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"Quand il se réveilla... "

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Dominique Giudicelli
Admin

Messages : 397
Date d'inscription : 28/02/2014
15102014

"Quand il se réveilla... "

Message par Dominique Giudicelli

Cette semaine, je vous propose de jouer avec un grand auteur guatemaltèque, Augusto Monterroso, qui publia dans ces oeuvres complètes, la nouvelles la plus courte  de l'histoire de la littérature; elle tient en une ligne :

"Quand il se réveilla, le dinosaure était toujours là."

Ecrivez la suite, ou le début, de cette nouvelle du maitre de la concision.


A vos claviers !
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Message le Jeu 16 Oct - 0:21 par EV

Quand il se réveilla, le dinosaure était toujours là.

Au début, il avait cru à un vulgaire cauchemar. Que tout ça, c’était fini. Ça lui semblait inimaginable. C’était pourtant bien réel. Il était toujours là.

Il aurait sans doute pu le toucher, s’il n’avait pas été si effrayé. Un vestige suranné. Voilà ce qu’il était. Campé sur ses pattes arrières, le vieux demeurait figé. Le regard sombre. Tapi dans cette impénétrable obscurité, qui achevait de le repaître de sa noirceur épaisse. À la seule pensée de sa présence, on entendait encore résonner les vêpres du passé.

Or, nul ne souhaitait plus percer les arcanes de son œuvre. Son monde était un monde perdu, qui n’avait plus à offrir que des désillusions, à travers le regard dépassé d’un faste révolu. Pourtant, il était là.

Tantôt indolent, tantôt offensé, il n’était plus rien. Plus rien que la funeste projection d’un temps expiré, qui avait écoulé son heur. Mais il était là.

Et puis merde ! C’était sa vie quand même. Pourquoi il était encore là ? Ce con de lézard.

Un jour, on regarderait ailleurs. On ne lirait plus son histoire. Lui aussi finirait par se désincarner dans les méandres poussiéreux de l’oubli.

- Papa, t’as pas vu mon Tachiraptor, par hasard ?
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Message le Jeu 16 Oct - 17:31 par liveriu

"Quand il se réveilla, le dinosaure était toujours là."
Antoine saisit un cendrier de bronze et fracassa le miroir où sa face de dinosaure ne lui sourirait plus désormais.
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Message le Jeu 16 Oct - 18:38 par Hubert Canonici

liveriu a écrit:"Quand il se réveilla, le dinosaure était toujours là."
Antoine saisit un cendrier de bronze et fracassa le miroir où sa face de dinosaure ne lui sourirait plus désormais.

Laughing Laughing Laughing
Ahahah je pense que Monterroso serait resté scotché !
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Message le Jeu 16 Oct - 19:07 par Karlheinz L.K.

Le concours est grillé.... Twisted Evil
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Message le Jeu 16 Oct - 19:15 par liveriu

mais non ! mais non ! c'était juste en passant entre deux trucs à faire. J'essaierai de faire l'écrivain un peu plus tard. Au boulot, bande de paresseux que vous êtes !
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Message le Jeu 16 Oct - 19:21 par Sylvie Viallefond

Quand il se réveilla le dinausore était encore là. Il se rendormit, content de lui.
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Message le Jeu 16 Oct - 19:24 par Hubert Canonici

Putain, moi je suis en train d'écrire une tartine longue comme une file d'attente pour IPhone 6, plus je veux expliquer l'inexplicable plus c'est long...
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Message le Jeu 16 Oct - 19:27 par Hubert Canonici

Quand il se réveilla le dinosaure était toujours là. Il essayait encore d' enculer une mouche...en biais !
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Message le Jeu 16 Oct - 19:28 par Dominique Giudicelli

Mais la consigne n'est pas de faire aussi bref que Monterroso ! Au contraire ! Il s'agit de dérouler ce que l'auteur a embobiné en quelques mots.

Allez au boulot, bande de paresseux (dixit Liveriu...) !


