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Le roux de secours et des ondes meilleures à boire

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Hubert Canonici

Messages : 287
Date d'inscription : 01/03/2014
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Localisation : Bonifacio
23082016

Le roux de secours et des ondes meilleures à boire

Message par Hubert Canonici

Mr Gobelain attend le nouvel infirmier, à 83 ans, les occasions de parler aux vivants sont rares...certes, hier, il a bien traité un animateur des chiffres et des lettres d'orchidoclaste...mais, comme il le dit souvent à son chien saucisse empaillé, côtoyer un être non pixelisé c'est autre chose.

Le tic-tac de l'horloge est en rythme avec la chute des gouttes dans la cafetière, la vapeur monte et brouille un peu plus la photo blanchie qu'il voit sans plus y croire...il était avec Georgette, son épouse, dont les cendres (elle n'avait jamais fumé) sont dans l'urne vert olive sur le plan de travail...ce furent leurs seules et inoubliables vacances...du camping sauvage...en Corse...

Il sent encore l'odeur du maquis, des pins, de la crotte mêlée aux relents épicés de résine, il prenait bien soin de recouvrir sa commission d'une pierre plate et allongée, où promenaient 5 à 6 grosses fourmis noires pas trop nerveuses...il voyait une mer d'huile aux premiers rayons matinaux...le sable légèrement humide massait ses pieds, l'eau était transparence, un crabe sortait d'une faille rocheuse pour slalomer  entre des bigorneaux, les puffins cendrés volaient en escadrille, Georgette allumait le réchaud pour le café du matin, il entend encore le bruit agréable de la fermeture éclair, sent l'odeur de la toile neuve, entend le petit récepteur à piles cracher du Tino Rossi..."O Cooooorse îleuu d'amouuuur"...entend les cigales, le clapotis des vaguelettes, la sirène lointaine d'un yacht en bois...ces moments sont cristallisés...mais Georgette est en cendres...et lui, il dépérit, plus ses épaules rétrécissent, plus ses hanches semblent disgracieusement larges, à tel point qu'il se voit en triangle scalène avachi, le dentier de plus en plus proéminent, il s'imagine son dentier hurler un silence assourdissant...dans sa tombe...
Ils étaient si gentils tous ces gens dans les villes et villages corses, souriants, prévenants, généreux, ils leurs avaient donné du miel, des confitures, de la charcuterie, du fromage...et surtout, de la chaleur humaine comme jamais, et de l'amitié, éphémère mais honnête...le nouvel infirmier, un roux, frappe à la porte...

Plus loin...

-Ta faucille est affûtée père roux...dit-elle avec un air de pucelle allumeuse en léchant sa sucette.

-Prends-la donc, elle tranche comme jamais, fille rousse aux poils bouclés...dit-il avec la bave aux lèvres.

D'un geste rapide et maîtrisé, elle décapite un chat roux...alors que la tête roule sur la table jusqu'à tomber dans le seau à cendres, son père (qui est aussi son demi-frère) balance sa vanne liée à un  acte relativement récurant dans cette maison...

-T'aurais dû faire la révolution toi...rire gras.

Mère rousse arrive avec son cornet de commissions, elle a les pattes lourdes, elle va faire une sacrée ratatouille...il y en aura pour 13 jours...mais d'abord, elle passe aux cabinet...

-RAAAAH...ça pue le Fennec la mère rousse..enrage t-il...

-Isriii isriiii...Fous toi donc une botte de persil aux naseaux, l'roux...rétorque-t-elle, fière d'avoir répondu du tac au tac...et avec esprit...à son sens....

-Ca y est...frère roux commence son job d'infirmier ce matin...quel taré celui-là...il a encore rêvé de sa mère virtuelle cette nuit...ricane fille rousse...

-Vas y la fille...faut mettre les têtes de chats dans la marmite...

Toc toc toc...

-Entrez Donc...vous êtes le nouvel infirmier...si je puis me permettre une blague... "Les roux, c'est tout bon ou tout mauvais...ahahah...

-Tu crois pas si bien dire le vioc...dit-il en sortant des tenailles de sa banane avec un rictus d'asile...

