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Tribune libre sur Orphelins de Dieu

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Dominique Giudicelli
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28092014

Tribune libre sur Orphelins de Dieu

Message par Dominique Giudicelli

Le livre de Marcu Biancarelli fait pas mal parler de lui, en Corse et sur le continent, et le pire qu'on puisse lui souhaiter, c'est que ça continue et même que ça s'amplifie jusqu'à crever le plafond de verre des critiques parisiennes, pour l'instant encore assez silencieuses.

En attendant cette échéance, que nous espérons brève, nous ouvrons ici une tribune aux lecteurs d'Orphelins de Dieu qui, si l'on en juge par les commentaires sur la page Facebook de Praxis Negra et sur celle consacrée à l'oeuvre, ont le désir de partager leur enthousiasme, eventuellement leurs réserves, ou leurs questions. Où mieux que sur un forum ouvert par l'auteur, pourrions-nous débattre de son oeuvre ? Et où mieux que sur Praxis pourrait-il répondre aux questions des lecteurs et parler de son roman plus longuement que lors des interviews au temps de parole calibré ?

Cette tribune vous est donc ouverte : vos commentaires, vos critiques (courtoises, il va de soi), vos questions sont les bienvenus.


Dernière édition par Dominique Giudicelli le Mar 30 Sep - 1:29, édité 1 fois
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Message le Dim 28 Sep - 20:54 par Hubert Canonici

Pourquoi à mes yeux c'est un grand roman

- D'abord c'est une plongée magistrale dans une époque tourmentée ( comme toutes les époques ), très rurale, très rude.
- C'est très bien écrit, notamment les descriptions de paysages... Qui pourraient avoir été écritent par de grands auteurs de cette époque, mais avec une musicalité personnelle et moderne.
- C'est très parlé et très visuel, on s'y installe comme dans un très bon western, où l'on a hâte de voir les ordures souffrir en sachant pourquoi elles crèvent.
- Les scènes violentes ont ce côté irréversible, chirurgical, un peu comme quand dans Massacre à la tronçonneuse, pour la première fois dans un film du genre, il n'y avait pas de musique pendant les scènes d'horreur, ça choque et ça surprend.
- L'histoire est bien construite, la fin belle et mystique - réalité crue, rédemption, misères, une histoire pouvant toucher toutes les générations par sa beauté classique, sa modernité, sa violence ( réelle à cette période ) qui vous cueille; une épopée, un western Corse et universel.

Message le Lun 29 Sep - 8:35 par Emmanuelle Caminade

Les scènes violentes, d'une précision chirurgicale (comme le note à juste titre H. Canonici ), sont néanmoins décrites de manière distancée, le recul donné par la dérision leur ôtant toute complaisance malsaine. Certaines scènes, comme le traitement réservé par L'Infernu à Faustin le Rat, sont même franchement comiques :

«L'Infernu avait agi vite, de manière cruelle, certes, mais somme toute généreuse, sans s'attarder sur la découpe, tranchant dans le vif plutôt que cisaillant, et de plus il avait une bonne lame, affûtée à merveille, pas un outil qui accroche, ou qui ripe, et à ce moment-là c'était tout de même appréciable. Le sang chaud coulait maintenant des deux côtés de la tête de Faustin le Rat, et il ne criait plus, parce que L'Infernu lui écrasait la bouche d'une main, et lui visait l'oeil avec la pointe du couteau de l'autre.»

Message le Lun 29 Sep - 9:32 par Emmanuelle Caminade

Une question à Marco Biancarelli :

Ce livre qui semble aussi une réflexion sur l'origine de la violence en Corse nous interroge plus largement sur la liberté de l'homme face à cette violence.
Les parcours de vos deux héros se répondent car ils subissent d'abord la violence, la misère et l'injustice, jusqu'à ce que le hasard d'un événement ponctuel les fasse basculer dans un engrenage les conduisant inéluctablement à un autre enfermement. Ils passent ainsi en quelque sorte d'une prison sociale à une prison morale.

N'y a-t-il à vos yeux qu'une alternative : subir la violence du monde ou exercer sa violence sur le monde ?
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Message le Lun 29 Sep - 10:16 par Dominique Giudicelli