Dernière édition par Dominique Giudicelli le Jeu 16 Oct - 20:00, édité 1 fois
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Message le Jeu 16 Oct - 19:33 par Marco B

Quand il se réveilla, le dinosaure était encore là. Énorme, comme d'habitude, pourfendant le drap à la verticale. Las, Jean-Félix se dit qu'il lui faudrait un jour arrêter ces maudites pilules bleues. Il s'évertua donc à faire cracher le saurien une dernière fois, puis il se rendormit.
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Message le Jeu 16 Oct - 19:37 par Karlheinz L.K.

Bon, c'était pas grillé.... Y'a pas de limite au génie ! cheers Laughing Laughing Laughing
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Message le Jeu 16 Oct - 19:43 par Hubert Canonici

Quand il se réveilla le dinosaure était toujours là. Le con avait bouffé toutes les pilules de l'usine à viagra, sa queue trouait les nuages, un enfant passant par là dit à sa mère:

Maman tu vois, ça existe le haricot magique !
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Message le Jeu 16 Oct - 19:58 par Karlheinz L.K.

Hubert, arrêtez donc de sucer tous ces haricots magiques, vous finissez par voir des dinosaures partout Smile Razz Cool
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Message le Jeu 16 Oct - 20:00 par Dominique Giudicelli

Ahahahaa ! J'ai comme l'impression qu'on évite l'obstacle... Quoi, il vous plait pas mon dino ?!
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Message le Jeu 16 Oct - 20:42 par liveriu

"Quand il se réveilla, le dinosaure était toujours là."
Antoine était de mauvaise humeur, situation normale chez ce con atrabilaire, mais là, on peut reconnaître qu’il y avait de quoi, et qu’il n’était pas seul coupable.  Figurez-vous qu’il était descendu en ville, faire son tour des lieux immondes où il avait place assurée, et que suite à une discussion avec un débris gluant comme le comptoir qu’il ne quittait jamais, il avait commis un acte, j’aurais envie d’écrire un ACTE, tellement la chose était impensable.
Figurez-vous, donc, même si cela est difficile, qu’Antoine, déjà lassé par les antiennes baveuses et peu audibles de son comparse, avait prétexté une brutale envie de fumer et était sorti et pour ne pas entendre les autres débiles. Il s’était mis à marcher, à faire un tour dans les rues autour de son siège. Et là, il avait eu son regard attiré par la devanture de la librairie, où la femme qui tenait boutique l’avait regardé avec inquiétude, pensant à un racket ou à un viol, on ne savait jamais avec ces êtres qui arrivaient des villages et dont l’allure n’avait plus rien à voir avec le chic des nouveaux locaux qui se la jouaient Saint Germain au printemps, vous voyez le genre… Bref, il avait commis son acte (mais non ! il n’avait pas pissé sur la devanture ! c’est vrai qu’il y avait pensé, mais il était encore tôt, et sa prostate ne le poussait pas encore à ces extrémités, ce n’était pas ses 24 pastis qui allaient déjà lui faire de l’effet !) : il était entré !
Et là, miracle merveilleux des lieux culturels, son âme s’était ouverte au beau et pris d’un enthousiasme ravageur devant tant d’intelligence organisée en piles multicolores, Antoine avait acheté un livre, oui, il avait acheté un livre et la libraire rassurée lui avait même fait un sourire reconnaissant, ce devait être son second client de la semaine, on ne lisait plus désormais dans ce pays décervelé.
Le bouquin, Antoine n’était pas con, était un recueil de nouvelles, et ce qui avait plu à Antoine, ce n’était ni le nom de l’auteur, ni ce qu’il avait bien pu coucher sur le papier, non, ce qui lui avait plu c’était le pays du bonhomme. Antoine dans sa connerie immense était profondément géographe, et il avait toujours aimé apprendre les capitales et se les réciter, il se disait que cela était bon pour ses neurones, et qu’il fallait pallier les effets méphitiques de sa drogue quotidienne ; Vous savez bien, pour être vraiment méchant, il faut être lucide, et pour être lucide il faut faire travailler son cerveau, sinon on ne profite pas de sa méchanceté et de ses effets sur les êtres qui sont de naissance appelés à la recevoir et à en souffrir, joie extrême de notre hideux abruti.
Le pays était d’Amérique, et l’Amérique, Antoine l’aimait, d’abord parce qu’il n’y était jamais allé, qu’il n’avait aucune intention d’y aller, mais comme tout le monde en parlait, il s’y était intéressé, surtout aux temps de la CIA et des compagnies bananières où l’horreur quotidienne que vivaient tous ces malheureux était pour lui un baume et un encouragement pour ses méfaits minables. Et le pays de l’auteur avait un nom imprononçable pour un buveur de pastis, il était long, il était accentué, mais, joie sordide de notre héros, on pouvait broder des variations infinies sur cette architecture verbeuse, et ça Antoine, il savait faire et il le faisait bien.
Ah ! le Grattez-moi là ! quel programme délicieux qu’il devrait proposer à la Roumaine qu’il comptait bien lever un peu plus tard dans un autre de ses bouges ! Ah ! les Gatti mal techji ! ces morceaux de bonne femme qu’il adorait tant martyriser au même titre que tous les chats qu’il écorchait tendrement lorsque l’ennui l’envahissait ! Ah ! la belle découverte, ah ! le beau pays.
Antoine se félicitait de son achat, et il aurait dû en rester là. Mais un con reste un con et il commit l’erreur fatale : il ouvrit le livre et tomba sur une page presque blanche où figurait une phrase étrange :
"Quand il se réveilla, le dinosaure était toujours là."
Rendu furieux par ce qu’il prit comme un jugement venu du plus profond des âges, persuadé dans son délire qu’il était devant une prédiction touchant à son avenir personnel, Antoine, retourna au bar, gifla le con de service qui attendait la sienne comme souvent, saisit un cendrier et le jeta sur le miroir pour conjurer le sort et ne plus voir sa propre face de dinosaure en train de lui sourire…
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Message le Jeu 16 Oct - 21:00 par Dominique Giudicelli

