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Sujet imposé : La Honte

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Dominique Giudicelli
Admin

Messages : 397
Date d'inscription : 28/02/2014
09022015

Sujet imposé : La Honte

Message par Dominique Giudicelli

Manca a vergogna...

Non, mais t'as pas honte ?

Shame on you !



Dernière édition par Dominique Giudicelli le Lun 16 Fév - 18:43, édité 1 fois
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Message le Mar 10 Fév - 10:41 par Karlheinz L.K.

Le premier est un peu long, et je ne l'ai pas écrit spécialement pour ce concours, alors je vous en "balance" un second... Very Happy



Die Lager der Scham*


Non, je n'ai pas honte. Je n'ai plus honte. La culpabilité m'a rongé, jusqu'à l'os, le squelette blanchi comme une pièce de pot-au-feu, et lorsqu'il n'y eut plus rien à manger, comme tout charognard, la honte s'en est allée sucer le sang d'un autre. Exsangue et décharné, voilà ce que je suis. Pourtant, la couche de graisse était épaisse, gavé que j'avais été par mon éducation catholique, repu de culpabilité et d'interdits. La morale. Le bien et le mal. Le jugement. Je n'ai plus honte.

Il en aura fallu des centaines, de milliers peut-être. Gluante et collante comme un glaviot de tuberculeux la culpabilité s'incruste au plus profond de notre être, sorte de métastase de la conscience qu'aucune chimiothérapie ne peut atteindre. J'étais aux commandes, c'est moi qui actionnais le levier, celui qui mettait un terme à toute cette merde. Bien sur nous étions des milliers à participer, chacun à sa place, chacun à son poste, je n'étais qu'un élément de la machine, mais c'est bien moi qui actionnais ce putain de levier. Il y avait peu de cris ; la fatigue, la résignation, l'efficacité de notre méthode. Je n'ai pas honte de le dire, notre méthode. La mienne aussi. J'en ai vomi, j'en ai pleuré, je me suis tordu de douleurs sur mon lit, j'ai posé plusieurs fois mon Luger sur ma tempe, mais je me suis toujours relevé, je n'ai jamais appuyé. J'ai abaissé ce levier tant et tant de fois.

La douche. Pour moi aussi. A chaque vague une couche de culpabilité disparaissait, rincé de ma honte à chaque convoi. Je peux le dire aujourd'hui, il n'y a pas de morale, pas de code, pas de loi. Il n'y a que des hommes. Des hommes qui appuient sur des leviers ou sur des gâchettes, des hommes dont les caresses sont des alibis, des hommes abrités par leur honte, honte ridicule, simple symptôme de leur humanité dissoute dans l'acide des guerres et des crimes, des haines et des jalousies, dissoute dans leur égoïsme.

J'ai abaissé ce levier, c'est tout. Je n'ai plus mal au ventre, je n'ai plus vomi en y pensant, je n'ai plus touché mon Luger que pour le faire briller ; la honte m'a quitté pour se poser sur les épaules des autres, ceux qui en sont revenus. Honte de n'avoir pu se battre, de ne pas s'être jeter contre les barbelés, honte d'avoir marché sur plus faible ; simplement honte d'avoir survécu et de n'être que des hommes.


* Les camps de la honte


Dernière édition par Karlheinz L.K. le Mer 11 Fév - 17:58, édité 1 fois
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Message le Mar 10 Fév - 10:46 par Dominique Giudicelli

Eh ben ! On ne peut pas dire que la honte vous paralyse !

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Message le Mar 10 Fév - 12:31 par Sylvie Viallefond

Ouaouh Karlheinz, vous vous êtes fait attendre, mais que c'est bon! 
Nous sommes loin de la honte primaire du laxatif retard à la piscine municipale. 
Vous mettez la barre très haute.
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Message le Mar 10 Fév - 17:38 par Hubert Canonici

Pow ! Énorme, surtout le premier !
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Message le Mar 10 Fév - 20:12 par Marco B

Je suis d'accord. Le premier texte est remarquable.

