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Au début était le V...

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Dominique Giudicelli
Admin

Messages : 397
Date d'inscription : 28/02/2014
02092014

Au début était le V...

Message par Dominique Giudicelli

Bon, la rentrée est derrière nous, ou à peu près. Il reste encore à passer l'été indien et puis l'année sera lancée. J'oublie peut-être la saison des prix littéraires, mais c'est que sur Praxis Negra, de saison pour ça, il n'y en a pas ; c'est toute l'année. Parce que savoir qu'on va être lu, c'est stimulant pour la plume, et savoir que son avis va être pris en compte, c'est stimulant pour la lecture. Donc, des concours littéraires, ici, on en fera tous les mois (enfin, on essayera...)

Le premier, "Au début était le V...", était tautologique, comme son modèle biblique ; et à l'instar du modèle, 6 créations en sont issues. Mais là s'arrête la métaphore, car nous ne rendrons pas de jugement divin (d'ailleurs, ce n'est pas encore la fin des temps), mais juste un avis, sincère et bienveillant, sur ces 6 oeuvres inaugurales.

Pour cela, tous les lecteurs disposent de 6 points qu'ils distribuent de la manière suivante : 3 points, puis 2 puis 1 aux trois textes qu'ils ont préférés.
Les votes sont publiques, (ou secrets, en MP, pour ceux qui préfèrent), et les commentaires, argumentés et courtois, cela va de soi, sont les bienvenus, histoire que les textes ne restent pas de simples copies mais donnent lieu à des échanges enrichissants (évidemment...)

Les textes en lice sont juste en dessous : faites "répondre" sur le dernier texte pour poster votre vote et vos commentaires.
Vous avez jusqu'à la fin de la semaine pour voter.



Dernière édition par Dominique Giudicelli le Mar 9 Sep - 22:09, édité 1 fois
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Message le Mar 2 Sep - 18:05 par Sylvie Viallefond

Au début était la vie, minuscule, un point à peine plus opaque que le reste sur l'écran.

Elle a reposé la sonde et écrit « Sac utérin gravide visualisé.Trompes libres. Utérus antéro-versé. ».
Elle a agrafé deux images brillantes.
Elle a calculé le jour où t'as du commencer et déduit le jour où tu devrais glisser un matin.

A peu de jours près tu as glissé comme prévu, un matin. Bienvenue au monde, je suis ta mère, voilà ton père. Voilà ton lieux de naissance, ton pays, ma langue, nos familles et ton foyer. Nous mangeons à 20 heures et nous douchons le soir. Le climat est tempéré, le chauffage collectif. Le président c'est François Mitterand. On vit en immeuble, au deuxième. Tu ne seras pas toute seule, j'espère que t'as tout remis en place pour les prochains avant de quitter ton nid.

Des cellules de ton corps continueront toute ma vie à circuler dans mon sang. C'est géant. Avec elles, celles de ta fratrie.

De rentrées en rentrées je t'ai vu grandir, t'affiner, perdre tes dents, ton humour.
Tu as couru devant en 1997, tu as traîné les pieds en 2000. Tu t'es pissé dessus, moi je m'en rappelle, tu as hurlé pour mettre ton manteau neuf malgré la chaleur, tu as pleuré, tu as siffloté. Tu as surtout aimé l'école, tu as toujours aimé l'école.

Puis je n'ai plus vu les rentrées car je n'avais plus le droit de venir.
Mais tu me racontais, parlant vite le soir dans la cuisine, vite et fort car tu devinais que je ne t'écoutais qu'à moitié, vous parliez tous ensembles.

Te voilà plus que majeure. Ta rentrée c'est ton détachement.
Tu rentres dans ta vie, tu ne sors pas de la mienne.