Il se demande s'il va lui arracher les paupières ou attaquer par la bouche...................à suivre................à suivre........
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Message le Ven 11 Nov - 7:24 par joesecondi

Ouh là Hubert!


- Tant mieux si mes commentaires vous font très plaisir mais élogieux ça, je m'en rends pas compte mais rassurez moi, je ne vous épargne pas quand même . je crois?;-) J'ai un ami qui peint et qui a du talent aussi ( du talent vous en avez, vous en êtes conscient je suppose ? Est-ce que quand on décide d'écrire, de peindre, de chanter pour d'autres que soi ce n'est pas aussi parce que, dans le fond, on sait qu'on a du talent ? – bon...réflexion un peu limite...et puis après tout tant mieux pour l'éloge car je suppose que donner de soi aux autres c'est se mettre en situation de fragilité en « s'exposant », il y a un besoin d'être rassuré, je m'en rends compte d'ailleurs, c'est pour cela que je vous parle de cet ami parce que c'est une relation extrêmement délicate où il faut être à la fois bienveillant, honnête ( écarter toute flatterie, tout transfert) et rigoureux dans son jugement. Dire que vous avez du talent ce n'est pas faire votre éloge...encore faudrait il définir ce qu'est le talent...c'est d'abord une voix et cette voix vous l'avez. Après, ça se travaille énormément, comme la musique, avec rigueur et persévérance et il en faut ...du moins pour la musique...c'est une sous-douée qui vous le dit  ;-))

- Et puis aussi pas d'exercice de comparaison. Vous dîtes « Une belle culture littéraire que je n'ai pas » ça ne veut rien dire du tout ! Vous avez une belle culture puisque vous écrivez, vous êtes inspiré, vous puisez, vous créez et surtout vous la malaxez, vous la faîtes vivre, c'est la vôtre et elle ne ressemble à personne alors soyez « taré » comme vous dîtes, ( je préfère fantasque ) et puis dans Brassens et Ferré il y a déjà tout alors...quant à moi je ne fais qu'étaler un peu beaucoup mes lectures ( j'en ai pas tant que ça vous savez) en espérant les faire partager et pour ce qui est de Cendrars je pense vraiment, au vu de ce que vous écrivez, que cet auteur va vous fasciner, vous inspirer et enrichir votre écriture. Si vous aimez Celine, vous allez aimer Cendras et son « Moravagine » parce que c'est un roman aussi rageur que «  Voyage au bout de la nuit , les thèmes sont les mêmes : la guerre , plutôt les charniers de la première guerre mondiale pour Cendrars, la fuite, la folie, le médecin, l'érotisme, la banlieue...Moravagine raconte l'histoire de Raymond la Science, un jeune médecin, qui s’enfuit avec son patient schizophrène, Moravagine ( il adore éventrer les petites filles ;-)) et ensemble ils vont écumer l’Europe, la Russie, les Etats-Unis et l’Amérique du Sud en menant une vie de révolutionnaires et de criminels. Ils se séparent après la Première Guerre mondiale, Raymond s'enfuit en Espagne pour mener la révolution et Moravagine finit en asile psychiatrique et rédige ses mémoires en langue martienne. C'est un texte d'une liberté absolue et d'ailleurs à la fin le seul mot de la langue martienne signifie tout ce que l’on veut...Ce bouquin est une vrai claque, une remise en question de tous les codes, aussi bien au niveau de l’histoire qu’au niveau de la forme et en ce sens il annonce Celine, d'ailleurs on sait jamais qui parle, il y a des changements de rythmes inouïs mais c'est surtout un roman puissant sur le mal, la folie, la complexité de la nature humaine et en même temps croulant de rêves et de poésie et je vous le conseille vivement et aussi «  l'Eubage » parce que ce bouquin c'est une explosion, l'explosion du voyage, un voyage interstellaire qui raconte la création du monde mais un monde qui se renverse où la nuit monte de la mer, la mer et le ciel se confondent, c'est insensé, magnifique, une ballade cosmographique ( ça se dit ça?), et c'est aussi une explosion du récit avec des fulgurances magnifiques ! Je vous le conseille vraiment Hubert . Quant à la bergerie, qu'elle reste abandonnée c'est bien aussi mais je crois qu'on doit avoir des visiteurs parce que la dernière fois que je me suis connectée j'ai vu qu'il y avait 5 visiteurs, mais je pense qu'il y en a beaucoup d'autres qui doivent vous lire et vous suivre vu que, en parcourant ce blog, vous formiez une belle équipe.