Personnellement, j'ai été très sensible au personnage de l'Infernu dont la violence est montrée dans la complexité de ses racines et ramifications, sans complaisance mais pas sans compassion. Ce personnage n'appartient pas à l'enfer, juste à l'humanité. Il n'est pas un démon, mais un homme trop longtemps exposé à la violence. Et de même les Santa Lucia pour lesquels on n'a moins d'empathie, qui dans leur rôle d'adversaires nous apparaissent comme les "vrais" pourritures, mais dont pourtant on pourrait aussi ressentir toute l'humanité blessée si on s'approchait assez près pour découvrir le détail de leurs vies, (sauf peut-être l'aîné aux traits de psychopathe dans toute sa perversité, et c'est peut-être lui l'enfer...).
J'ai particulièrement aimé que l'Infernu soit malade, rongé à mort par les excès de sa vie : trop de peur, trop de haine, trop de désespoir ; la violence ne tue pas qu'avec les armes.
La violence est une maladie à laquelle la nature aussi est exposée et qui prend la forme de la cupidité, de l'exploitation aveugle et forcenée des richesses de la terre. La terre (la terre mère, ici la Corse) est gagnée par cette lèpre et ses plaies s'ouvrent en tranchées rousses dans le vert des châtaigneraies (on pense à l'Amazonie et à sa terre rouge mise à nue par les déforestateurs), et la sève des arbres que l'on saigne pour en extraire le tanin couvre de rouge leurs exploiteurs et les empoisonne lentement. On s'en désole car les bucherons et leurs familles sont finalement des victimes au même titre que la forêt dont ils devraient vivre et dont ils meurent de la même mort, en obéissant à des ordres venus d'ailleurs, de financiers pour qui ils ne sont qu'une autre espèce de matière première, une chair ligneuse uniformément rouge qu'on écrase pour en presser le sang.

On a beaucoup parlé dans la presse de l'écho moderne qu'avait la violence de cette chevauchée crépusculaire, de l'adieu aux armes de l'Infernu et sa disparition comme métaphore de la lutte indépendantiste et de ses dérives mortelles. Sans doute, mais j'ai lu aussi le récit tragique d'une terre livrée à l'exploitation sans scrupule ni respect de ses ressources, hier le tanin, aujourd'hui le tourisme, avec au bout du compte un développement hideux qui détruit et fait table rase de l'avenir, dans l'ignorance et le mépris de ce qui l'a précédé. Et c'est aussi comme ça que je lis le "il ne s'est rien passé..." du dernier chapitre, comme une antiphrase pour nous alerter sur notre aveuglement sur notre passé et les mythes qu'il traîne avec lui et dont nous sommes aussi coupables que victimes : la violence comme réaction héroïque à l'oppression (oui, et non...), l'amour éperdu de la notre terre qu'il faut protéger (oui, mais contre qui ?), le passé comme un âge d'or agro-pastoral (oi, si on aime la crasse et la misère). Sans l'éveil lucide à la réalité de notre histoire, passée et présente, les mythes, comme des chimères, continueront d'agir pour leur plus grand profit et au détriment fatal des Corses qui s'en nourrissent et en meurent lentement dans l'erreur et l'ignorance.
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Message le Lun 29 Sep - 10:44 par Marco B

A Emmanuelle Caminade :

Grave question Emmanuelle... Et avant même d'y répondre, permettez que je change mon avatar et que je m'affuble ici du masque protecteur du grand John Lennon, dont les ondes pacifistes - je l'espère - sauront inspirer ma réponse... (et au passage un petit message privé vous concernant : très heureux de vous avoir enfin rencontrée en Arles ! Les voyages ont décidément bien des vertus).

Bon, cette question de la violence, la vérité c'est que je ne sais pas y répondre, pour la simple raison que je tourne autour depuis mon premier bouquin, et sans doute même bien avant. Je suppose que si on dégage deux ou trois thèmes centraux de l'ensemble de mon travail, celui de la violence sera en bonne place. Il y en a qui ont écrit que j'étais habité par la haine, ou par la rage, et je lis encore bien souvent que mon style est rude, cru, cruel, abrupt, ma langue râpeuse et mes doigts crochus. Même si j'espère ne pas trop écrire en permanence avec un burin à la main, il doit y avoir du vrai dans tout ça.

Dire qu'il n'y aurait qu'une alternative, comme ça, de but en blanc, c'est à dire subir ou exercer la violence, et y répondre de manière générale, je ne pourrais pas, parce que ça voudrait dire que je pense avoir des réponses sur le monde, que je me prends pour un grand philosophe ou une espèce de gourou, et malgré les délires de certains ça n'est pas vraiment une posture que j'affectionne. Pour moi la violence est là, de manière évidente, dans toutes les sociétés du monde, et ses formes sont multiples et sans doute infinies.

Je parle pour ma part de celle que je connais, et qui me hante, au point d'en faire des tartines dans les textes que j'écris. Je ne vais pas me défausser, je pense avoir un rapport plus ou moins possible avec l'Infernu et Vénérande sur ces questions-là. La violence, elle est en moi, parce que je l'ai subie, et exercée, comme en écho direct à votre question, même si cette violence-là est profondément intime et le restera toujours, et donc mon vrai combat - pas seulement celui de l'écrivain - c'est de la contrôler et de la maîtriser dans la vie quotidienne. Je ne vous cache pas que très souvent, mon premier réflexe ce serait de mettre ma main dans la gueule à ceux qui le méritent, et puis je me raisonne et je me dis que finalement, je suis bien éduqué, parce qu'une petite voix en moi me dit que le monde ne peut pas se résumer à ça, et que les cons méritent notre amour plus que notre haine (là, c'est John Lennon qui parle en moi). Alors j'écris des livres pour canaliser ces sentiments, ces pulsions parfois, et j'essaie de m'élever individuellement en mettant de la distance entre moi et les pages écrites. Mais je pense qu'il est nécessaire aussi que les pages soient écrites.