(il le serait encore plus sans les tchak tchak du découpage. Sans le bruitage à mon avis c'est mieux).
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Message le Mar 10 Fév - 20:39 par liveriu

Anecdote
La honte est un curieux sentiment. On la croit partagée par tous, on s’imagine que c’est une réalité humaine généralisée, on croit même dans certaines spiritualités que c’est le plus pur chemin vers la rédemption et le rachat.
Antoine, lui, ne connaissait pas la honte. Ce n’était pas un monstre absolu, ce n’était qu’un être sans grande envergure, qui aimait faire le mal, mais sans volonté d’affirmation, sans discours explicatif trop recherché. Non, c’était son comportement, sa personnalité, il vivait dans le mal, il existait dans les méfaits, il se contentait de suivre son fil, sans s’interroger davantage sur cette façon qu’il avait de ne se reconnaître que dans des coups, sordides le plus souvent. Il s’interdisait d’être un bandit magnifique, il haïssait les légendes de ses montagnes où des êtres forts comme des géants accomplissaient des exploits au nom de l’honneur, faisaient trembler les institutions, chuchoter les vieilles, le soir à la cheminée, et illuminer le regard des enfants éblouis. Lui, il vivait. Comme il avait été soldat, il avait son ordinaire garanti, puisqu’il était retourné dans ses rives, après deux périodes complètes de service, une activité qu’il avait appréciée, et dont il avait profité pour affiner ses talents en toute légitimité, au nom des puissants et des chefs, enfin de ceux qui s’imaginaient l’être et qui ne faisaient que jouer des rôles affreux au nom des grands principes, et pire, parfois, au nom des grands sentiments.
Et là il s’était fait malfrat. Oh ! ne croyez pas que c’était un braqueur magnifique, un de ces êtres courageux qui se lance seul derrière un comptoir en giflant la caissière pour montrer qu’avec lui ça ne va pas rigoler. Non, Antoine, lui, avait choisi de voler les vieilles, pas celles de son village, trop veule et trop lâche, mais toujours celles des autres villages, là-bas derrière la crête, là où personne ne le connaissait et où personne ne pouvait le reconnaître. Et il ne le faisait pas pour l’argent, encore moins pour vider ses glandes, non il le faisait parce que, de temps en temps, ça lui venait, alors, il partait, il allait, il accomplissait, et il s’en retournait avec trois perles, un bracelet tout usé, ou une gourmette avec un prénom de bébé, tous ces trésors que, dans son pays, on gardait précieusement, comme une manière de faire vivre son histoire, de se construire une mémoire. Et comme il appartenait à un monde d’engagés, d’amoureux de la guerre, des veuves, des vieilles, il y en avait beaucoup, ce qui lui donnait de l’ouvrage, et ce qui le satisfaisait de manière continue depuis maintenant quelques années.
Ce soir-là, assis sur son tabouret devant son feu qu’il chahutait lentement sans trop penser, parce que penser était une chose qui l’emmerdait profondément, Antoine réfléchissait. La sortie avait été juteuse et la promenade particulièrement profitable. Sur la table, derrière lui, il avait déposé un grand sac de supermarché tout rempli de belles choses. Des pièces, des lingots, et aussi des billets, des liasses de billets, des vieux fatigués tenus par un élastique, et même des coupures neuves et craquantes qui venaient sans aucun doute de sortir d’un ou de plusieurs distributeurs de la ville voisine. Et Antoine réfléchissait en se disant qu’il en avait marre. C’était trop facile, et maintenant voilà que ça devenait rentable, qu’il venait sans trop peiner de quintupler sa pension trimestrielle, qui, pourtant, dans la misère locale, faisait de lui un des plus aisés du canton. Et cela l’emmerdait parce qu’il y en avait trop, et que même s’il entrait en java pendant plusieurs semaines, il n’en viendrait pas à bout, il était prisonnier de ce butin dont le montant venait, une seconde fois, pensa-t-il, de le mettre à la retraite.
On aurait pu penser que devant cette fortune, un remords, une question, une interrogation dubitative ne lui traversât l’esprit. On aurait pu penser, et on aurait été un con, car Antoine, des remords, des rougeurs aux joues, des questions profondes, il ne s’en posait jamais. Il allait, il venait, il se cuitait, il se battait, il pontifiait, il sautait quelques grognasses dans les lieux les plus sordides possible, mais il ne se regardait pas, il ne s’analysait pas, il était simplement ce qu’il était, et si, nous à sa place, nous réfléchissions, nous pourrions dire qu’il n’était qu’une grosse merde bien banale et bien hideuse. Mais, de notre avis, Antoine s’en foutait, et de l’avis du monde entier, d’ailleurs, il se foutait aussi, il suivait son erre, jour après jour, en toute automaticité biologique.
Pourtant ce soir-là se produisit un déclic. Fatigué de regarder son feu et énervé par le poids du sac toujours posé sur la table qui lui paraissait le narguer, et Antoine n’aimait pas être nargué, ni par un sbire, ni par une chose, Antoine se détourna de sa cheminée, s’assit devant le sac et commença à séparer les pièces des billets, ce qui lui prit un bon moment, ce qui eut le don de l’énerver encore plus. Une fois les deux tas constitués, il prit les billets et les jeta au feu, quant aux pièces il les dispersa par la fenêtre de sa masure du côté de la montagne, là où personne ne pouvait passer, là où elles attendraient une fin du monde pour briller sous un soleil nouveau, un monde toujours inconcevable où des êtres de son acabit, des personnages sans vergogne, n’auraient aucune raison d’exister.
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Message le Mar 10 Fév - 20:50 par Karlheinz L.K.