je blablate mais voyez, j'ai écrit autant que vous là;-)),

Allez Salut et Fraternité Hubert, à bientôt
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Message le Ven 11 Nov - 21:23 par Hubert Canonici

Super Joelle,

Vous me donnez envie de lire, quand vous faites des critiques de livres ou de textes c'est de la littérature, je suis incapable d'analyser des œuvres de la sorte, et j'aime lire des analyses pertinentes, intéressantes, argumentées, c'est au moins aussi inspiré que créer une histoire à mon sens, et parfois plus intéressant à lire...si j'ai du talent ? Je ne crois pas, je suis un petit amateur, si j'ai une certaine éloquence naturelle c'est petit, pas inépuisable, pas suffisant, j'écris car ça me distrait, ça me fait fouiller, ça me fait transposer, c'est moins méritant qu'ecquailler et étriper des poissons, ou mettre en place un épandage de fosse septique...si j'avais été plus intelligent, plus instruit, plus bosseur, j'aurais pu compenser le manque de talent et peut-être écrire un vrai livre, mais ça, c'est vraiment secondaire, et ça ne me frustre pas, il y a tellement de belles choses à lire...des œuvres "finales" où il n'y a rien à rajouter tant tout est dit avec la manière...si l'on ne voit pas un pot de fleurs à l'envers à la naissance, on ne le vera jamais...à propos de l'exposition, elle est confortable ici, quelques lecteurs, des critiques fondées et plutôt bienveillantes, et le plaisir, il est vrai, d'être lu malgré tout...peut-être qu'un jour je n'écrivais plus, ça voudra dire que j'aurais trouvé la sérénité, ou alors, si un des fantômes de mes chiens me fiche un os quelque part, j'écrirais comme on écaille...

À bientôt Joelle
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Message le Dim 20 Nov - 19:19 par Hubert Canonici

Lundi, 11h45...Sénéchal est mort en paix, son chien empaillé dans les bras...un os de poulet sort de la gueule de Saucisse...Pierrot est boulversé, il a pu connaître son père biologique...avant de le voir rejoindre Georgette...Il a assisté à la crémation avec Milou, ce dernier partage son temps entre ses études et les stages en entreprise, chez les pro de l'Olympique de Marseille...

Jeudi...Pierrot se rend dans son autre famille, il veut voir où ils en sont...la maison est plus lumineuse, propre et rangée, mère rousse lui dit que le père s'est métamorphosé depuis lundi, il a déclaré être une colombe de la paix, c'était à 11h45...il a dit partir rejoindre les siens, sur la grand place...les pigeons des villes...depuis, il y mange miettes de pain et graines avec eux...Juliette lui explique qu'une force transcendantale les a tous cueilli ce lundi à 11h45, ils n'ont plus envie de manger des chats, ils ont abandonné la vulgarité systématique, ils ont désormais une vision non égocentrique et des agissements non pervers...leur instinct de conservation est devenu raisonnable, ils ne bouffent et ne boivent plus dix fois plus qu'il ne faut, ne fument plus comme des charbonnières, ne sont plus des réceptacles à triples bides d'une immonde bouillabaisse...Natacha (fille rousse), s'extraie de l'exponentiel devoir de performances sexuelles, elle aspirait à être la plus grosse salope, sans plaisir la plupart du temps...aujourd'hui, elle désire dénicher les humbles aux doigts pointus et bleutés, aux nuques avachies, puis ceux avec des boules derrières les oreilles, elle veut mettre leur mort en jachère...qu'ils aillent mieux, qu'ils vivent 4 saisons de plus, pour toujours...quant à prier entre 4 murs chez les carmélites, c'est niet, elle l'aime bien Jésus, mais d'autres, ici-bas, ont réellement besoin d'élans sincères...

Pierrot ressent d'abord l'aboutissement d'un accomplissement, puis une sérénité...puis un froid glacial monte depuis ses reins, il replonge dans son passé, le remord ne lui permet plus de se retrouver, alors, il voudrait se dissoudre dans une source bouillante et acide de Yellowstone...