Bonne rentrée ma perle, mon edelweiss. Je t'ai préparé ta gamelle. C'est tout ce que je peux faire pour ton bonheur, celui que tu attends vient d'ailleurs, il fait claquer les portes de la maison quand tu sors, vous sortez tous en même temps. Septembre n'est déjà plus ta rentrée, jeune adulte tu vis hors saisons. Le temps que je me retourne septembre est devenu un souvenir pour toi et moi.
Le souvenir de l'école publique qui a fait de toi une fille bien dont je suis fière.
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Message le Mar 2 Sep - 20:08 par Hubert Canonici

Au début était le Vagin - il phallus bien qu'il construisit un socle solide autour de lui-même.
De la chair et des os, voilà un bel alliage pour encadrer ce fourreau tubulaire. Après une mise ovaire, il fit la raie sur image. La structure finale se mut aisément bien - subrepticement, la vaginale eut froid de se trouver si seule en son sein, ayant perdu désormais son statut de single trou - une con d'invertébrée intitulée Herma, bava

- Et voilà que la frigide erre !

PhrodiT, son mâle, n'esquissa pas un fil baveux de sourire et continua son branle bas de con bas...

En ces temps les forêts étaient vraiment vertes et fleuries de toutes exentricités ravissantes.
Alors que des volatiles de 200 kilos rotaient les excédents de fruits trop mûrs, elle sentait, au cœur de l'origine, des secouSses semis électroniques vriller comme des lapins écorchés arrosés de vinaigre dans des bas de soie.

- Aïe aïe aïe! Que se suture t'il là ! Je sens la récréation d'un besoin instinctif ! Un peu comme, et ce sera vérifiable bien loin dans le futur, où le sieur blanc Jo Dassin dira à sa femme à table et devant témoins - j'ai pris une décision - m'éclater - changer de vie - avant de la congédier pour une plus jeune et plus blonde, et de se vautrer dans la drogue!
Mais je m'égare de l'est, je suis à l'ouest, que fait cette bite d'amarrage en ce cercle fleuri?

Le ciel aussi prend sa part, comme les eaux profondes...

- Ça vrombit ! Mais je vais m'y amarrer, la ventouser cette bite à drôle de cloche !

Alors commence un sacré besognage sur l'objet, des cris terribles à rougir le cul de tous les babouins du cosmos, à creuser les grands canyons et à monter les sources en gerbes - le révélateur jouissif, se confirmant en synthèse explicite, elle se leva de l'objet:

SBEUU ! ( bruit peu évident à retranscrire )

Elle connecta la substance concentrée dans l'écrin pour la distribuer aussi vers le haut - ce haut en tête mal dégrossie encore inférieur en diamètre du trou originel !
À tel point qu'elle se posa une incongrue question - ne suis-je pas mâle?
Ayant tant et si bien effectué des rotations d'égale vitesse au mur du son, qu'à ses pieds, les fleurs s'étaient transformées en élixir...
Badigeonnant son tour de trou, bien contentée en vérité fut-elle d'avoir un nez.
Et se mit en mission de créer un haltère ego, puisqu'il devra posséder du muscle à endurer de longs assauts reinaux...

Revenons au présent !

Ayant une vaine hémorroïde traînant ça et là, elle en fait une base à modeler, y soufflant fort voilà créées deux bourses siamoises -

Elle et sa créature arrivent devant un lac plus miroir que nous mourons - se voyant campée près des bourses siamoises flanquées de frêles pattes palmées - surmontées par un cou casqué où se loge l'intelligence - elle connait l'état nauséeux...
Par ses dons de voyance, de toutes façons, elle chante que tout finira par de la procréation OGM, elle pense même un instant se coudre le vagin - mais déjà, le trou, non avare de gourmandise en r'demande - la femme est un homme " presque " comme un autre...
Pulsion n'étant pas raison le fourreau tubulaire engendra les monstres qui parfois s'ignorent et nous ressemblent comme deux gouttes de semence...
Comment une putain de masse comme la terre possédant pouvoirs et exigences insondables si effarants, comment cette force défiant les lois de l'apesanteur, du mystère absolu - a-t-elle pu se faire enculer par un vagin?
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Message le Mar 2 Sep - 22:59 par Dominique Giudicelli

