq.

Ils se relevèrent, décontractant leurs muscles crampés. Ils relevèrent leurs vélos, et là, en suspension sur un énorme buisson de cistes roussi par l'été, en équilibre horizontal, absurde, gisait le corps de Césari, affreusement mutilé, évidemment partiellement dévoré.

Issène, blême, lâcha son vélo, la pédale tourna sur elle-même après avoir mordu sa cheville et emporté une pastille de peau sur le tendon, comme un économe de cuisine. Elle fit un pas, et heurta les dents du dérailleur qui portent bien leur nom quand elles entrent dans la chair des jambes fatiguées. La douleur aiguë la fit trébucher, elle tomba sur son guidon, perpendiculaire à elle, qui lui péta une dent, l'acromion et le cartilage de l'oreille d'un coup sec. Pantalà, lui, avait pris le fuite ; sa légendaire lâcheté en ferait un complice loyal. Quant à Aaron, il était déjà en train de siphonner sa deuxième gourde restée pleine, et la deuxième d'Issène, se dévouant pour revenir à l'état précisément où le festin avait dû commencer, pour terminer, consciencieusement, le cadavre exquis et effacer toute trace du crime. Césari serait recherché aux abords des ravins, en vain ; le tracé de la course était dangereux, c'est ce qui en faisait son charme.

Issène guettait. Pantalà s'enfuyait, Aaron redescendait en rappel dans le gouffre de la dissociation.
Elle eut la force de porter le vélo de Césari jusqu'au ravin surplombant la mer et l'y jeta ; plus assez ensuite pour fuir, ne comptant que sur la tendresse d'Aaron à son égard pour ne pas la manger.

Elle était prête à céder son Lapierre à Aaron si elle sortait vivante de ce cauchemar. Ça lui coûtait, vraiment, elle avait fait tellement de frais dessus, passé tant d'heures à le régler, à l'écouter chanter à la perfection quand, retourné comme une bête sauvage immobilisée, elle tournait sa pédale d'un coup de main et changeait les vitesses pour entendre à l’œil nu la chaîne ramper de plateau en plateau, comme un serpent agile mais soumis, la perfection de ce diabolique instrument de transports.

C’était l’étape finale.
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Message le Jeu 12 Juin - 22:38 par Dominique Giudicelli

Et c'est la fin ! La révolution ultime de ce cadavre que tous ensemble nous avons tourné et retourné dans tous les sens, maltraité, malmené, déchiqueté de nos claviers enthousiastes. Nous avons fouillé ses entrailles et le secret de ses synapses, et il faut admettre qu'elles recelaient tellement de matières que nous n'avons souffert d'aucune pénurie inspirationnelle. Que faire maintenant de l'exquis cadavre dont nous nous sommes régalés ? Le jeter aux chiens, pour qu'ils en nettoient les filandres des os ? Ou lui donner une toilette ultime pour l'exposer aux hommages publics ? A vous tous de me le dire...
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Message le Mer 2 Juil - 19:38 par Karlheinz L.K.

Il me semble que ce cadavre est quelque peu désuni. Je ne lui vois pas vraiment prendre une autre forme que cette exposition fragmentée.

Par contre, une autre tentative, plus contrainte sur la forme, je dis pas non...
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Message le Mer 2 Juil - 19:53 par Hubert Canonici

Je mets un texte que j'avais retitiré car il ne rebondissait pas sur celui de Dominique, juste comme ça, si ça n'est pas sa place je le retire, c'est pour enlever quelques asticots au cadavre.

La " Kermesse des ombres" a débuté.
Minninfūtū, un des derniers à avoir un grand intérêt pour l'écriture et le cinéma, sort de la projection avec un goût amer.
Ce gros porc, immortel comme lui, a pendu les acteurs malgré eux à des crocs de boucher, Aaron Pantalà et Issene finissent cannibalisés par un mortel.
Au hasard de ses déambulations il tombe sur le stand de Plumax, 9 ans, qui opère à vif un misérable, lui retire les yeux des orbites pour y foutre ceux d'un poulpe cryogénisé.
Minninfūtū ne supporte plus l'évolution de son ère vieille de plusieurs millions d'années, il voudrait tout voir s'élever dans un tourbillon de cannelle perpétuel, l'homme sera toujours de la merde vociférante... Il en parle à Fiona, la mère de Plumāx:

FIONA
Pax! Mes médecins Miāmī Siaoū et Mīn Anā m'ont installé un nouveau kit vagin anus kaléidoscopique! Le prix d'une ville!
Tu veux visiter?

