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Sujet imposé : Secret d'alcôve

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Dominique Giudicelli
Admin

Messages : 397
Date d'inscription : 28/02/2014
28092014

Sujet imposé : Secret d'alcôve

Message par Dominique Giudicelli

Dans la série de nos jeux-concours littéraire, je vous propose de vous frotter à un sujet imposé qui vous donnera, j'espère, l'envie de creuser la question du corps, du désir, de la rencontre (ou pas), de l'érotisme en un mot. Un exercice difficile, on est d'accord, mais qui donnera l'occasion aux contributeurs d'explorer ou de réinventer un genre et ses codes.

Voici donc le sujet : Secret d'alcôve.

Vous êtes libre de transposer l'alcôve hors les murs si cela vous chante.

Huit jours et autant de nuits pour vous lancer....


Dernière édition par Dominique Giudicelli le Lun 29 Sep - 14:09, édité 1 fois
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Message le Dim 28 Sep - 0:14 par Dominique Giudicelli

Elle veut toujours faire l'avion, par Petra Rossa

Je me suis mis à trop aimer la regarder, la faire jouir de mes mains, de ma langue, de mon souffle, ce que mes yeux voient alors excite mon cerveau plus que mon sexe, la faire jouir seule est la vraie domination, de mon désir et de sa jouissance.

Mon sexe s'est desaxé. Mes yeux, bandent plus que lui. Avec elle je masturbe mon cerveau.

« Moi je voudrais jouir en largeur, en profondeur et en mouvements. Que mon orgasme brûle de ta semence projetée sur les parois profondes de mon sexe à vif.
J'aime bien ensuite attendre et reconnaitre la lettre qui se dessine en quelques heures sur mon linge, le Z de ZORRO.

Tu me donnes un plaisir vrai, précis, expert, mais solitaire. Moi j'aime notre plaisir commun, plus épais, entre douleur et extase, délicieux. Le plaisir de cette légère démesure entre ton sexe et le mien. Ce n'est pas grave que tu m'écrases, ton coude et mes cotes, tes mouvements qui me déplacent au lieu de me bercer, ta nature et mon espace compté, c'est le rythme commun, danse où l'un conduit l'autre, qui fait qu'on s'envole.

Quand je vole toute seule, je vole moins haut qu'avec toi en moi."

Message le Dim 28 Sep - 0:15 par Dominique Giudicelli

Les larmes de sirène, par Hubert Canonici

La chaleur ondule en spasmes vaporeux, la plage est déserte. Je me sens apaisé sous les dards solaires. Petit, j'étais dans la maison familiale comme une tumeur disgracieuse, des marques profondes de boucle de ceinturon sur tout le corps; puis vint l'indifférence, celle qui vous délave.
Dorénavant mon horizon est propre, enfin ! J'ai l'impression de sentir mes yeux sourire.
D'un tas d'algues nait une silhouette gracile aux mèches perlées de sel, des oies sauvages volent au-dessus, la fée d'algues se disperse sous le vent du large, je souris, nostalgique.
Je n'ai jamais connu que l'amour fantasmé, bien sur j'ai effleuré des regards, appréhendé des possibilités de sensualité torride, il ne m'en reste qu'un goût inconnu de souvenirs non vécus; les plus beaux parait-il? Non !
Je nage dans cette eau à facettes aux relents de pastèque, de la lumière orange sur le bleu d'un été qui ne veut pas mourir, je suis debout, musclé, bronzé, j'ai investi mon corps.
Sur le bois flotté où j'étais assis une apparition, blonde nacrée, des seins en généreuses offrandes, des hanches en ligne de démarcation entre de longues jambes et un buste dessinés par un dieu, elle est nue. J'en ai la gorge nouée d'émotion'S.
Elle me regarde d'en dessous, avec sa bouche pulpeuse en coeur du haut de ses 20 ans, ça nous en fait 40.
Elle écarte légèrement ses cuisses, les lèvres de son minou sont délicates et légèrement rosées, l'eau ruisselle sur mon corps. Ma gêne s'est convertie en désir - la constellation de grains se sable fins sur ceux de sa peau dorée m'excite, surtout quand elle se lève puis se tourne vers les dunes - ses fesses sont si somptueuses - j'enlève mon boxer - elle s'approche, m'embrasse à pleine bouche, monte sur la pointe des pieds pour plaquer sa chatte contre ma queue qui n'a jamais été aussi dure.
Elle me prend la main et m'emmène vers la mer, j'ai la sensation de voler, elle me fait basculer en arrière, me chevauche et frotte frénétiquement son sexe contre le mien - elle s'allonge, sa bouche dans mon cou, sa respiration s'accélère puis elle cri si fort que quelques puffins cendrés décollent de leur rocher, je jouis comme jamais, si fort que j'en suis hébété - nous nous relevons et courons dans l'eau.
L'eau est si bonne, le ciel aussi est avec moi, sa longue chevelure blonde éclaircit tout.
Je m'allonge sur un rocher lisse légèrement hors de l'eau, d'en bas elle m'écarte les jambes, balance ses cheveux en arrière, puis commence à me branler et me sucer en même temps - c'est si bon que je me demande si tout ça est bien vrai - avec une souplesse virtuose elle vient appliquer son minou sur ma bouche, ses seins caressent mon ventre, ma langue tourne autour de ses lèvres douces au goût salé, je pénètre avec deux doigts son écrin élastique - elle joue avec sa langue le long de ma bite - se met à 4 pattes, je la pénètre, la fouette de grands coups de reins, nos cris se mêlent dans un orgasme d'une puissance inouïe.
Elle me regarde intensément, sourit, puis disparaît derrière les dunes. Le lendemain je cherche sur la plage des grains de sa peau, je ne trouve que des larmes de sirènes.

