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Sujet imposé : la transgression

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Dominique Giudicelli
Admin

Messages : 397
Date d'inscription : 28/02/2014
03032015

Sujet imposé : la transgression

Message par Dominique Giudicelli




Transgresser, désobéir, contrevenir ; aller contre ce qui semble "naturel", dépasser les limites.
On met le pied sur un territoire qui excite les imaginations et libère la fureur (de vivre ?). Ça devait être un festival !!
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Message le Jeu 19 Mar - 21:22 par Francesca

Oui Mb tu pinailles mais c'est ça la classe. Les détails. Et tu mets le doigt là où il faut (aie, kesk g dit? ) effectivement j ai semé trop d'indices sur l' identité de l '"amant"
Merci de tous ces conseils. Je me suis bien amusée.
Sauf ... Zut. J'adore les points d exclamation, de suspension et tout...


Dernière édition par Francesca le Ven 20 Mar - 0:09, édité 2 fois
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Message le Jeu 19 Mar - 21:45 par Dominique Giudicelli

Marco B a écrit:
Dominique Giudicelli a écrit:je pensais adapter le mien en corse  : chi ne dici ?

Oui !

Mais il ne sera pas non plus dans mon manuel, les histoires de semences, en ces temps de politiquement correct...

Very Happy

Si ce n'est que ça, je l'efface la semence, d'un revers de main...
Le reste ? Ca passe ?
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Message le Jeu 19 Mar - 22:58 par Marco B

Oui, mais même cette histoire de semence, quand même, c'est jouable.

Je pense que ce serait dommage de s'en passer. Ou bien peut-être changer l'image ? Trouver un mot plus ambigu ?

Là aussi, franchement, je pinaille.

Non, laisse comme ça, et si le politiquement correct doit triompher, que ce ne soit pas par nous !

(Mon Dieu, je viens de mettre un point d'exclamation... Very Happy )
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Message le Jeu 19 Mar - 23:22 par Dominique Giudicelli

Bon, je m'y mets alors...

Et puis tu leur parleras de Medée, et des Atrides. Tu prendras de la hauteur pour parler de ces turpitudes !
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Message le Ven 20 Mar - 0:20 par Francesca

Bon, pour le manuel, je ne sais pas pourquoi, je m'en doutais un peu Smile Smile Je prépare plutôt quekquechose sur l'oncle Ho chi Minh Smile

Quand Dominique parle des Atrides, c'est exactement ce à quoi je pensais.


En tout cas dans mon histoire, ma paresse vous a fait échapper à l'entrée de la mère dans la danse. Mais il aurait fallu jouer en finesse, ça faisait un peu beaucoup, non?
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Message le Ven 20 Mar - 0:22 par Dominique Giudicelli

Ah moi, ça m'interesserait de voir la mère, sans essayer de préjuger sous quel angle d'ailleurs.
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Message le Sam 21 Mar - 23:02 par Francesca

C'était le cousin Minh qui l'emmenait en pousse-pousse à l'école des bonnes soeurs.

Elle se sentait afffreusement triste. Ils passaient le pont pour aller dans le quartier français et à chaque fois elle ressentait quelque chose d'indéfinissable, un sentiment d'étrangeté, d'absurdité, d'impuissance. La rivière que les français appelaient "des parfums",  c"était une frontière entre deux mondes, mais elle, auquel appartenait-elle? Sa mère ne semblait pas s'en inquiéter, chaque fois qu'elle lui en parlait, elle répondait sereinement : "mais aux deux, ma fille!". Pourquoi cela lui semblait-il si compliqué, à elle, et pourquoi pour sa mère, était-ce d'une simplicité aussi limpide? Virginie semblait traverser la vie avec une légèreté et une aisance étonnantes.

