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"Secret d'alcôve", par Karlheinz

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Dominique Giudicelli
Admin

Messages : 397
Date d'inscription : 28/02/2014
11102014

"Secret d'alcôve", par Karlheinz

Message par Dominique Giudicelli

Vérité d'alcôve, par Karlheinz


Elle me dit, je t'ai donné ce que j'avais de plus intime, je t'ai donné le creux de mes reins, j'ai bu ta semence, donne moi quelque chose en échange. Qu'est-ce que tu veux que je te donne ? L'amour, le sexe sont parmi les dernières choses gratuites et désintéressées sur cette terre rongée par le consumérisme ; tu ne m'as rien donné, nous avons partagé. Non, me dit-elle, il ne s'agit pas de payer, il s'agit d’honorer, de considérer mon abandon. Tu le sais, mon plaisir ne se loge pas là, c'est le tien qui m'a fait jouir, ton souffle et tes râles sur ma nuque, tes contractions dans ma bouche. Tu as eu l'impression de dominer, ce qui était le cas en un sens, mais c'est moi qui contrôlais ton plaisir. En acceptant de me donner quelque chose en échange, tu exprimes que tu es conscient, que tu sais ce que j'ai fait, tu formalises ce qui est implicite, tu m'accordes une attention. Je t'ai accordé toute mon attention, nul besoin de « cadeau » pour le prouver. Je sais, j'ai apprécié ton abandon, et tu sais que je sais, pourquoi matérialiser cette échange, le marchandiser ? Parce qu'il faut dire les choses, il ne suffit pas de les ressentir, se cacher derrière une complicité fantasmée n'est qu'une consolation pour handicapé du sentiment. Il faut dire et faire. Alors, je te le demande, donne moi quelque chose qui vaut que je boive à ton sexe après t'avoir offert mon entre-fesses. Je ne peux pas, répondis-je. Je n'ai rien d'aussi privé à offrir. Donne moi un secret, me dit-elle. Un secret inassumable. De ceux qui font honte, comme j'aurais honte d'avouer ce que nous venons de faire. Il y eu un silence, toujours trop long, comme le sont ces silences. Elle ne le romprait pas, c'était évident. J’eus l'impression d'être un enfant surpris par sa maman entrain de se masturber, impossible de fuir, impossible de nier, impossible d'assumer, impossible d'oublier. Il fallait que je parle, j'aurais pu mentir, j'y suis assez fort, mais j'ai opté pour la vérité, je ne sais pas pourquoi. J'ai peut-être cédé à la vérité parce qu'elle avait raison, et parce que mon secret valait bien son abandon. Les mots sortirent d'un coup : j'ai le sida.
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