Je compléterais aussi cette réponse par un aspect qui m'a tenu à cœur lorsque j'écrivais le livre, et qui me semble inspirer votre question : le besoin qu'ont l'Infernu et Vénérande de restituer, au cours de leur vie, la violence (les violences) qu'ils ont subie. Je crois que c'est une vraie question, et qui peut être centrale pour certaines violences sociétales. Le nationalisme corse n'en a pas été exempt. J'ai cité les mots d'un vieil ami lors de la discussion à Racines de Ciel, qui me disait autrefois - et avec une grande lucidité - que la lutte armée lui avait servie d'exutoire. Et si la lutte armée n'avait pas existé, cette violence qu'il avait en lui aurait trouvé le moyen de s'exercer de toute façon. Ce n'est pas une petite réflexion, mais à mon sens quelque chose que l'on doit avoir à l'esprit lorsque la haine submerge une société à un moment de l'Histoire.

Enfin je ne vais pas jouer plus que ça à l'innocent : je crois aussi que le monde est profondément désespérant, que sa haine est viscérale et, si ce n'est immuable, au moins omniprésente dans l'Histoire. C'est un triste constat que je fais, et qui ne m'empêche pas de savoir apprécier aussi tout ce que le genre humain possède de qualités incontestables. Mais nos destins sont ainsi liés aux rapports de force, aux combats et aux guerres, aux inégalités et au simple fait aussi que nombre d'entre nous sont des pervers dangereux et des loups qui parfois se retrouvent affublés du pouvoir. La pire violence est sans doute celle-ci, lorsque la puissance est exercée par des gens qui ne savent pas maîtriser la bête qui est en eux, et leur avidité, et leur vanité démentielle. Des sociétés entières, des mondes, basculent et s'abîment pour de telles raisons. Un individu seul peut détruire l'harmonie du monde, et je ne sais pas si nous possédons toujours suffisamment de clairvoyance pour empêcher les désastres. Peut-être Dieu nous a-t-il abandonnés, livrant au Diable un terrain de jeu que nous espérons vainement investir nous-mêmes, en dressant haut les pavillons de nos vertus morales, de nos civilisations mortelles et arrogantes, je n'en sais rien.

Alors exercer la violence plutôt que la subir ? Je veux imaginer que notre capacité de rébellion soit ailleurs, et que les arts portent encore en eux l'espoir du monde, mais je ne lancerais pas cela comme une affirmation, juste comme un vœu un peu naïf, un souhait de voir les hommes s'éveiller, et rêver plus haut.

J'ai souvent dit à mes proches, ou à mes éditeurs - et je suis sincère - que je ne peux écrire que sur ce que je connais. Alors je pense que ma plume résume quelque part ce que je connais, et ce que je suis, et la violence est au coeur de ces enjeux qui sont les miens, personnels, intimes, artistiques. Même si "la violence" n'est pas, j'espère, le seul thème de ce travail et de ces enjeux. Et donc il y a l'écriture, et les livres, qui permettent d'approcher - sans doute - une vérité personnelle que l'on a envie de partager. Non pas qu'on se prenne pour le centre du monde, même si tout écrivain doit se prendre un peu pour le centre du monde, mais parce que l'on ressent ça comme un besoin vital.


Dernière édition par Marco B le Lun 29 Sep - 19:32, édité 3 fois
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Message le Lun 29 Sep - 10:51 par Marco B

A Dominique Giudicelli :

Waow !!! bounce bounce bounce

Très beau point d'analyse, merci ! Et je trouve que ça complète à merveille la réponse que j'étais en train d'écrire misérablement. Comme quoi, rien ne vaut les lectures pour s'éclairer soi-même (mais ça je le savais déjà).
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Message le Lun 29 Sep - 11:22 par Marco B

Et j'aurais envie de rajouter, pour aller dans le sens de Dominique, que la violence que l'on exerce a vite fait de se retourner contre soi.

Et il y a la violence que l'on exerce et qui est une forme indirecte de suicide... d'autopunition...

C'est un devisement banal du monde, oui, assez banal même, mais qui me semble nourrir bien des oeuvres...