La semaine au village de sa grand-mère pour le nouvel an lunaire avait été une fête indescriptible. Avec sa cinquantaine de cousins, ils avaient tant ri, tant mangé, tant joué, qu'ils en avaient mal au ventre. Elle avait encore la tête et le coeur pleins de tous ces rires. Ils jouaient comme des fous à s'asperger dans les maisons de pêcheurs lavées à grande eau pour accueillir dignement la nouvelle année. Les cousines  se balladaient sur la rivière, se relayant pour ramer, avec les mains ou avec les pieds, tout en se racontant  leurs petites histoires. Les sampans se croisaient et il s'échangeait des regards furtifs entre garçons et filles, largement commentés ensuite, avec des éclats de rire. Sa mère avait distribué les petites enveloppes rouge et or aux enfants de la famille,  qui avaient les yeux écarquillés de recevoir des sommes inhabituelles. Le village, c'était pour elle le bonheur, la liberté de courir pieds nus, l'oubli du monde.
Et à présent, allait retomber sur elle la froideur du couvent et des bonnes soeurs, le français appris allait recouvrir le chant de la langue annamite. Elle savait aussi ce que les religieuses allaient leur reprocher, à elle et aux petites eurasiennes placées là par la Fondation des Enfants Français d'Indochine, qui recueillait des enfants métisses abandonnés par les coloniaux et payait leur pension. Seule Anna était du côté "français", parce que c'était sa mère qui payait la pension.  

Elles les réunirent dans la grande salle des fêtes, l'air sombre et sévère des mauvais jours. La mère supérieure était une vieille femme cruelle, au physique de matrone. Les soeurs annamites se tenaient en retrait la tête baissée, comme honteuses de ce qui allait se passer.

"Quelles sont celles qui ont participé aux cérémonies paiennes du Têt?"

Du côté annamite les filles baissaient la tête et ne levaient pas le doigt. Seule Anna, prise d'un brusque accès de colère, leva la main avec un air de défi. La mère supérieure la regarda avec sévérité :
"Anne, tu viendras dans mon bureau "

("Anna, vieille sorcière!", pensa-t-elle en son for intérieur).

"Je repose la question, bande de petites menteuses! Vous savez que le mensonge est un péché. Vous irez toutes vous confesser. Alors, QUI a participé? Je vous avais demandé d'expliquer à vos familles que ce ne sont que des superstitions et qu'il fallait jeter l'autel des ancêtres! Sinon, vous n'avez rien à faire dans cette école!"

Les soeurs annamites avaient réprimé un sursaut en entendant les mots: "jeter l'autel des ancêtres".

Les élèves françaises riaient de l'air déconfit des eurasiennes et se poussaient du coude en regardant Anna. Même sa meilleure amie, la petite  Marie-Ange Pastinelli! Elle se dit qu'elles règleraient leurs comptes tout à l'heure dans la cour.

Seule Lan leva la main, peut-être par solidarité avec Anna, peut-être parce qu'elle était plus honnête, mais aussi plus fragile et plus peureuse que les autres, ce qui en avait fait un des souffre-douleurs de la mère supérieure.

"Hélène? ça ne m'étonne pas de toi. Dans mon bureau, avec Anna. Mais les autres, ne croyez pas vous en tirer comme ça. Vous allez être convoquées deux par deux dans mon bureau."  

Elle les attendit dans son bureau, une mince tige de bambou à la main,

Pour Anna, cela avait été rapide. Virginie ne se contentait pas de payer la pension rubis sur l'ongle, elle offrait à la Supérieure de nombreux cadeaux au retour de chacun de ses déplacements d'affaires au Laos ou au Cambodge, ce qui sans doute poussait la vieille peau à une certaine indulgence vis-à-vis de l'insolence d'Anna et de ses nombreuses incartades.  Elle reçut une admonestation, quelques coups de baguette sur les ongles, et un long sermon lui expliquant ce qu'elle devait dire à sa grand-mère et la prévenant de ne jamais récidiver, sous peine d'être excommuniée. Anna se retint à peine de rire, tant cette "menace" lui paraissait ridicule. Elle savait déjà que la porte du couvent passée à la fin de ses études, elle tournerait le dos définitivement à la religion.

A peine sortie du bureau de la supérieure, elle entendit les cris déchirants de Lan- rebaptisée Hélène, frappée avec la baguette de bambou, qui lui cinglait le dos comme un fouet. La soeur l'insultait : "tu es ici par charité, ne l'oublie pas, ta mère n'est qu'une putain, abrutie par l'opium. Tu finiras comme elle"

Une soeur la chassa dans la cour, où ne se trouvaient que les françaises, les annamites attendant dans la salle leur tour d'aller dans le bureau- salle de torture.

Dès qu'elle aperçut Marie-Ange, elle l'attrappa par la manche : alors, qu'est-ce qui t'a fait rire?