Ahhh voiiiiilàààà ! Bravo ! Ah moi aussi je dois être géographe dans l'âme ! J'adorerai aller au pays des Gatti mal techji !


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Message le Ven 17 Oct - 2:27 par Dominique Giudicelli

Devant Jurassic Park que son fils avait tenu à regarder, et tout en trempant ses mouillettes dans son oeuf d'autruche à la coque, il se demandait comment cette débilité préhistorique avait pu rassembler des millions de spectateurs hurlant de peur et de plaisir devant l'attaque de mastodontes ressuscités d'entre les siècles. Que des gamins comme son fils s'y laissent prendre, on le concevait, mais des adultes... On aurait dit qu'ils regrettaient que l'Homme n'ait jamais pu se mesurer à ces géants. Leur obsession prométhéenne avait imaginé ces corridas titanesques où l'Homme drapé de science s'affranchissait des lois de la chronologie et se jouait des cornes de la plus lointaine rusticité.
Une autruche échappée de son enclos tendit le cou à travers la fenêtre ouverte et balança sa tête minuscule au rythme des mugissements de la télé. Un coq déphasé chanta à la lune... Du bout de sa mouillette, il tata au fond de l'oeuf une excroissance dure où s'accrocha le pain. Il eut un haut-le-coeur et vida l'oeuf dans son assiette. Il regarda dans la coquille, et la lâcha en poussant un cri étranglé. L'oeuf roula sur la moquette e et s'arrêta contre les franges du canapé. Il le ramassa craintivement, et se sentit penaud en constatant qu'il était vide.
Tout la nuit, il fut agité de rêves glauques comme des dessous de jungle, il sua d'angoisse dans la peau d'un vieillard gravide dont les pieds larges peinaient à s'arracher à la succion de la glaise tandis que derrière lui quelque chose beuglait qu'il ne voulait pas voir. Il se retourna néanmoins, et se trouva sous l'ombre écrasante d'un tyrannosaure dont les mâchoires dentues dégoulinaient de bave. Il hurla et s'arracha au sommeil pour fuir le monstre.
Quand il se réveilla, le dinosaure était toujours là.