Crime et Châtiment, Un enfant de Dieu, etc. (enfin un peu de culture ! tongue )
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Message le Lun 29 Sep - 11:29 par Marco B

Hubert Canonici a écrit:Pourquoi à mes yeux c'est un grand roman

- D'abord c'est une plongée magistrale dans une époque tourmentée ( comme toutes les époques ), très rurale, très rude.
- C'est très bien écrit, notamment les descriptions de paysages... Qui pourraient avoir été écritent  par de grands auteurs de cette époque, mais avec une musicalité personnelle et moderne.
- C'est très parlé et très visuel, on s'y installe comme dans un très bon western, où l'on a hâte de voir les ordures souffrir en sachant pourquoi elles crèvent.
- Les scènes violentes ont ce côté irréversible, chirurgical, un peu comme quand dans Massacre à la tronçonneuse, pour la première fois dans un film du genre, il n'y avait pas de musique pendant les scènes d'horreur, ça choque et ça surprend.
- L'histoire est bien construite, la fin belle et mystique - réalité crue, rédemption, misères, une histoire pouvant toucher toutes les générations par sa beauté classique, sa modernité, sa violence ( réelle à cette période ) qui vous cueille; une épopée, un western Corse et universel.

Merci Hubert. J'aime bien votre référence à Massacre à la tronçonneuse. Je trouve qu'on n'estime pas à sa juste valeur l'impact du cinéma d'horreur sur les types de narration modernes. Le côté irréversible (tiens, le titre d'un autre film d'horreur...), chirurgical, c'est quelque chose de très fréquent aujourd'hui dans la littérature américaine. Je pense à McCarthy, bien sûr, mais aussi à Donald Ray Pollock, à David Vann... Je trouve que la violence qui apparaît dans leurs livres correspond tout à fait à ce que vous exprimez ici. Et je n'y vois pas simplement de la perversité de créateurs, bien évidemment. Mais là aussi, toutes ces oeuvres mises bout à bout doivent bien exprimer quelque chose du monde dans lequel nous vivons.
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Message le Lun 29 Sep - 19:33 par Marco B

J'ai complété un petit peu la réponse à Emmanuelle... Mais on pourrait parler des heures sur ce sujet...
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Message le Lun 29 Sep - 20:38 par Hubert Canonici

Du pain et des jeux, un peu de pain à tremper dans le sang, et le peuple sera content... Je ne trouve pas que ça ai tellement changé.
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Message le Mar 30 Sep - 1:55 par Dominique Giudicelli

En lisant la réponse de Marco à Emmanuelle, il me vient une question en contrepoint : si la violence est propre à l'homme, et peut-être au vivant (les animaux sont-ils violents ?), pourquoi certains peuples le sont-ils moins que d'autres ? Je pense en vrac aux Minoens de Crète, aux Taïnos d'Amerique centrale, aux Tibétains, aux Islandais... Qu'y a(vait)-t-il dans ces cultures qui les mettait à l'abri de la violence (la leur, pas celle de leurs décimeurs ? Pris sous cet angle, on arrivera peut-être mieux à cerner ce qui relève de la culture dans la violence, et ce qui est propre à la nature humaine.

Message le Mar 30 Sep - 11:18 par Emmanuelle Caminade

Dominique Giudicelli a écrit:En lisant la réponse de Marco à Emmanuelle, il me vient une question en contrepoint : si la violence est propre à l'homme, et peut-être au vivant (les animaux sont-ils violents ?), pourquoi certains peuples le sont-ils moins que d'autres ? Je pense en vrac aux Minoens de Crète, aux Taïnos d'Amerique centrale, aux Tibétains, aux Islandais... Qu'y a(vait)-t-il dans ces cultures qui les mettait à l'abri de la violence (la leur, pas celle de leurs décimeurs ? Pris sous cet angle, on arrivera peut-être mieux à cerner ce qui relève de la culture dans la violence, et ce qui est propre à la nature humaine.

Que sait-on vraiment des Minoens ou des Tainos D'Amérique centrale ? Et bien des facteurs (géographiques, démographiques ou autres ) peuvent expliquer la douceur apparente de certains peuples ...
Personnellement, je ne m'aventure plus sur ce terrain glissant et n'ai plus aucun respect pour les prétendues «Sciences» humaines depuis que j'ai été échaudée, avec toute une génération d'étudiants élevée dans le culte de Moeurs et sexualité en Océanie, par la cocasse bévue de Margaret Mead. J'ai bien ri en effet en apprenant plus tard que cette paisible ethnie papoue qu'elle citait en exemple s'étripait violemment avec une tribu voisine, et que la pauvre anthropologue s'était fait mener en bateau !
Pour l'anecdote, je pensais que cet épisode avait inspiré Jérôme Ferrari dans sa nouvelle Un sol natal, mais non, son héros Théodore est plus malhonnête qu'incompétent ...
Je signale au passage (Marco ne m'en voudra pas de squatter son fil ) que Variétés de la mort sort dans la collection de poche Babel début octobre.
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Message le Mar 30 Sep - 11:28 par Marco B

Bien sûr, bien sûr que je vous en veux ! On parle dans ce fil d'auteurs sérieux, pas de pisse-copie à la noix ! bounce bounce bounce

Sinon je partage un peu votre avis, mais là je n'ai vraiment pas le temps de développer (faut que je m'active même pour la vraie vie !).