-Tu sais, je fais actuellement une mise à niveau professionnelle, je vais reprendre ma carrière d'infirmier...dit-il avec un regard bleu semblant scanner le cœur des océans...

Elle est jolie Michelle, son sourire est la gracieuse virgule d'une interminable prose, ses yeux bienveillants et pétillants vous font vivant, ses seins terriblement dressés et fermes, sous son pull gris moulant, re pulpes les sens...elle est douce Michelle, Pierrot en a la bite bien raide, si raide qu'elle lui semble vivante et organisée, comme à vouloir faire de son corps un violon...
"c'est difficile de créer son histoire, on est pas programmés comme des abeilles" pense-t-il...
Michelle vient d'un village de la France profonde, elle est pétrie au bon sens paysan et à l'humilité non factice, elle "parfait" ses études de droit, est animée d'une furieuse envie d'aider les autres dans l'exercice de son futur métier d'avocate...elle trouve que Pierrot est un moche beau, il a des yeux voyants plus loin, ça la rapproche irréversiblement de lui...elle a des envies qui la titillent, certes, elle n'est plus vierge, mais ses seuls rapports ont été sous emprise, c'était avec un vieil oncle gras et huileux, c'était entre sa douzième et sa quatorzième année...jusque-là, pour elle, penser au sexe était aussi ragoûtant que bouffer le gras cru d'une escalope faisandée...

Ils sortent du bar à karaoké, la lune est pleine et très lumineuse, ils marchent, se prennent naturellement la main, la forêt est féerique, Michelle se sent si légère, si heureuse, elle qui croit n'avoir droit qu'aux difficultés et autres embûches...Fils roux lui assène un terrible coup de coude sur la tempe droite, elle titube, pousse un cri rauque, il la traîne plus à l'intérieur des bois, lui arrache son jean et son pull gris, ramasse une pierre et lui fracasse la mâchoire, elle ne peut plus crier quand il lui agrandit l'anus avec son Opinel, elle bave des bulles de sang, ses yeux espèrent s'éteindre, il la sodomise en la traitant de salope...un comble...il jouit, lui défonce la boîte crânienne avec la pierre, il trouve ça dégoûtant, se blinde en pensant à autre chose, comme à la ratatouille aux têtes de chat de mère rousse...

C'était un samedi, c'était sa dernière victime, le lundi suivant, il allait débarquer chez Sénéchal Gobelain...il en a tué plus de trente, enfants, femmes, vieillards, hommes...ce passé qui ressurgit le glace d'horreur...

Message le Sam 26 Nov - 9:05 par joesecondi

La vache, ça arrache, Hubert! C'est no limit mais c'est bien parce que vos fulgurances poétiques humanisent le tout et donnent du sens. Au fait en parcourant d'autres textes sur le blog je suis tombé sur votre " le bouffon et l'empire d'essence", vous vous payez BHL et c'est jubilatoire.

A bientôt Hubert
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Message le Dim 27 Nov - 20:00 par Hubert Canonici

Bonsoir Joelle,

Vous l'avez reconnu ? Pourtant je lui ai mis un pseudo "HBL" ainsi qu'à sa chère et tendre "Aride Troudball", hihi, je m'étais regalé à écrire ce texte, l'inspiration venait d'elle-même...

Voila une petite suite, et à bientôt...