Marco B a écrit:Je suis d'accord. Le premier texte est remarquable.

(il le serait encore plus sans les tchak tchak du découpage. Sans le bruitage à mon avis c'est mieux).

C'est vrai, je ne suis pas convaincu non plus, mais c'était un petit hommage à Equarri Morse... Wink
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Message le Mer 11 Fév - 5:27 par liveriu

Merci Karl pour ce doux voyage en Afrique et cette exploration dans la noirceur des années 1940. Vous cognez fort, en offrant une double vision d'une sérénité humaine riche d'interrogations morales qui savent brider les noires visions que l'on pourrait avoir de l'humanité....
Personnellement j'avoue préférer le numéro 2 dont la force est mieux rendue par la saccade des phrases courtes et la justesse de l'analyse des acteurs.
Dernière remarque mais ça c'est juste pour énerver : Schande c'est plutôt le scandale que la honte, les gens du nord du Rhin Danube préfèrent Scham pour exprimer le contexte lié à ce que l’en-deçà du Rhin Rhône appelle la honte.
Bravo !!
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Message le Mer 11 Fév - 12:22 par Dominique Giudicelli

Magnifiques tous ces échanges que suscitent les textes puissants de Karlheinz, puissants comme les mâchoires de la honte dont je fais l'hypothèse qu'elles nous tiennent tous à la gorge.
La vergogne, c'était à l'origine, la pudeur, la retenue. Donc une qualité, dans laquelle on nous a longtemps élevé. Et puis, quand la honte a pris le dessus sur la pudeur, on a continué à nous l'inculquer...
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Message le Mer 11 Fév - 13:44 par Karlheinz L.K.

liveriu a écrit:Dernière remarque mais ça c'est juste pour énerver : Schande c'est plutôt le scandale que la honte, les gens du nord du Rhin Danube préfèrent Scham pour exprimer le contexte lié à ce que l’en-deçà du Rhin Rhône appelle la honte.
Bravo !!

Pas de problème Liveriu, comme vous le savez je ne suis pas le moindre des escrocs, et vous l'aurez deviné, absolument pas germanophone. Je m'en suis donc remis à un dictionnaire... et je n'en ai pas honte ! J'adore les dictionnaires, enfant, ils m'accompagnaient aux toilettes -car j'aime bien lire aux toilettes, et quoi de mieux adapté en ce lieu qu'un dictionnaire, je vous le demande (ne me dites pas Playboy, certaines choses sont inconciliables)- passant de "hiéroglyphe" à "pithécanthrope", de "vasectomie" à "scolopendre"... Qu'en ais-je retenu ? Pas grand chose malheureusement, il faudrait que je songe à en remettre un sous le rouleau de papier cul.
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Message le Mer 11 Fév - 16:37 par Sylvie Viallefond

Je suis d'accord avec Liveriu, j'aime beaucoup aussi le deuxième texte de Karlheinz, incisif, scandé, comme les convois. Cette répétition qui annule le fait divers, cette routine qui annule le traumatisme, cette organisation du crime qui annule la transgression. Le non sens qui annule la honte. Le premier texte est sidérant, incroyable de violence et de cohérence. Comme une spirale d'ADN. Chaque phrase dit tout, porte le génome complet et participe au génome, génome ou génocide. La partie est le tout. Le passé entraîne le présent, le présent détermine l'avenir, dans une répétition surdéterminée. L'humanité et sa destruction, en boucle.

J'aime de plus en plus Antoine. Liveriu, vous nous rendez ce personnage accessible, vous faites parler cette brute mutique, vous nous décrivez sa profonde liberté et sa profonde solitude. Quel personnage intéressant de textes en textes. Ce n'est pas Martine à la Plage, Martine prend l'avion, c'est Antoine dans les âges de la vie, Antoine dans ce siècle hétérogène, Antoine dans son milieu, Antoine dans son histoire, son vieillissement, ses plaisirs et ses errances, ses entêtements de gamin trop intelligent trop tôt. Pour moi femme, je le redis, je trouve fascinant d'avoir accès ainsi à l'intimité masculine d'un personnage qui se construit sous nos yeux. J'aime Praxis Negra pour cela, une véritable expérience de partage de nos cerveaux à nos cerveaux, dans la bienveillance et le souci du processus créatif qui se nourrit de ce travail en commun.