Dernière édition par Dominique Giudicelli le Sam 18 Oct - 11:46, édité 1 fois
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Message le Ven 17 Oct - 21:29 par Hubert Canonici

Dire qu'ils ont vécu plus de 150 millions d'années, sans travailler, sans pointer, sans emprunter pour payer l'intérêt de la dette...
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Message le Sam 18 Oct - 10:18 par Francesca

Quand il se réveilla, le dinosaure était toujours là. Comment aurait-il pu s'enfuir, d'ailleurs, ce crâne magnifique qu'ils avaient mis au jour, haletants, incrédules, la veille, après des jours et des jours de fouilles minutieuses? Une découverte qui valait de l'or, la forme en était encore inconnue, ils avaient trouvé une nouvelle espèce! Ah, ils avaient pris la cuite du siècle, du millénaire, même! Il ne se souvenait pas de grand-chose, sauf qu'ils s'étaient tous mélangés joyeusement et qu'avec Gwenaêlle, ç'avait été bien chaud, chaud, et il se délectait à l'avance des suites qui pourraient s'ensuivre...OUi, il avait la geule de bois, il ne trouvait plus les mots justes. Il se leva péniblement, s'extrayant de la masse informe de ses collègues, empilés, imbriqués, des bras ici, des jambes là. Il la chercha pour la réveiller et la trouva, enlacée étroitement avec ce grand con de Lionel!

Il donna un grand coup de pied dans le précieux fossile.

Ils se réveillèrent. Le dinosaure n'était plus là. Les restes d'un crâne éclaté gisaient contre un arbre, méconnaissables, inexploitables, plusieurs mètres plus loin
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Message le Sam 18 Oct - 11:09 par Hubert Canonici



"Quand "il" se réveilla, le dinosaure était toujours là."

"Il" c'était moi.

La maison est éteinte. Je n'ai pas envie de pisser, ni même de café, envie de rien; le ciel est semblable à du marbre bas de gamme, des arbres n'émanent ni frémissements ni chants d'oiseaux, ils sont peut-être en congrès annuel. Le dinosaure ouvre une gueule plus large qu'une bouche de métro, il baille, derrière lui dans mon champ, un étron fumant d'une tonne cinq.

Cette nuit, un sale rêve m'a secoué:

Dans un hangar, des femmes en culottes traquent des poussins robots, j'ajuste mes carreaux puis reconnais ma psy (qui doit bien être mère, son père lui-même était maire avant d'être père) elle est de loin la mieux foutue, ça me culpabilise au point de sentir les lunettes me pincer le nez en étau expiatoire (j'ai lu ce dérangé de Freud). Une femme attrape un faux piou-piou et se retrouve perchée à l'horizontal, roulée dans une substance torsadée en bandes colorées façon berlingot. Les autres rient comme des enivrées mimant une étoile dans une animation de Club Med..
L'éclairage s'intensifie, ça me pique les yeux, elles se retrouvent toutes emberlingotifiées, les câbles retenant les "paquets" cons-verges vers le centre du hangar; 4 murs de verre s'élèvent lentement du sol autour des captives. Un groupe de "sans dents" arrive en wagon et s'installe autour du cube de verre, l'un d'eux, le plus affreux car dévitalisé, dénotant car condescendant intrinsèque, pince ses pouces et index des deux cotés de sa bouche - les fait rouler, comme s'il apprenait comment manger un rouget avec les doigts à une princesse diaphane.

Le four commence à chauffer, elles vont cuire en papillote !

Je perle de sueur froide, mes jambes sont lourdes, des yeux déments me dévisagent.

C'est cuit?

Una minuta !

Une mante religieuse de 6 mètres de long arrive près du groupe, elle se met en position de prieuse, sa tête triangulaire tourne sur elle-même dans un bruit dérangeant. Les murs de verre et les corps redescendent, les jobards ouvrent les enveloppes, ça fume blanc et humide, l'odeur est douçâtre et écœurante. Je suis en état de choc, elles ont blanchi comme de la chair de poulet cuite à l'étouffée, les chairs se désolidarisent de la structure osseuse. La mante tend ses pattes avant à vive allure et décapite deux abrutis - les têtes roulent au sol, elles ont des rictus hideux et geignent comme des voleurs honnêtes, je vais vers elles pour les frapper tant elles me débectent:

Non! Ne shoot pas ! On a pas de protèges-dents !