- Lâche-moi! Fiche-moi la paix! Tu n'es qu'un sale métisse, finalement.

C'en était trop pour Anna : elle la saisit par les cheveux et la traîna hurlante à travers toute la cour.
Elle savait ce que cela voulait dire  : retour au bureau de la Mère supérieure pleine de charité chrétienne. Mais se faire respecter n'avait pas de prix.

Lan fut mise au pain sec et à l'eau durant une semaine et frappée tous les jours. Anna lui apportait en cachette des sandwiches à la viande, la réconfortant comme elle pouvait en lui disant qu'à présent, elle était sa meilleure amie, qu'elle au moins elle avait eu du courage, pas comme les autres. Une fois, elles furent surprises et Lan fut à nouveau frappée cruellement et affamée pendant une autre semaine tandis qu'Anna n'eut qu'une petite remontrance.

Lan se retrouva à l'hôpital. Les médecins français ne dirent rien. Epouvantée, elle ne revint jamais à l'école.

Elle a fini prostituée et opiomane comme sa mère, conformément à l'aimable prédiction de la Supérieure.


Dernière édition par Francesca le Sam 21 Mar - 23:54, édité 1 fois
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Message le Sam 21 Mar - 23:36 par Hubert Canonici

Maman se retourne et elle dit au vieux !
Refais moi faire ! Refais moi faire !
D'la gym ! D'la gym !
Bon pour toi ! Et bon pour moi !
Hum bon !
Debout dès le matin jusque tard le soir !
On court sans arrêt c'est ça notre devoir !
Ho Chi Minh est un fils de pute !
Il a l'feu aux couilles et la bite en rut !
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Message le Sam 21 Mar - 23:44 par Francesca

Hubert, c'est pas mon texte qui vous inspire ça, quand même? comment dois-je le prendre? Smile


Précision : cette histoire est vraie, à quelques détails près. Hélène n'a pas fini prostituée mais elle n'est jamais allée très bien dans sa tête. Elle voulait être plus française que les français et rejetait totalement son origine.
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Message le Sam 21 Mar - 23:58 par Hubert Canonici

Non Francesca, votre texte est très sensible et fait voyager. C'est juste Minh, ça m'a fait ressurgir ce chant des Marines dans Full Métal Jacket. C'est la lecture, ça fait souvent billard à trois bandes.
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Message le Dim 22 Mar - 0:10 par Dominique Giudicelli

J'aime bien les histoires d'Annam, et je me doute que vous en connaissez d'autres Francesca. Pourquoi ne pas nous en proposez hors de tout concours ? Une belle petite nouvelle bien troussée qui nous ferait voyager par le temps et l'espace, une sorte de petit barrage sur le Pacifique, dans la communauté corse de là-bas... Vraiment ce serait formidable.
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Message le Dim 22 Mar - 0:36 par Francesca

j'en ai pas mal, en raison de tous les souvenirs que me racontait ma mère. je n'ai hélas pas tout noté. j'ai parsemé les forums de bribes déjà. Avec un succès pas toujours évident Smile après, j'ai un peu peur de lasser avec mon Indochine ressassée.

J'avais dit que la transgression ne devait pas être seulement vue sous l'angle sexuel : c'est pour ça que j'ai mis cette histoire. Les "bonnes" soeurs ont vraiment dit  à ma mère de faire jeter l'autel des ancêtres de sa grand-mère et de le faire elle-même  si jamais la grand mère n'obtempérait pas...Cela n'a eu pour effet que de rendre ma mère allergique à toute religion et anti-cléricale.

Et les eurasiennes de la FOEFI étaient méprisées, traitées mal, voire souvent maltraitées, moins bien logées, moins bien nourries que les françaises. Pourtant la Fondation payait la même pension pour elles...
Elles étaient par ailleurs en tête de toutes les classes de la pension, en maths  surtout, mais aussi en français, pour lequel elles utilisaient le dictionnaire Smile
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Message le Dim 22 Mar - 12:10 par Dominique Giudicelli

Eh bien, c'est la première histoire que je lis sur le sujet (de ta plume je veux dire...)
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Message le Dim 29 Mar - 21:51 par Dominique Giudicelli

Puisque c'est jour d'élection, changez pas de main, et votez pour la meilleure transgression !