Message le Dim 28 Sep - 16:58 par Marco B

Des extraits, des instantanés, ou un récit complet (et au format court je suppose) ?

Message le Dim 28 Sep - 17:01 par Dominique Giudicelli

Ce qu'on veut, même un peu long, sans aller jusqu'au roman bien sûr ! Des poèmes aussi, ou pourquoi pas des dessins, des photos si l'on en est l'auteur evidemment.

Message le Lun 29 Sep - 13:05 par Dominique Giudicelli

UN Nous, par Carole Zalberg



Quand tes doigts effleurent mes lèvres, mon amour, les parcourent lentement, je suis la bouche aussitôt affamée et je suis la pulpe chaude, palpitante, prête à la fouille, lisant le relief, tel l’aveugle, avant d’entrer.

Quand ils me fouillent, mon amour, tes doigts, ici ou là, je suis la cavité frémissante qui t’accueille, te veut, se resserre et te retient, et je suis tes mains amoureuses de l’humide en moi, voulant encore et toujours la soie et la brûlure, la mer intérieure, mon avidité.

Quand ta bouche est partout sur moi, mon amour, je suis les paupières recueillies, les seins denses au souvenir de tes lèvres, à l’imminence de leur venue, je suis le creux du ventre doux, la taille aimant être saisie et serrée, les fesses pleines, taillées pour la dévoration, je suis les plis secrets que ta salive irrigue et réveille, et je suis ta langue précise, ta langue douce et dure, ta langue voyageuse. Je suis l’eau qui dort et la tempête qui la soulève. Je suis ta langue heureuse, mon amour, et mon corps en arc tremblant, ma peau inondée.

Quand ton sexe me pénètre, mon amour, avant ou après tout cela suivant qu’il est pressé ou patient, suivant qu’il est joueur ou veut aussitôt la fusion, je suis ce qui t’avale et je suis ton membre, ses battements contre mes parois, je suis ses va-et-vient au plus profond.

Je suis toi et moi à chaque seconde de nos moindres gestes, dans la fureur de nos étreintes ou leur tendresse qui toujours m’émeut.
Et tu es moi autant que toi, je le sais, je le sens alors que tu me goûtes et me prends en te donnant. Je le sais et le sens et le vois à ton regard rivé au mien qui ne lâchera pas le tien.

Là, dans ce flux tendu de tes yeux à mes yeux, frémit ce que nous inventons : un plaisir aux contours abolis, ivre de mélange, emporté par la beauté de l’un dans l’autre.
Car telle est la nature de ce désir insensé : une faim prenant hors les corps, là où nous nous aimons.