Juste sur les Tainos : il me semble qu'on entend parler d'eux assez souvent dans une anthologie du cannibalisme que j'avais chroniquée, mais dont je retrouverais les références plus tard.

Quant aux Islandais, je conseille ceci, qui est un de mes livres de chevet :



Leur système aux origines était (assez) égalitaire, avec quelques esclaves au milieu des pieds, mais surtout rendu nécessaire par leur extrême violence ! (ça fait d'ailleurs par certains aspects penser à la violence du moyen-âge corse). Bon pas le temps de développer, désolé...

Message le Mar 30 Sep - 21:38 par Joseph Antonetti

Je voudrais revenir sur le livre, et sur une phrase qui m'a fait tiquer dans le papier de Jean Guy Talamoni vendredi.

Il dit en fin de critique que Mistral a écrit une Provence rêvée et que Biancarelli écrirait une Corse cauchemardée.

Je ne permets pas de parler à la place de Marco, mais moi je dirais plutôt qu'il écrit une Corse démythifiée, et une Corse que l'on m'a racontée souvent à moi aussi.

Cette violence qui transparait dans Orphelins de Dieu, j'en ai entendu parler en famille plus d'une fois, les faits se passaient au début du XXème, ce sont des histoires que j'ai entendu plus d'une fois au village.

La critique de Talamoni est plutôt juste dans son ensemble, mais je voulais juste soulever ce point et , pour faire écho à sa conclusion ( la Corse de Biancarelli n'est peut être pas la votre...) dire que je me reconnais plus dans la Corse que raconte Marco que dans la corse fantasmée qu'on a essayé de nous vendre souvent.

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Message le Mer 1 Oct - 1:02 par Francesca

Comme cela m'a fait pour "Murtoriu" j'ai beaucoup de mal à parler de ce livre, il y a trop à dire  (beaucoup a été dit d'ailleurs) il me faut encore du temps, la relecture lente après la première lecture à bride abattue. Comme Dominique, je trouve beaucoup de compassion pour ces personnages pris dans l'engrenage de la violence. Et surtout ce que je ressens à travers les livres de MB c'est une recherche, une interrogation profonde, exigeante et angoissée, une volonté de lucidité. Or, la lucidité est le seul chemin, je crois, pour éradiquer la violence humaine (bon, je ne l'invente pas non plus, ce sont toutes mes lectures orientalistes qui parlent). Mais VOIR, sans fard, sans mythe, sans se raconter des fables, voir avec courage  "ce qui est", la violence et la laideur du monde que façonne l'homme (et sa beauté aussi, parfois, quand même)  : c'est peut-être AGIR  pour qu'il change, ou aider à le changer. Enfin je sais, c'est osé, de voir en MB une sorte de maître Zen, hein? Smile Voilà, en attendant que je sois un peu moins paresseuse pour sortir quelque chose de plus sensé, construit, complet, c'était ma petite contribution, je ne pouvais pas rester muette sur ce sujet. Je souhaite une grande carrière à ce nouveau livre, de grands prix et la découverte dans la foulée, ailleurs qu'en Corse, des oeuvres précédentes de MB.

Ah oui, je voulais dire aussi que l'Infernu s'est réincarné, en pire, ailleurs, aujourd'hui : il est du côté de l'Irak et de la Syrie, dans l'Etat Islamique qui n'a rien de l'Islam, qui veut dire Paix, ne l'oublions pas.  Et dans bien d'autres endroits, aussi, il a d'innombrables descendants chez de soi-disants guerriers d'une cause quelconque, qui finissent simplement en assassins et tortionnaires. Issus de violences séculaires et qui les perpétuent sans qu'on puisse en voir la fin. En ce sens, l'Infernu se trompe quand il dit qu'en Corse se sont concentrés tous les maux de la terre. L'enfer est partout, de toutes les époques et de tous les peuples, même les plus "civilisés"  (qui se croient  tels). Mais nous voyons ce qui est le plus près de nous.


Dernière édition par Francesca le Jeu 2 Oct - 23:16, édité 1 fois
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Message le Mer 1 Oct - 8:01 par Karlheinz L.K.