Par Liveriu

VOIX ACTIVE

lego legebam legam legi legeram legero legam legerem legerim legissem
. legis legebas leges legisti legeras legeris legas legeres legeris legisses
legit legebat leget legit legerat legerit legat legeret legerit legisset
legimus legebamus legemus legimus legeramus legerimus legamus legeremus  legerimus legissemus
legitis legebatis legetis legistis legeratis legeritis legatis legeretis legeritis legissetis
legunt legebant legent legerunt legerant legerint legant legerent legerint legissent

lege legito legere legisse lecturum esse legens lecturus legendum lectum
legito legendi
legite legitote legendo

legunto legendo lectu


VOIX PASSIVE


legor legebar legar lectus sum lectus eram lectus ero legar legerer lectus sim lectus essem
legeris legebaris legeris lectus es lectus eras lectus eris legaris legereris lectus sis lectus esses
legitur legebatur legetur lectus est lectus erat lectus erit legatur legeretur lectus sit lectus esset
legimur legebamur legemur lecti sumus lecti eramus lecti erimus legamur legeremur lecti simus lecti essemus
legimini legebamini legemini lecti estis lecti eratis lecti eritis legamini legeremini lecti sitis lecti essetis
leguntur legebantur legentur lecti sunt lecti erant lecti erunt legantur legerentur lecti sint lecti essent

legere legi lectum esse lectum iri lectus legendus
legimini

Au commencement était le verbe, et il n’y a pas de verbe sans déclinaison, et pas de verbe possible en dehors de la bonne et immortelle grammaire latine !
Antoine riait ; il avait repris sa vieille grammaire et s’était replongé dans  le monde magique et merveilleux de la déclinaison des verbes, où la science du mot, le rêve de l’action, et les formes poétiques les plus abouties se mêlaient et se répondaient dans des colonnes bien maîtrisées par un grammairien taré,  totalement drogué aux choses inutiles ; tout était là, et tout redevenait possible, puisque la grande science de la description de la morphologie verbale fournissait à tous, à lui, et aux générations à venir, les outils les plus essentiels pour se perdre dans le langage.
Et Antoine riait de tant de beautés cachées que seul un passionné du verbe pouvait goûter à sa pleine mesure. Et il récitait inlassablement en se balançant doucement sur sa chaise ces mots oubliés, ces formes disparues, ces mots archaïques et pourtant si vivants qui ne savaient parler que d’une chose : des mille et une façons de lire, des mille postures possibles devant un bout de phrase, des mille univers recelés dans ces sortes de psaumes qui avaient tant fait pleurer les enfants, et tant se réjouir tous les pervers narcissiques auquel il était fier d’appartenir.
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Message le Jeu 4 Sep - 21:29 par Dominique Giudicelli

Par Karlheinz L.K


Au début était le V. Le V de la victoire. Nous étions tous bras tendu, les doigts en ciseaux, fières et heureux. Nous avions gagné. Ce V marquait le début d'une nouvelle ère, d'un nouvel âge. Deux belles cuisses écartées, laissant entrevoir ce que nous avions toujours voulu voir, voilà ce que cet index et ce majeur symbolisaient. Tout devenait possible. Sur tous les murs de la ville des V de tous styles et de toutes tailles s'affichaient, la victoire partout.

Il ne faisaient pas bon être un des perdants. Bien sûr, ils se gardaient bien de taguer partout des D de la défaite, on ne revendique pas ses échecs. Mais... peut-être aurait-il mieux valu, peut-être aurions nous été plus vigilant. Nargués, humiliés, raillés, molestés, méprisés. Le perdant se tait, il n'a pas d'autre choix, et où qu'il tourne la tête un V lui répond : « tu l'as dans le cul mon garçon ! » ; alors il courbe l'échine, regarde le sol et rumine sa rage. Bouffer du V n'est pas conseillé, nous le savons désormais.