Père roux s'est fabriqué des ailes sommaires, il a collé des plumes sur 2 branches sèches, fixé le tout partant des épaules jusqu'aux coudes, quand il voit apparaître Pierrot, il roucoule, puis retrouve la parole, dit avoir renoncé au monde des hommes... "Le peuple produit les richesses, fait ses courses à Leclerc, regarde la télé, il ne peut pas tout faire..." mais ça n'est pas suffisant à son goût, il dit vouloir effectuer la migration vers le sud, que sa vie de pigeon des villes ne lui convient plus, il veut s'épanouir dans un bel environnement, être sûr de trouver de la nourriture en quantité et en qualité, s'accoupler...devenir sédentaire dans le maquis Corse, il n'y a pas mieux dans son esprit...
Pierrot veut se soustraire à sa culpabilité, ainsi qu'à tout activisme protéiforme, il identifie la culpabilité à un sac à dos plein de pierres, qu'il retire et pose...ce volcan d'amertume, il le transforme en force incommensurable au service du beau et du bien, quand il pose ses mains sur les fausses ailes de père roux, le changement s'opère instantanément, des plumes poussent sur les membres supérieurs du colomboman, un bec apparaît sur son visage, il bat des ailes et décolle...au-dessus des nuages, c'est l'euphorie, l'ivresse des espaces, la seule liberté...il n'entend que ses bruissements d'ailes, ses "Rou-cou...Rou-rou" intermittents, sont des manifestations d'exaltation, le ciel du haut est éthéré, fluide à s'y diluer, le vert est plus tendre d'en haut, les villes sont silencieuses...manger l'espace, rien d'autre ne saurait compter...au-dessus de l'eau, il communie pour faire corps avec les éléments, plonge et survole la Méditerranée, dépasse un groupe de dauphins, est ému par la beauté simple et évidente de la nature, il arrive au-dessus du cap, choisit de longer la côte découpée, dans l'eau cristallines varient les bleus, les verts, clairs ou sombres, il s'attarde vers un village où les maisons couleur pastel enserrent un petit port, des goélands l'observent...

Pierrot passe devant un kiosque à journaux, se reconnaît sur un portrait robot, achète le journal...plusieurs témoins, sortis du chapeau, disent avoir vu un roux roder près des victimes, ils décrivent un regard étrange, insondable, un océan de doutes et de mystère..."Me voila jeté inopinément en pâture dans le flot abrutissant de l'actualité" pense-t-il...Pierrot plaint ceux qui ont ouvert les yeux...
Une certaine caste, dilapidant les richesses qu'elle ne produit pas, avait su l'utiliser en rabatteur...il sait être inexcusable, il veut être utile à ceux qui ont pleuré...au loin, devant la "maison mère", les gyrophares déclinent des bleus agressifs, il devient une proie...il était rémunéré pour enlever des mineur(e)s au profit de ces monstres, de la matière à faire transgresser leur sexualité...en contrepartie, il gagnait de l'argent et pouvait assouvir ses pulsions meurtrières...il ne le feront pas tomber pour les disparitions d'enfants...il le sait, pas de deal possible avec cette caste, il sera abattu...abattu pour ne pas qu'il parle, abattu alors qu'il est né de nouveau, abattu pour ne plus vouloir être un monstre à leur service...

Colomboman est désormais dans le maquis, il a mangé quelques escargots, un coup d'ailes et le voila à se régaler sur un arbousier, il va boire dans un petit ruisseau, regarde au loin les pics rocheux trouer les nuages violets...son instinct l'alerte, un faucon tournoie en le perçant des yeux, il décolle, le rapace le prend en chasse, colomboman a l'instinct de survie qui s'éveille, c'est ennivrant, ils slaloment entre les amas rocheux, un ballet gracieux où la mort est l'enjeu, un paradoxe...le faucon s'étonne, un pigeon si rapide ça n'est pas commun, en survolant un lac, colomboman voit leurs reflets dans l'eau, il se rend compte être bien plus grand que le faucon, fait volte-face et se trouve face au rapace

"Quand un pigeon de 80 kilos dit certaines choses, un faucon d'un kilo cinq les écoutent..."lui dit-il en langage oiseau...

Le faucon repart incrédule, les plumes en bataille, sa journée prend une tournure inattendue...et un vol piqué sur une belette, un...

Pierrot est repéré, d'abord, une femme hurle "Le monstre..."plusieurs personnes courent derrière lui, des policiers le prennent en chasse, l'étau se resserre, il entre chez un antiquaire, se dirige dans l'arrière salle où sont entassées des vieilleries poussiéreuses, les policiers entrent dans la boutique, évacuent l'antiquaire qui leur dit que l'homme est dans le dépôt où il n'y a pas d'issue...l'un d'eux défonce la porte, ils entrent armes tendues...

"Il est où le roux il est où ?"

-Sortez moi les objets un par un, il n'a pas pu s'envoler, merde...

Dehors, la foule attend, sur le trottoir des pendules, des chevaux en cuir, des bouddhas...un renard "empaillé"...

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