Je me sens bizarre, le monde est bizarre, il ne faut pas croire tout ce qu'on ne dit pas. Paradoxalement, ne bandant pas, j'ai l'impression de retrouver une conscience.
Je roule vers la centrale nucléaire où j'oeuvre, je ne pense même pas au petit cul doré de la belle asiatique de la semaine dernière, pourtant j'y avais mis un doigt dans l'anneau pendant qu'elle remontait mes manches. Un vieillard voûté marche face à moi sur l'accotement de la départementale, il brandit un gros bolet et le balance sur mon pare-brise, je m'arrête et descend de la voiture, il me regarde avec ses yeux injectés de sang, sa bouche ouverte siffle un son étrange entre ses quatre dents - il n'y a plus rien...
Je repars, le pare-brise est dégueulasse, la chair de ce champignon gluant devient bleue, comme l'était la planète, je continue à rouler comme ça, rien à battre. Le dinosaure se dirige vers l'usine à bière, vide une cuve géante, un rot monumental fait enfin frissonner les arbres, la voiture décolle d'un mètre, les oiseaux étaient dans son œsophage, il en sort des nuées.
Sur le parking de la centrale personne, la terre tremble, c'est le dinosaure bourré qui saute comme une fillette jouant à la marelle, ce con, la bière lui donne l'illusion d'être un immigré portugais:

Tou crois que j'ai quou ça à foutre? Comment tou t'oupelles?

Léo !

Dis-je ! Mais je crois qu'il s'en fout, il a l'air de ne penser qu'à jouir de la vie.
J'entre dans la centrale, il y a des messages, j'aime pas les messages, autant les amygdales je conçois, mais les messages...

Pour réaliser un arrêt de tranche il faut être entre six cent à deux mille personnes. Pas une âme dans cet univers de fission, de manettes, de labyrinthes, de cuves profondes, de créatures des ombres...
Le coeur du réacteur va entrer en fusion. Les crayons des combustibles contenant la matière fissile vont fondre et libérer dans la cuve du réacteur des produits hautement radioactifs.
Je sors et appel mon pote Dino

Dino, je ne peux rien y faire, la centrale va exploser, je t'aimais bien !

Le Dinosaure le regarde, le regard le plus empreint d'humanité qu'il n'ait jamais eu.

Tu es mon ami Léo!

La larme de Dino est douce et tiède, elle enveloppe un Léo souriant qui n'a jamais été aussi peinard...
Le cœur du réacteur est en fusion...

Il n'y a plus rien...
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Message le Sam 18 Oct - 11:33 par Karlheinz L.K.

Hubert Canonici a écrit:

"Quand "il" se réveilla, le dinosaure était toujours là."

"Il" c'était moi.

La maison est éteinte. Je n'ai pas envie de pisser, ni même de café, envie de rien; le ciel est semblable à du marbre bas de gamme, des arbres n'émanent ni frémissements ni chants d'oiseaux, ils sont peut-être en congrès annuel. Le dinosaure ouvre une gueule plus large qu'une bouche de métro, il baille, derrière lui dans mon champ, un étron fumant d'une tonne cinq.



cheers Là, Hubert, chapeau !! cheers
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Message le Sam 18 Oct - 17:31 par liveriu

Hubert Canonici a écrit:

Paradoxalement, ne bandant pas, j'ai l'impression de retrouver une conscience.
Un vieillard voûté marche face à moi sur l'accotement de la départementale, il brandit un gros bolet et le balance sur mon pare-brise, je m'arrête et descend de la voiture, il me regarde avec ses yeux injectés de sang, sa bouche ouverte siffle un son étrange entre ses quatre dents - il n'y a plus rien...
Je repars, le pare-brise est dégueulasse, la chair de ce champignon gluant devient bleue, comme l'était la planète, je continue à rouler comme ça, rien à battre. Le dinosaure se dirige vers l'usine à bière, vide une cuve géante, un rot monumental fait enfin frissonner les arbres, la voiture décolle d'un mètre, les oiseaux étaient dans son œsophage, il en sort des nuées.



Ah ! ça ça me plaît ! du grand Hubert et de la belle et profonde litterature ! sunny
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Message le Sam 18 Oct - 18:53 par Hubert Canonici

Merci les gars, Smile faut que j'aille donner a bouffer à mon dinosaure...
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Message le Sam 18 Oct - 19:10 par EV

On devrait faire un cadavre exquis (ou un barbecue) avec ce Dinosaure. affraid

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