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Un Nous, par Carole Zalberg

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Dominique Giudicelli
Admin

Messages : 397
Date d'inscription : 28/02/2014
24022015

Un Nous, par Carole Zalberg

Message par Dominique Giudicelli

Désir, amour et sensualité, fusion des corps en un Nous, un toi et moi à corps battant... Un texte inédit que nous offre Carole Zalberg





Quand tes doigts effleurent mes lèvres, mon amour, les parcourent lentement, je suis la bouche aussitôt affamée et je suis la pulpe chaude, palpitante, prête à la fouille, lisant le relief, tel l’aveugle, avant d’entrer.

Quand ils me fouillent, mon amour, tes doigts, ici ou là, je suis la cavité frémissante qui t’accueille, te veut, se resserre et te retient, et je suis tes mains amoureuses de l’humide en moi, voulant encore et toujours la soie et la brûlure, la mer intérieure, mon avidité.

Quand ta bouche est partout sur moi, mon amour, je suis les paupières recueillies, les seins denses au souvenir de tes lèvres, à l’imminence de leur venue, je suis le creux du ventre doux, la taille aimant être saisie et serrée, les fesses pleines, taillées pour la dévoration, je suis les plis secrets que ta salive irrigue et réveille, et je suis ta langue précise, ta langue douce et dure, ta langue voyageuse. Je suis l’eau qui dort et la tempête qui la soulève. Je suis ta langue heureuse, mon amour, et mon corps en arc tremblant, ma peau inondée.

Quand ton sexe me pénètre, mon amour, avant ou après tout cela suivant qu’il est pressé ou patient, suivant qu’il est joueur ou veut aussitôt la fusion, je suis ce qui t’avale et je suis ton membre, ses battements contre mes parois, je suis ses va-et-vient au plus profond.

Je suis toi et moi à chaque seconde de nos moindres gestes, dans la fureur de nos étreintes ou leur tendresse qui toujours m’émeut.
Et tu es moi autant que toi, je le sais, je le sens alors que tu me goûtes et me prends en te donnant. Je le sais et le sens et le vois à ton regard rivé au mien qui ne lâchera pas le tien.

Là, dans ce flux tendu de tes yeux à mes yeux, frémit ce que nous inventons : un plaisir aux contours abolis, ivre de mélange, emporté par la beauté de l’un dans l’autre.
Car telle est la nature de ce désir insensé : une faim prenant hors les corps, là où nous nous aimons.
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