Visiblement on a tous nos obsessions, mais ce ne sont pas les mêmes et de l'agitation de nos obsessions de thèmes en thèmes nait une communauté de personnages qui finissent par interagir. Hubert vous aussi avez fini par me mettre dans l'attente de vos associations, vos mélanges de couleurs, votre solfège à vous, quel son va faire le vent de tel thème en passant dans votre tête. Pareil pour Dominique, Joseph, Barbara, EV, Lovichi et tous ceux que je lis ici avec plaisir.
Et chacun de nous qui résonne sur ses cordes sensibles.
Et puis des pseudos qui sont peut être des alias et qu'on ne sait pas reconnaître, mais aussi la possibilité de tromper son monde et changer d'obsessions.
C'est vraiment le charme de ce blog.


Dernière édition par Sylvie Viallefond le Mer 11 Fév - 18:45, édité 1 fois
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Message le Mer 11 Fév - 17:35 par liveriu

Karlheinz L.K. a écrit:
liveriu a écrit:Dernière remarque mais ça c'est juste pour énerver : Schande c'est plutôt le scandale que la honte, les gens du nord du Rhin Danube préfèrent Scham pour exprimer le contexte lié à ce que l’en-deçà du Rhin Rhône appelle la honte.
Bravo !!

Pas de problème Liveriu, comme vous le savez je ne suis pas le moindre des escrocs, et vous l'aurez deviné, absolument pas germanophone. Je m'en suis donc remis à un dictionnaire... et je n'en ai pas honte ! J'adore les dictionnaires, enfant, ils m'accompagnaient aux toilettes -car j'aime bien lire aux toilettes, et quoi de mieux adapté en ce lieu qu'un dictionnaire, je vous le demande (ne me dites pas Playboy, certaines choses sont inconciliables)- passant de "hiéroglyphe" à "pithécanthrope", de "vasectomie" à "scolopendre"... Qu'en ais-je retenu ? Pas grand chose malheureusement, il faudrait que je songe à en remettre un sous le rouleau de papier cul.
puisque vous aimez les dictionnaires je ne dirai qu'un mot : WUNDERBAR !
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Message le Mer 11 Fév - 18:06 par Hubert Canonici

Très belle et sensible analyse Sylvie, vous mettez des mots sur mes ressentis, j'aime lire les contributeurs, ils ont tous leurs propres couleurs, moi aussi j'attends toujours avec plaisir de voir ce que chacun, avec son univers, va traiter un nouveau thème, c'est une drogue douce...
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Message le Mer 11 Fév - 18:09 par Marco B

Ach ! Zé blog défient dé bluz en bluz indérézante.

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Message le Mer 11 Fév - 18:31 par Dominique Giudicelli

Oui ! Et j'ajoute que c'est très émouvant d'imaginer le plaisir, l'intérêt, l'attention que ces quelques pages virtuelles peuvent susciter dans la vraie vie. Le lien inattendu qu'elles tissent entre des inconnus qui, par la vertu de leur existence et la vitalité qu'on y insuffle, s'attachent les uns aux autres, et prennent aux yeux les uns des autres l'épaisseur, la présence, l'importance de proches familiers. J'ai l'impression que nous vivons tous ici de cette vie intime qu'ont pour les lecteurs les personnages de fiction.
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Message le Mer 11 Fév - 18:41 par liveriu

Sylvie Viallefond a écrit:

J'aime de plus en plus Antoine. Liveriu, vous nous rendez ce personnage accessible, vous faites parler cette brute mutique, vous nous décrivez sa profonde liberté et sa profonde solitude. Quel personnage intéressant de textes en textes. Ce n'est pas Martine à la Plage, Martine prend l'avion, c'est Antoine dans les âges de la vie, Antoine dans ce siècle hétérogène, Antoine dans son milieu, Antoine dans son histoire, son vieillissement, ses plaisirs et ses errances, ses entêtements de gamin trop intelligent trop tôt. Pour moi femme, je le redis, je trouve fascinant d'avoir accès ainsi à l'intimité masculine d'un personnage qui se construit sous nos yeux. J'aime Praxis Negra pour cela, une véritable expérience de partage de nos cerveaux à nos cerveaux, dans la bienveillance et le souci du processus créatif qui se nourrit de ce travail en commun.