Dernière édition par Dominique Giudicelli le Mar 30 Sep - 1:15, édité 2 fois

Message le Lun 29 Sep - 13:52 par Marco B

Manque ici le smiley pour saluer. Donc saluons ce texte majestueux, que l'on aurait voulu écrire ! cheers

Message le Lun 29 Sep - 20:21 par Sylvie Viallefond

Comme les ours ou les hérissons, par Petra Rossa

J'ai vingt ans, mon jeune amour, toi vingt-cinq.
Maladroits mais confiants nous découvrons nos corps et nos disproportions. Tu es mon immense, je suis ta minuscule, nous entrons dodelinant d'amour dans la vie adulte.
L'argent, le travail, les rapports de force violents, notre politesse d'enfants, notre énergie de jeunes adultes, nos familles, notre famille...naît un enfant de nos corps fertiles. Nous avons roulé un peu avant de rouler l'un vers l'autre, dans d'autres lits, sur d'autres ventres, provoqué et connu d'autres jouissances.
L'enfant sexuel que  nous nous sommes faits est le plus beau de tous. La vie va vite, nous entre dans la peau comme des éclats d'obus certains jours, nos nuits sont la toilette que se font les chats pour effacer les coups, chaque nuit nos étreintes reforment notre narcissisme. Je ne sais pas si je suis adaptée ou compétitive, je sais qui je suis quand j'épouse tes formes et ton sexe érigé, et que tu viens chercher en moi un endroit où te cacher.
J'aime l'odeur de ta sueur, ton regard bienveillant, ce rythme qui n'est qu'à toi, de nuits en nuits la nudité est devenue la vie.
Un autre enfant sexuel est arrivé, aussi beau que le premier.
J'ai trente ans mon immense, toi trente-cinq. Je suis ta minuscule, tu me portes pleine, tu me portes vide, tu m'enlèves dans ton terrier et je me laisse dévorer. La vie a tranché, ce sera particulièrement dur pour nous. Pourquoi? ça nous échappe. Notre extraction sociale, notre politesse d'enfant, notre énergie de jeunes adultes mal employée, tous les deux traversons notre génération juste à côté du pouvoir, à peine à côté. Ce n'est pas faute de travail, faute de diplômes, d'efforts, c'est manque d'arrogance, d'opportunisme. C'est notre faute. Est-ce nos merveilleux enfants qui suffisent à notre joie, notre amour mirobolant peut-être?
Nous nous réparons chaque nuit dans notre atelier: je caresse ton corps qui encaisse, ton dos immense, tes biceps d'athlète, tes cuisses parfaites pour survivre au chaos du monde, ton sexe généreux et doux, ta couronne sensible, je te caresse, te lape, t'effleure, te suce, et toi tu es heureux, tu gonfles, tu me le rends bien, tu éveilles mon corps planisphère, tu combles ma vacuité, alourdis ma légèreté, tu fixes mon errance en m'empalant si tendrement. Parfaitement emboités, mon immense idoine, nous sommes Pompéï pour un instant d'éternité. Je suis la Corse qui bouge pour s'endormir de tout son petit long dans le creux de l'Ukraine tout juste à sa mesure.
Encore un enfant sexuel qui tombe un matin, beau comme les premiers. Des enfants qui nous aiment, nous nous aimons, et qui s'aiment, nous les aimons.
La vie est difficile, nos nuits font ce qu'elles peuvent, les plaies se rouvrent au matin. Ce que nous tolérons pour nous nous révolte pour eux. Nous devenons féroces, nous dodelinons amoureux, mais claudiquons aussi, plus que nous dodelinons. Tu demeures mon immense, je suis ta minuscule. Nos corps complices ne suivent plus nos têtes, notre politesse d'enfant, notre énergie de sujets cabossés. Tu me déséquilibres, je te freine.
J'ai trente-cinq ans, toi quarante, mon immense, ta minuscule, nous revenons d'Italie et la nuit n'est plus assez longue pour que les corps se figent. Nous nous aimons toujours aussi élégamment, aussi naturellement, la même évidence, jusqu'au dernier instant.
Nous nous perdons de vue, de nuit, d'étreinte, d'intimité. Mon immense, j'ai sauté du bateau, ta minuscule nage auprès d'autres côtes. Mais toutes les nuits, je viens taper contre ta coque. J'ai changé d'eau, c'est un autre océan, je n'aime ni sa faune, ni ses courants, sa houle n'est pas ta houle, ses lèvres n'ont pas ton goût, sa sueur pas ton acidité, son sexe pas ta mesure, ses caresses pas ta tendresse. Il m'aime, il me veut beaucoup de bien, je ne lui veux aucun mal. Mais je ne savais pas que ta peau, je ne le retrouverai pas sur d'autres, je jouis, mais pas par toi.
J'ai quarante ans, toi quarante-cinq, déjà plus, toi aussi mon immense. Je suis ta minuscule qui traverse l'océan la nuit pour trouver le détroit qui me ramène à toi. Nos enfants intimes nous aiment, ils s'aiment, nous les aimons.
Peu importe notre âge, la vie nous a oubliés un peu, une roue tourne qui en écrase d'autres, qui s'aiment. Ta géographie m'intéresse, elle m'obsède, je voudrais voir tes menus affaissements, tes glissements, que tes mains resserrent encore ma taille et ta force me soulève et m'enlève et m'emporte dans ton lit comme dans un trou de terre où nous nous affairons, corps en corps, pour préparer un bel hiver, comme font les ours, les hérissons, maintenant que nos enfants intimes peuvent se passer de nous un hiver.
Je prépare le trou, le creuse de mes mains, qui sait avec qui je passerai cet hiver?