+1 pour Joseph Wink

De toute façon, c'est pas un livre d'histoire, ni une encyclopédie, ni un reportage... L'auteur manipule les réalités historiques et les légendes, et il en fait ce qu'il veut. Il a bien raison. Ça s'appelle un roman.
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Message le Mer 1 Oct - 12:43 par Marco B

A Jo :

Oui, on est d'accord. La chronique de JG. Talamoni, je la trouve très intéressante, et honnête. Mais je m'étonne que cette mémoire populaire, qui sert pourtant de base au livre, soit à ce point rejetée par plusieurs personnes avec qui j'ai échangé. Pour certains ça ne m'étonne pas, le romantisme est le socle de leur "corsitude", surtout qu'il donne le beau rôle aux notables, et l'on se complet parfois à lire l'Histoire des peuples à travers l'épopée de leurs élites. Howard Zinn est loin de leur conception du monde et des sociétés... Pour d'autres j'ai le sentiment que c'est encore la force du mythe qui agit (ou de l'engagement ?). Quant à la formule "la Corse de Biancarelli n'est pas celle dans laquelle je me reconnais", je l'ai déjà entendue, dans la bouche d'un élu qui me remettait à contre-cœur le prix des lecteurs de Corse, il y a quelques années. Mais j'avais dû passer entre les gouttes de la pensée officielle locale en cette occasion, et le discours de remise du prix devait sans doute être l'occasion de m'exprimer qu'il y avait erreur sur la marchandise (inédit, non ? de remettre un prix à un auteur en lui faisant part de sa détestation...). Bref, si, je le répète, je suis assez flatté et convaincu par la critique de Talamoni, cette phrase me laisse imaginer qu'entre élus on se dit peut-être des choses, et que pour le coup c'est une formule un peu "officielle" qu'il laisse remonter. Mais c’est son droit le plus absolu, une chronique, quelles qu’en soient les sources, reste une chronique, et je ne la remets pas en cause. Chacun exprime sa vison d’un texte avec une perception personnelle, et je respecte ça tant qu’on est dans le registre franc de la critique, ce qui est le cas ici.
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Message le Mer 1 Oct - 13:27 par Marco B

A Karl :

Oui, pas un livre historique, tout à fait, j'ai fait des jonctions entre XVIIIème et XIXème, et même intégré nombre d'anecdotes s'étant déroulées au XXème siècle (lorsqu'une femme est tondue, par exemple). Il y a même des faits s'étant passés en Irlande, comme le pitchcapping décrit lors des dragonnades. Pour moi c'est donc plus un livre mémoriel, dans l'ensemble, qu'un livre à portée historique. Mémoriel dans le sens où il est tissé d'une foule d'anecdotes ou de faits issus directement de la mémoire populaire, ou des archives qui étaient à ma disposition (certains quotidiens corses de 1890 à 1940, par exemple). C'est - modestement - un tableau culturel, sincère, qui ne peut englober TOUTE la mémoire, ce serait stupide d'imaginer qu'on puisse faire ça, mais construit sur des pans de mémoire, et aussi une sorte de témoignage de l'histoire non-officielle, de celle qui est écrite non pas par les érudits, mais par le sang et la sueur des sans-grade. C'est un peu comme ça que j'ai conçu ce livre. Par certains aspects - hormis la langue, sans doute - il m'apparaît bien plus du "domaine étranger" que ne l'était Murtoriu. J'ai été très touché, à une signature à Ajaccio, lorsqu'une lectrice d'un certain âge m'a dit qu'elle avait eu l'impression (en lisant) de voir revivre toute cette mémoire silencieuse qui était la sienne. Je me suis dit que je n'étais pas complètement à côté de mon sujet.


Dernière édition par Marco B le Mer 1 Oct - 13:46, édité 2 fois
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Message le Mer 1 Oct - 13:39 par Marco B

A Francesca :

Oui, la description de l'Enfer est une description du monde. Il ne faut pas lire ou voir "la Corse" à travers mes textes, je crois (ou pas seulement). L'Infernu parle du monde, de la vie, à partir du centre qui est le sien et - comme pour son créateur - le centre du monde c'est la Corse. ça n'est pas une "valeur affective", ni un postulat, ni une clameur revendicative, ni une plus-value de je ne sais quelle sorte, c'est un constat neutre, un état de fait et un décor littéraire, un lieu d'imaginaire. Non dépourvu bien sûr de recherche de vérité, ou d'authenticité. De recherche, tout simplement. Le passage que tu évoques, je ne jubile pas en l'écrivant, je ne "règle pas mes comptes avec la Corse", comme j'ai pu le lire, même si je comprends qu'on puisse penser ça, mais c'est faux. Je cherche d'abord et avant tout un texte, je fais mon texte, je suis dedans, dans la peau de l'Infernu, du personnage, je m'en fous que ça plaise à la Corse ou que ça l'égratigne. L'Infernu pourrait ici être Quantrill, et parler de l'Amérique, il pourrait être un rebelle mexicain, il est juste en rupture, et c'est ça qui m'intéresse, qu'il parle et exprime sa rupture. Et le texte, j'y reviens, il m’obsède à ce moment là, son niveau, sa force, sa puissance narrative. "Il n'y a nul message, etc.", là ça prend toute sa valeur pour moi, au delà de ce qui est dit, le texte, toujours le texte...
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Message le Mer 1 Oct - 18:26 par Ph.Antonetti

