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Le principe de Jérôme Ferrari

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Barbara Morandini

Messages : 39
Date d'inscription : 28/02/2014
17072015

Le principe de Jérôme Ferrari

Message par Barbara Morandini



Je ne me suis jamais intéressée à la physique (encore moins à la mécanique quantique) même lorsque cette discipline était obligatoire dans le cadre scolaire, je n'ai jamais réussi à l'envisager autrement que comme quelque chose de complexe et abstrait qui  à l'époque plombait ma moyenne.
Jusqu'à lors, je me persuadais que mon parcours avait été malheureusement jalonné d'enseignants qui n'avaient pas réussi à me transmettre leur passion. Hypothèse bien plus ragoutante que celle mettant en cause mes capacités intellectuelles...
Or, germe dans l'esprit d'un auteur que j'apprécie, Jérôme Ferrari, l'idée saugrenue d'un roman biographique du physicien allemand Werner Heisenberg.
A peine sorti (en mars) j'ai acheté Le principe, mais je n'ai eu le courage de le lire qu'au début de l'été.
Je dois l'avouer, la lecture des premières pages m'a été pénible. La littérature et la physique semblent partager cette problématique: le paradoxal inconvénient que peut être l'utilisation de simples mots pour retranscrire une réalité étrangère aux non-initiés.
Sans remettre en cause l'incommensurable importance de ce personnage et de ses recherches, je n'ai été qu'obnubilée par mon incompréhension.    
Un célèbre échange entre Charly Chaplin et Albert Einstein résume assez bien mon ressenti:
"— Ce que j’admire le plus dans votre art (dit Albert Eins­tein à Chaplin), c’est son universalité. Vous ne dites pas un mot, et pourtant le monde entier vous comprend.

— C’est vrai, réplique Chaplin. Mais votre gloire est plus grande encore : le monde entier vous admire, alors que personne ne vous comprend."

Evidement je ne regrette pas du tout cette lecture, même si, pour être honnête, je n'aurai jamais lu la biographie d'un physicien si elle n'avait pas été construite comme un tel projet littéraire.

Les passages relatant la catastrophe d'Hiroshima ou encore le huis-clos du cottage de Farm Hall sont puissants.

L'emploi du vocatif associé au traitement des minutieuses recherches que l'auteur a effectuées au sujet du physicien sont particulièrement efficaces.

Heisenberg était-il un collaborateur, un héros discret ou simplement un passionné obstiné par ses recherches, inconscient de vivre un des pans les plus tragiques de l'Histoire de l'humanité?

Tout en créant une ambiance intimiste, Ferrari laisse libre l'interprétation du lecteur quant au rôle du scientifique sous le régime nazi. Un ouvrage surprenant!


Dernière édition par Barbara Morandini le Sam 18 Juil - 23:59, édité 1 fois
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Message le Sam 18 Juil - 16:27 par Marco B

Je l'ai lu, et je l'ai trouvé exceptionnel. Pour moi son livre le plus abouti, le plus profond par certains aspects.

Par contre la caricature, on dirait un peu Gargamel. Very Happy Very Happy Very Happy
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Message le Sam 18 Juil - 16:30 par Marco B

Voire même Roland Ménard... Mad Oui, le fils de Gargamel et de Laurent Ménard... Ce serait pas mieux une photo ? Wink
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Message le Sam 18 Juil - 21:44 par Hubert Canonici

C'est pas Robert Ménard ?
Il ressemble à Gargamel le maire de Béziers...
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Message le Dim 19 Juil - 0:00 par Barbara Morandini

Bon ok pour Gargamel ;-) j'enlève
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Message le Dim 19 Juil - 12:27 par Marco B

Roland, Laurent, Robert... On va y arriver.

Bon, qui d'autre a lu Le Principe et veut en dire quelque chose ?
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Message le Dim 19 Juil - 13:53 par Barbara Morandini

Et qui serait capable de m'expliquer pourquoi le fait que la vitesse et la position d'une particule élementaire soient liées, entraine une indétermination dans la précision de leurs mesures respectives?

Enfin... non, commençons par la base... C'est quoi déjà une particule? :p

Je ne voudrais pas tomber dans le sophisme imbécile selon lequel "tout ce qui est absurde est incompréhensible et que donc tout ce qu'on est incapable de comprendre est necessairement absurde..."

Sérieusement, il me manque les bases clefs pour apprécier exhaustivement cette oeuvre, je trouve ça dommage.

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Message le Lun 27 Juil - 11:14 par Sylvie Viallefond

Je l'ai lu le principe, à sa sortie. Je voulais écrire sur ma lecture sur le coup et puis tout s'est retiré, comme la membrane verte de l'huitre au contact du citron. J'ai été époustouflée par ce livre et immédiatement fini, j'ai pensé ne pas l'avoir compris. Il m'avait fallu tenir en équilibre tout le temps durant la lecture, le style et le sujet formant un précipité chimique exigeant la plus grande attention. Si je lisais ce livre à tête perdue, fatiguée ou surveillant les stations de métros, j'avais la sensation de mal entendre, la sensation d'une écriture qui ne m'arrivait plus que déformée par le vent ou le brouillard, seule une lecture exclusive, attentive et tendue me permettait de me dire que j'étais face à un texte surpassant tous les textes de cet auteur, mais j'avais tant aimé aussi pouvoir le lire "la bouche pleine", en quelques pages retrouver une note et reconnaitre sa muscalité à lui. Là rien de cette sensation, l'auteur m'a perdue comme au jeu de colamayard, dans des lieux, des milieux, des enjeux passés et irréversibles, un langage châtié et courtois, un territoire nordique et urbain, relativement asexué, et un narrateur engagé et dégagé.

Je relis dès mes premiers jours de repos et j'espère en dire ce que j'en ai ressenti de la première lecture, plus assurée et doutant moins de moi, lectrice.

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