Merci Sylvie pour ce soutien à Antoine qui en est tout remué et qui fronce ses sourcils en ronchonnant...
Quant à votre rebond sur ces premiers jours de la honte et sur ce lieu étrange qui regroupe des êtres peu fréquentables, lui aussi il emporte la conviction et oblige à tenir bon pour réussir ce que vous avez remarqué.
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Message le Mer 11 Fév - 18:43 par liveriu

Dominique Giudicelli a écrit:  J'ai l'impression que nous vivons tous ici de cette vie intime qu'ont pour les lecteurs les personnages de fiction.
mais chère Dominique nous sommes des personnages fictifs, nous n'avons aucune réalité, nous ne sommes que les mots que nous malaxons au fil des heures traversées ici !
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Message le Mer 11 Fév - 18:45 par liveriu

Marco B a écrit:Ach ! Zé blog défient dé bluz en bluz indérézante.

Schön !
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Message le Mer 11 Fév - 18:59 par Dominique Giudicelli

liveriu a écrit:
Dominique Giudicelli a écrit:  J'ai l'impression que nous vivons tous ici de cette vie intime qu'ont pour les lecteurs les personnages de fiction.
mais chère Dominique nous sommes des personnages fictifs, nous n'avons aucune réalité, nous ne sommes que les mots que nous malaxons au fil des heures traversées ici !

Des personnages fictifs qui créons des personnages qui pour peu qu'ils soient écrivains, imaginent à leur tour des personnages dont on peut entrevoir des bribes d'existence, des pensées furtives dont il n'est pas exclu qu'elles recèlent des héros imaginaires dont on finirait par comprendre, stupéfaits et incrédules, que ces héros, ce sont nous...


(oui, j'ai lu Borges..)
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Message le Mer 11 Fév - 19:03 par liveriu

ça c'est la vision optimiste et en effet il y a comme du Borges dans l'air.
Mais le pire c'est la version pessimiste :
nous ne sommes que des mots qui traversent des enveloppes charnelles réduites à quelques doigts des mains et nous ne sommes que des accélérateurs de diffusion de vocables mis en forme qui nous précèdent et nous succèdent sans que nous ne puissions arrêter le flot.
C'est en cela que nous sommes totalement fictifs.
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Message le Mer 11 Fév - 19:13 par Dominique Giudicelli

liveriu a écrit:ça c'est la vision optimiste et en effet il y a comme du Borges dans l'air.
Mais le pire c'est la version pessimiste :
nous ne sommes que des mots qui traversent des enveloppes charnelles réduites à quelques doigts des mains et nous ne sommes que des accélérateurs de diffusion de vocables mis en forme qui nous précèdent et nous succèdent sans que nous ne puissions arrêter le flot.
C'est en cela que nous sommes totalement fictifs.

J'adorerais vivre dans un univers dont la matière ne serait que le vecteur inerte d'un flux continu d'ondes sonores, un flow musical qui sonnerait en traversant ou heurtant la masse molle de nos corps instruments !

(prochain sujet : uchronie !)
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Message le Mer 11 Fév - 19:25 par liveriu

si on en croit les astrophysiciens nous y sommes déjà, c'est la superbe théorie de l'univers en corde de violon.
Et si l'on en croit les écrivains c'est aussi le cas à cause des rêves et de la géographie de leurs références et donc profitons de cette douce et nouvelle situation !
Et quant à l'uchronie je crois qu'en conséquence le grand thème reste et restera l'Utopie !
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Message le Mer 11 Fév - 19:32 par Dominique Giudicelli

liveriu a écrit:si on en croit les astrophysiciens nous y sommes déjà, c'est la superbe théorie de l'univers en corde de violon.
Et si l'on en croit les écrivains c'est aussi le cas à cause des rêves et de la géographie de leurs références et donc profitons de cette douce et nouvelle situation !
Et quant à l'uchronie je crois qu'en conséquence le grand thème reste et restera l'Utopie !

vous avez parfaitement raison : l'utopie, étymologiquement parlant. Mais l'uchronie reste, celle du temps où notre conscience sera assez affutée pour faire danser nos corps aux sons célestes de l'univers.
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Message le Mer 11 Fév - 19:40 par Karlheinz L.K.

Vous voulez faire fuir les rares lecteurs que nous avons ?? Shocked Suspect Honte à vous !! pale

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