Bonjour à tous, je suis nouveau sur ce forum mais certains d'entre vous me connaissent.
Je dois avouer qu'au début, j'ai eu du mal avec ce roman, que je me suis retrouvé plutôt déconcerté dans un premier temps avant de rentrer dedans et de le finir avec plaisir. Alors, bien sur, suivant le travail de Marco depuis Prighjuneri, j'ai essayé de définir ce qui m'avait décontenancé, voire un peu déçu dans un premier temps, et comme ce forum nous y invite, je vous livre un rapide résumé de mes impressions.
Pour moi, le travail de Marco présente trois énormes qualités
- il est totalement actuel, en phase avec des auteurs de sa génération comme l'irlandais McLiam Wilson ou le bosniaque Aleksandar Hemon et d'autres, avec sa façon de regarder ses personnages, sa proximité non-feinte avec eux, sa capacité à se projeter en chacun d'eux sans tricher, à les aimer pour pouvoir mieux les animer.
-Marco est un formidable narrateur, entre conteur méditerranéen et storyteller anglo-saxon, et il le démontre une fois de plus avec Orphelins, peut-être même plus encore que dans les romans précédents puisqu'il n'y a plus un narrateur identifiable à l'auteur.
-Il est surtout un vrai poète, un type capable de peindre avec des mots, avec un punch incroyable. Au passage, on remarquera que si Peckinpah est cité pour sa violence, jamais on en parle pour John Wayne, qui a quand même massacré allègrement tout ceux qui n'étaient pas yankees pendant une quarantaine d'années. Comme quoi une tête de gendre parfait un peu niais peut rendre lisse et inoffensif les massacreurs les plus impitoyables! Et justement, ce qui m'a posé un petit problème, c'est que cette dimension là, cette écriture puissante, âpre, il m'a fallu pas mal de pages pour la retrouver. Un peu comme si Soutine avait voulu montrer qu'il pouvait peindre comme Sisley...J'ai pensé un moment que cela était peut-être du au changement de langue de création, mais cette explication ne me semble pas pertinente, avec un minimum de recul, puisqu'on a affaire à quelqu'un qui habite pleinement et quotidiennement les deux langues depuis l'enfance et qui prouve avec brio qu'il sait ce qu'écrire veut dire.
Bien sur, je ne me serais pas posé la question du style si j'avais découvert l'auteur avec ce roman, j'aurais juste passé un très bon moment avec un bon récit d'aventures qu'on lâche difficilement une fois qu'on est dedans.
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Message le Mer 1 Oct - 20:00 par Sylvie Viallefond

Ce livre dans sa toute première partie m'a déboussolée moi aussi, j'ai d'abord eu le sentiment d'une perte. Je cherchais cette puissance littéraire qui m'avait tant saisie dans les livres en français de l'auteur, ne pouvant lire les autres.
Puissance polémique certainement, évidente découverte littéraire pour moi, difficile à faire partager. C'est en proposant ces lectures à mon père que pour la première fois nous nous sommes incompris. Ces lectures se voyaient sur moi m'a t il dit, tu changes, il ne dépassait le choc de cette puissance, n'y voyant que le réel, pas le travail littéraire. Ces livres ont rompu un peu nos échanges en matière de lecture (sa mort a fini par les rompre complètement). Il parlait de blasphème, je pense que sa pensée était juste, dans son organisation à lui. Moi j'y voyais une puissance d'évocation par les mots d'un état de tension, intellectuelle, sensorielle, affective, politique...qu'aucun auteur à mes yeux n'avait fait passer dans le texte avec une telle évidence, la capacité à évoquer la contradiction même, par un seul mot, pas deux.

Dans cette première partie du livre je n'ai pas trouvé cette puissance dans la forme que je connaissais, je ne reconnaissais pas l'écriture complètement, avant de réaliser que l'auteur roulait sa boule, comme Atlas sa terre avant de la porter, la puissance résidait dans le drame monumental qui était en train de s'inscrire dans une époque, un paysage, une classe sociale, l'urgence n'était pas dans la puissance du verbe ou la tension de la phrase, elle était dans l'installation du récit...J'ai réalisé aussi que j'avais déjà eu ce sentiment étrange de perdre un auteur aimé dans un de ses livres, ce sentiment de frustration et de colère, et qu'à chaque fois ce sentiment était suivi d'une lecture insistante et jouissive qui me faisait découvrir le livre qui ne rappelle pas les autres livres,le livre qui se démarque d'une œuvre et la marque. Celui qui contient un paradigme.