MINNINFŪTŪ
Pax! Tu sais moi, les vagins lumineux et les anus clignotants!
Ton fils fait horriblement souffrir ce pauvre vermillonneur!

FIONA ( met un masque pour déformer son rire)
FWOUAÏ FWOUAÏ FWOUAÏ!
Tu es mou du gland? J'en ai un à mille tours minute appartenant à mon époux Pinūts!
Oui mon fils est doué, il faut savourer la souffrance des autres, surtout quand on ne peut en éprouver soi-même!

MINNINFŪTŪ
Il est fort désagréable ton rire! Ça me donne envie de te pisser dessus! ( Il s'exécute)
Tu penses être un dieu! Tu es une dégénérée avec un fion dans la boîte crânienne! Vas gober les cacahuètes à Pinūts SALOOOPE!

FIONA
Foutre mal! Quel contrariant!
Éviscère moi, coupe moi la tête!

MININFŪTŪ
Je ne vais pas te faire ce plaisir; à la grâce de ne jamais te revoir, entité vomitive!

Elle se rend chez son ami Fidō éleveur de chiens mutants, prend deux mains coupées dans le bac à nourriture et fait le lapin avec, puis se jète dans la fosse des enfers, leurs yeux de fantômes s'illuminent quand ils la déchiquètent et lui brisent les os.
Minninfūtū prend son repas au sommet d'un cône lumineux, de la mousse de granit arrosée d'acide lactique, il voit flotter cette pute enflée de Fiona - évidemment, elle a opté pour un rétablissement long, les effets des drogues pendant le processus sont extrêmement jouissifs...
Il aspire à une vie simple, il aimerait que les humains soient comme ce brave chien qu'il a connu il y a si longtemps, insensible devant un milliard et euphorique à vouloir choper une putain d'abeille, il aimerait voir un œuf de cigale sous la bave du ciste, planter des tomates, travailler, être en vacances, voir un clocher trouer les nuages - mourir en pente douce...
Vie éternelle, trop de temps, trop de tout, pas d'essentiel - pénurie...
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Message le Mer 2 Juil - 22:19 par Dominique Giudicelli

Vous avez bien fait , Rider, votre texte est excellent...

Pour répondre à Karlheinz, oui, en effet, le cadavre est assez décousu et c'est pourquoi je n'ai pas insisté pour en faire un texte cohérent. Surtout que c'est la loi du genre. Les surréalistes pratiquaient le cadavre exquis pour sortir justement de l'ordre raisonnable du langage et créer des associations que même l'imagination la plus débridée n'aurait pas pu pondre. Donc même en verrouillant les règles, c'est difficile à eviter ce desordre, sauf si chaque participant tient à créer de la cohérence, et même comme ça, chacun aurait sans doute son idée de la cohérence.

Ceci dit, je crois que bcp des participants de ce premier cadavre sont partant pour un nouveau. On relancera donc ça à la rentrée sans doute.
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Message le Jeu 3 Juil - 12:09 par Karlheinz L.K.

Ça pourrait être pas mal de former des équipes. Un cadavre par groupe. Deux ou trois cadavres en parallèle donc.

A chaque équipe de s'imposer les règles qu'elle veut.


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Message le Jeu 3 Juil - 12:11 par Karlheinz L.K.

Hubert, des passages toujours aussi fulgurants et jouissifs !  Very Happy 
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Message le Jeu 3 Juil - 12:45 par Dominique Giudicelli

Des équipes... je ne vois pas bien le caractère sportif qu'on pourrait donner à l'exercice, mais des groupes plus petits, oui, je trouve que ce serait bien. A 18, chacun attendait très longtemps son tour. On pourrait faire des groupes de 5-6, en parallèle. Pour ce qui est des règles, je préfère qu'elles soient communes, mais le sujet peut changer, et chacun s'inscrirait selon sa préférence thématique.
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Message le Jeu 3 Juil - 14:43 par Karlheinz L.K.

Équipes, groupes, c'est comme vous voulez... Le vocabulaire de langue française est suffisamment riche pour que l'on arrive à s'entendre sur le terme qui convient le mieux.

Le plus important étant de savoir si le principe intéresse Wink

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