En lice, une belle douzaine d'horreurs !

-Liveriu. "
Antoine leva les yeux au ciel et soupira"

-Liveriu
Pizza !

-Sylvie Viallefond
Le patin de frein

-Petra Rossa
Un dimanche au soleil

-Hubert Canonici
"Un brouillard léger"

-Hubert Canonici
Les raffinés

-Dominique Giudicelli
"Tu fais ta mijaurée"

-Dominique Giudicelli
"Réflexion faite, je ne te tuerai point

-Marco B.
Aujourd’hui, j’ai baisé maman.

-Karlheinz
Sans pitié

-Francesca
Tuttu nurmale. Versione II

-Francesca
"C'était le cousin Minh

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Message le Dim 29 Mar - 22:09 par Dominique Giudicelli

Voici mon vote :

-Hubert. Un brouillard léger. Pour la folie, le mélange de brutal et de romantisme, une transgression présente dans le fond comme dans la forme.

- Francesca. Tuttu nurmale II. Parce qu'elle raconte comment la transgression la plus taboue de notre civilisation est finalement d'une banalité qui fait frémir.

-Marco. Pour l'exhaustivité suffocante d'horreur que seul l'esprit d'un psychopathe ou d'un grand écrivain est capable de concevoir.

Comme d'hab, il a fallu choisir, mais je dois dire que j'attendais un festival, et tous les textes me l'ont donné !

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Message le Lun 30 Mar - 11:05 par Marco B

1. Francesca - Tuttu nurmale.
2. Hubert. brouillard.
3. Liveriu. Antoine leva les yeux au ciel.

Putain, c'était hier les élections ?
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Message le Lun 30 Mar - 11:08 par liveriu

1- -Hubert Canonici
"Un brouillard léger" car j'aime quand la brume se lève le matin sur la mer (ça n'a rien à voir mais ça m'est venu comme ça)
2- Dominique et son festin familial parce que ç'est court, fort et juste.
3- Sylvie parce que on a beau dire mais le vélo c'est beau (hein Marco ? tout bloqué dans ta montagne par des cyclistes velus) !

Mais on aurait pu mettre aussi les autres, c'est chiant de ne classer que trois on pourrait faire une liste sans panachage et donner son avis sur tous.
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Message le Lun 30 Mar - 12:05 par Francesca

ça ce n'est pas interdit, de donner son avis sur les textes, hors vote.
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Message le Lun 30 Mar - 12:15 par Francesca


Cela permet de savoir 1/ que le texte a plu m^mme si on n' a pas voté pour
2/ les éventuelles "critiques", qui peuvent être utiles.
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Message le Lun 30 Mar - 12:35 par Hubert Canonici

1. Marco. C'est puissant
2. Francesca (Tuttu nurmale). Lady ( Festin). C'est puissant
3. Karl. C'est puissant

Sans oublier tous les autres qui sont, puissants.
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Message le Lun 30 Mar - 21:03 par Hubert Canonici

Mon pauvre père, t'es encore emmerdé avec les escargots. Ils sont encore venus tout bouffer et lâcher leurs œufs comme des perles. Je soulève les feuillages de ta jardinière, je les attrape un par un, je les balance loin pour qu’ils se fracassent sur les autres tombes. Je les lance haut pour qu'ils retombent à portée de vue et d’ouïe. Loin de ta tombe car dans quelques jours des asticots boufferont la langue verdâtre qui leur sert d'organisme. Et les asticots près de ta tombe, je ne peux pas, c'est physique.

Ça par exemple, de Petra Rossa, c'est fabuleux.
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Message le Mar 31 Mar - 12:35 par Karlheinz L.K.

1-Marco B.
Aujourd’hui, j’ai baisé maman.

2-Sylvie Viallefond
Le patin de frein

3-Hubert Canonici
"Un brouillard léger"
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Message le Jeu 2 Avr - 9:32 par Marco B

Bon alors, j'ai gagné ou pas ?

Very Happy
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Message le Jeu 2 Avr - 10:17 par liveriu

prends ta calculette et tu le sauras o fainéant !
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Message le Jeu 2 Avr - 10:32 par Sylvie Viallefond

Attendez que jr vote ce soir STP je ne peux pas aller sur internet au boulot.

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