J'ai écrit dans un commentaire que ce livre est pour moi le livre de l'irréversible, irréversibilité de la violence subie, irréversibilité de la violence agie, irréversibilité de la condition de pauvre, irréversibilité des processus d'auto-destruction dans tout processus de vie, ce livre me faisait penser à la clope, la parentalité loupée, l'inculture amoureuse autant qu'aux conflits au Moyen Orient...Ce livre m'a explosé à la tête.

Juste un petit mot sur la Corse de qui, l'imaginaire partagé ou pas...J'ai été fascinée par les paysages de ce livre, je pense que l'auteur a voulu faire un transfèrement, comme le transfèrement d'un procès, d'un prisonnier...Pour moi le voyage imaginaire m'a emportée dans un paysage de plaines et de renflements plus que de montagnes, j'étais sur la plaine orientale telle que ma grand-mère me la décrite toute sa vie, la côte orientale ne pouvait être que celle de la Corse. Dans son imaginaire à elle il y a avait le village, le Taravo, de sa jeunesse et puis le continent, Paris, Paris, Paris adoré, l'Auvergne, la Bretagne de sa vie d'adulte, mais quand elle parlait d'un grand ailleurs inquiétant, c'était la plaine orientale, elle aurait voyagé au Mexique, en Inde que le plus étrange et dangereux des territoires serait demeuré ce territoire inquiétant et fantasmé de son enfance : la plaine orientale, ses dangers, son insalubrité, la profonde étrangeté de l'au delà de l'Alta Rocca.
C'est dans cet ailleurs inquiétant si souvent raconté que j'ai posé mes repères en avançant dans la lecture, la plaine orientale de 1907, image alimentée par toutes les images de plaines orientales de tous les territoires qui ont des côtes, que j'ai choppées au cinéma, dans des BD, chez Kadaré ou Mishima.
Et pour la Corse démythifiée qui dérange ou pas...Je suis d'accord avec les hommes qui viennent de s'exprimer, je n'ai aucune expertise en la matière mais je pense que c'est une histoire de caste, quelle Corse vois tu de ta caste en 1907? La violence se joue aux abords des villages, à distance des villages, dans ces lieux insensés entre deux villages, ni au cœur de l'un ni au cœur de l'autre, lâchés par tout le monde, dans le no man's land des plus pauvres, ceux qui ne vivent pas au village. Dans le territoire des exclus qui vendent leurs mains et louent leurs taudis aux notables. Cet imaginaire, moi aussi je l'ai entendu, on n'a pas défiguré ma grand mère enfant orpheline vivant avec ses frères et sœurs dans un taudis entre deux villages après la mort précoce de ses parents, mais l'abandon d'enfants à la nuit, à la maladie, à l'hiver, au travail et à l'exploitation la plus abjecte d'enfants, elle me l'a décrit en détails. On ne l'a pas défigurée, mais déshonorée oui, comment, je ne sais pas, mais profondément et définitivement.


Dernière édition par Sylvie Viallefond le Mer 1 Oct - 22:07, édité 1 fois
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Message le Mer 1 Oct - 20:01 par Marco B

Salut Philippe !

Oui, c'est une lecture, un aperçu qui est le tien. Comme il n'y a pas à proprement parler de question, je ne vois rien à ajouter.

Plusieurs personnes m'ont fait part de quelque chose qui ne les avait pas emportées, ou emballées, ou je ne sais pas, de quelque chose qui ne les touchait pas au début du livre. Possible, moi je ne vois pas, pour moi c'est très cohérent comme style et comme construction du livre, donc il m'est difficile d'en dire quoi que ce soit. Mais j'entends, et je respecte les différentes lectures.


Dernière édition par Marco B le Lun 6 Oct - 13:11, édité 1 fois
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Message le Mer 1 Oct - 20:11 par Marco B

Superbe intervention, Sylvie. Et encore une lecture singulière, qui éclaire peut-être certains points sur le début du livre. Que rajouter ?

J'aurais voulu dire deux mots des paysages, mais je le ferai plus tard, parce que je n'ai pas le temps et que je dois préparer mes pérégrinations dans le Sud-Ouest (Toulouse, Bordeaux, saint Jean de Luz en quelques jours). Je le ferai donc sûrement à mon retour, dimanche ou lundi.

Si, je peux rajouter que j'ai l'impression d'être un auteur privilégié, à travers ces échanges. C'est franchement très agréable pour moi, mais autant dans les avis positifs que dans les réserves. Donc, n'hésitez pas, c'est franchement enrichissant, et inédit, de mon point de vue.

Bon, je vais sans doute lâcher le blog pendant quelque jours, mais vous pouvez continuer sans moi ! Very Happy
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Message le Mer 1 Oct - 20:19 par Dominique Giudicelli

Le privilège est réciproque ! C'est pas tous les jours qu'on a accès en direct à un auteur qui prend la peine de répondre et de discuter. On tâchera de discuter en t'attendant.

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