Message le Mar 30 Sep - 1:27 par Dominique Giudicelli

Très beau texte Sylvie, au rythme bouleversant, de la vie qui accélère et nous perd, nous projette, loin de notre alcôve.

Message le Mar 30 Sep - 15:27 par Sylvie Viallefond

Merci Dominique pour cette lecture sensible. Parfois la vie nous expulse, une fausse couche amoureuse.

Message le Mar 30 Sep - 20:45 par liveriu

Après la chose, par Liveriu

Allongé sur son lit, un bout de clop anglaise aux lèvres, Antoine la regardait. Dehors l’hiver s’annonçait. Les pigeons ne roucoulaient plus et se serraient les uns contre les autres pour oublier le vent qui les poussait contre le mur où leur gouttière refuge tapait régulièrement comme une douce migraine d’après cuite. Antoine la regardait dormir voire même récupérer, il ne savait pas trop, mais il la regardait. Pour une des rares fois de son existence de minable, il ne souriait pas, il la regardait ainsi à son côté, enfin silencieuse, comme si elle était repue, voire même, horreur absolue, comme si elle était comblée. Tout ce qui horripilait notre héros était réuni : des draps froissés, une lumière plus ou moins douce, un fort parfum de sperme et de pets, car la dame avait pété quand lui naissait la jouissance, et cette abomination l’avait écœuré,  lui qui pourtant n’avait pas de cœur. Il la regardait ni tristement, ni sérieusement, dans cette sorte d’apathie qui vous envahit après la chose. Car pour Antoine, baiser c’était une chose, il n’y attachait aucun plaisir, d’ailleurs il n’avait jamais eu plaisir de rien. Il la regardait et laissait la clope lui réchauffer doucement l’index, en silence et il l’observait.
En fait elle n’était pas mal cette fille. Elle avait même sûrement de bons côtés, même si c’était son côté pile qui l’avait attiré lorsqu’il l’avait croisée par hasard sur le sentier de la fontaine.  Il faut dire que cette mode des shorts courts, c’était quand même un must dans ces lieux retirés où il traînait sa sordide existence. Il l’avait abordée, il ne savait pas pourquoi, et cette conne avait accrochée et ils avaient poursuivi leur rencontre sans trop parler et même sans trop se regarder. C’est pourquoi Antoine la regardait maintenant que tout était fini, qu’ils n’avaient plus rien à se dire, qu’ils ne se diraient jamais plus rien, qu’ils ne partageraient jamais aucun secret, et que surtout ils ne se mélangeraient jamais plus dans des draps froissés par leur sueur et par leurs humeurs. Cela satisfaisait Antoine, cela ne devrait pas trop la surprendre, et c’est pourquoi  il la regardait.
Il n’avait aucun souci de se rappeler d’elle, il ne voulait pas se graver son image dans sa mémoire, non, il la regardait pour savoir de combien il allait creuser la terre pour la faire disparaître à jamais de son univers, sans trop être taché par les gouttes de sang qui s’écoulaient lentement de sa gorge tout autour du stylet qu’il lui avait planté au cœur joyeux de son orgasme.

Message le Mar 30 Sep - 22:00 par Hubert Canonici

J'adore cette poésie pleine de fraîcheur glauque.

Message le Mer 1 Oct - 16:09 par Karlheinz L.K.

Pas encore eu le temps de lire tous les textes. Le sujet n'est vraiment pas fait pour moi, j'ai pas mal hésité avant de participer, et puis, je me suis lancé. Je vous livre ma "Vérité d'alcôve".... Wink

Vérité d'alcôve, par Karlheinz

Elle me dit, je t'ai donné ce que j'avais de plus intime, je t'ai donné le creux de mes reins, j'ai bu ta semence, donne moi quelque chose en échange. Qu'est-ce que tu veux que je te donne ? L'amour, le sexe sont parmi les dernières choses gratuites et désintéressées sur cette terre rongée par le consumérisme ; tu ne m'as rien donné, nous avons partagé. Non, me dit-elle, il ne s'agit pas de payer, il s'agit d’honorer, de considérer mon abandon. Tu le sais, mon plaisir ne se loge pas là, c'est le tien qui m'a fait jouir, ton souffle et tes râles sur ma nuque, tes contractions dans ma bouche. Tu as eu l'impression de dominer, ce qui était le cas en un sens, mais c'est moi qui contrôlais ton plaisir. En acceptant de me donner quelque chose en échange, tu exprimes que tu es conscient, que tu sais ce que j'ai fait, tu formalises ce qui est implicite, tu m'accordes une attention. Je t'ai accordé toute mon attention, nul besoin de « cadeau » pour le prouver. Je sais, j'ai apprécié ton abandon, et tu sais que je sais, pourquoi matérialiser cette échange, le marchandiser ? Parce qu'il faut dire les choses, il ne suffit pas de les ressentir, se cacher derrière une complicité fantasmée n'est qu'une consolation pour handicapé du sentiment. Il faut dire et faire. Alors, je te le demande, donne moi quelque chose qui vaut que je boive à ton sexe après t'avoir offert mon entre-fesses. Je ne peux pas, répondis-je. Je n'ai rien d'aussi privé à offrir. Donne moi un secret, me dit-elle. Un secret inassumable. De ceux qui font honte, comme j'aurais honte d'avouer ce que nous venons de faire. Il y eu un silence, toujours trop long, comme le sont ces silences. Elle ne le romprait pas, c'était évident. J’eus l'impression d'être un enfant surpris par sa maman entrain de se masturber, impossible de fuir, impossible de nier, impossible d'assumer, impossible d'oublier. Il fallait que je parle, j'aurais pu mentir, j'y suis assez fort, mais j'ai opté pour la vérité, je ne sais pas pourquoi. J'ai peut-être cédé à la vérité parce qu'elle avait raison, et parce que mon secret valait bien son abandon. Les mots sortirent d'un coup : j'ai le sida.

Message le Mer 1 Oct - 16:48 par liveriu

ça c'est gentil Hubert ! : Very Happy

Message le Mer 1 Oct - 16:51 par liveriu

quant à Karl, voilà une grande et belle prestation !
C'est quand même étonnant de voir que les mecs n'aiment pas trop les alcôves, l'habitude des bagnoles peut-être ? ou des canapés défoncés des caboulots ? qui peut connaître toutes ces obscures causes ?

Message le Mer 1 Oct - 18:07 par Marco B

Ah ouais, quand même, on peut aussi avoir ce genre de secrets d'alcôve ? Ouais, alors ouais. cyclops

Message le Mer 1 Oct - 19:05 par Joseph Antonetti

Karl , vous avez su troubler mon cœur de midinette.

C'est dégueulasse et j'adore ça.

Message le Mer 1 Oct - 20:16 par Dominique Giudicelli

A chacun son alcôve, et à chacun son secret... Bon à mon avis, on s'est éloigné de l'érotisme, mais je comprends : on ne se refait pas !

Et si ça libère votre plume de son étui, alors allons-y !

Message le Mer 1 Oct - 20:36 par Karlheinz L.K.

Je ne suis pas si sûr d'être hors sujet, la notion de "secret d'alcôve" n'évoque rien pour moi, j'ai donc bêtement cherché sur le net à quoi ça pouvait renvoyer, puis j'ai lâché l'affaire... Les recherches sur le net, ça vaut ce que ça vaut, souvent pas grand chose Smile

Peut-être aurait-il fallu définir ce qu'il était entendu par "secret d’alcôve" ?

Au bout du compte, comme le dit Dominique, ça m'a fait écrire, c'est déjà beaucoup Wink

Avantage de l'exercice, après avoir lu tous les textes, j'aurais peut-être compris ce qu'est un secret d'alcôve !!!

Bon, je vous laisse, j'ai ma tri-thérapie à prendre...

Message le Mer 1 Oct - 20:37 par liveriu

ah ! dormir dans les plumes ! et éternuer comme un malade ! il n'y a rien de plus mort d'amour qu'une couette plumeuse ! ça pince, ça se plie, ça fait confondre, bref c'est atroce !
oui c'est vrai on a oublié l'érotisme mais c'est un truc bizarre qu'on maîtrise pas très bien dans nos contrées profondes. Very Happy

Message le Mer 1 Oct - 20:54 par Sylvie Viallefond

Il y a de l'érotisme dans ces deux textes, justement dans le risque inhérent à tout exercice érotique avec un(e) autre, parce que c'est un(e) autre. L'érotisme est vivant, mais particulièrement risqué: on peut y attraper la vie, la mort ou un amour fou parfois pas plus facile à vivre qu'un sida sous tri-thérapie


Dernière édition par Sylvie Viallefond le Jeu 2 Oct - 7:34, édité 1 fois

Message le Mer 1 Oct - 22:27 par Dominique Giudicelli

Je pense qu'il est plus facile de parler de sexualité, surtout crument, que de se dévoiler dans l'émotion du désir et de l'intimité, mais j'avais choisi à dessein les termes du sujet pour qu'ils laissent libre cours à l'imagination et à l'interprétation. Je ne sais pas non plus exactement ce qu'est un secret d'alcôve, sinon quelque chose qui se passe un peu à l'abri du monde, encore que l'alcôve puisse s'entendre simplement comme le lieu de la rencontre et non un espace clos. Donc pas vraiment de hors sujet pour moi, juste quelques pudiques esquives ! Wink


Dernière édition par Dominique Giudicelli le Mer 8 Oct - 14:11, édité 2 fois

Message le Jeu 2 Oct - 16:56 par liveriu

moi je suis nul en pratique électronique (en érotisme ma foi je peux me débrouiller ..) mais je serais heureux de voir ici, si John Lennon lit ce post le superbe tableau de Fragonard : le verrou. Là oui on voit ce que veut dire érotisme et même beaucoup plus que dans le déjeuner sur l'herbe de Manet. Celui de Picasso fait gerber, même s'il est extra...
J'avais pensé à un texte très XVIIIe européen, mais le temps m'a manqué et j'ai été rattrapé par des terroirs instables. Ce n'est que partie remise et mon texte s'appellera Le Verrou, bien sûr !

Message le Jeu 2 Oct - 17:47 par Karlheinz L.K.

Effectivement, je viens de finir de lire les textes, ça part dans tous les sens Twisted Evil !

Je ne mettrais aucun avis, ni commentaire pour le moment, mais y'a vraiment de bons trucs ! Je n'en sais pas plus sur ce qu'est un secret d'alcôve, mais au bout du compte quelle importance !

Message le Jeu 2 Oct - 18:14 par Hubert Canonici

Faut souffler où pour l'alcôve test?

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