Lorsque le vent tourna, qu'ils eurent assez ruminé, ils prirent leur revanche. Nous étions si bien au creux de nos V que nous ne vîmes rien venir. Laminés. Il ne restait plus que le V des vaincus, partout, et où que nous portions notre regard un V nous répondait : « tu l'as dans le cul mon garçon ! ».

A la fin était le V. Le V des vaincus. Ils nous faisaient défilés bras tendu, les doigts en ciseaux, honteux et malheureux. Nous avions perdu. Ce V marquait la fin de notre ère, de notre âge. Deux hideuses cuisses écartées, laissant entrevoir ce qu'aucun de nous n'aurait jamais voulu voir, voilà ce que cet index et ce majeur symbolisaient. Tout devenait impossible. Sur les murs de la ville des V de tous styles et de toutes tailles s'affichaient, vaincu partout.
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Message le Jeu 4 Sep - 21:31 par Dominique Giudicelli

Retour de manivelle, par Xavier Casanova

Au début était le vilebrequin
et le vilebrequin s’est fait chignole,
et nous sommes toujours en communion.
Car nous étions en communion
non pas avec l’instrument et sa facture
mais avec le cercle et sa perfection.
Or la main tournait.
Car la main était sur la canne.
Car vibrait le dernier scion.
Car le fil tressautait d’entre les anneaux.
Car le vermisseau s’était acquitté de sa tâche.
Car la bouche s’était refermée sur lui.
Car le crochet avait pénétré la mâchoire.
Alors, nous n’avions pas labouré en vain la terre.
Alors, de la motte était sorti le lombric.
Alors, nous l’avions vu exsuder ses glaires et ses humeurs.
Alors, nous avions tourné la tête pour éviter la nausée.
Alors, nous l’avions mis dans la sciure et le son.
Alors, il fut purifié et nous l’avions empalé sur le fer.
Alors, nous l’avions lancé au milieu du lac.
Là, une gueule avide engloutissait le fer et l’appât.
Là, une secousse signalait aussitôt la morsure.
Déjà exercés à remonter les phonographes,
nous remontâmes de même le poisson.
Par amour du mot juste,
nous disputâmes si nous l’avions remonté
au vilebrequin ou à la chignole.
Par amour de la vérité,
nous constatâmes qu’en ce débat commun
nous tournions tous en rond.
En cercle.
Le signe.
La communion.


(ici le lien pour voir le texte dans son environnement d'origine :
http://isularama.canalblog.com/archives/2014/09/04/30526936.html#utm_medium=email&utm_source=notification&utm_campaign=isularama)
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Message le Ven 5 Sep - 2:00 par EV


Au début était le Vert. Oui, je crois bien que c’était vert. Un vert sapin. De ces verts qui vous transportent. Loin. Vous laissent entendre la musique du vent, qui siffle entre les aiguilles de leur arbre et vous exhortent à humer ces effluves de vétiver chaud et enivrant, quand vous n’êtes qu’usure.

À moins que ça, ce n’ait été plutôt le ver du sapin. Cette larve nue, visqueuse, rampante et rebutante à souhait, qui s’insinue dans les corps inertes des âmes sans vie.

Enfin, c’était le vert. Oui. Il me semble bien. Ou le vide. Ou le verre vide. Mais le vide. C’est sûr. Au début et à la fin.

Tel un hère, que le vent n’avait cessé de balayer sur son chemin, il n’avait connu de répit, depuis ce pathétique instant où il avait percé le ventre fécond de sa mère.

Cosmin était haï de ses frères. Il leur avait enlevé celle dont ils avaient impunément souillé les entrailles jusque dans ce monde et qui remplissait leurs gamelles chaque matin. Son propre père ne le haïssait pas moins. Pour des raisons sensiblement identiques et tout aussi glorieuses.

Son existence était misérable. À l’image du jour qui l’avait vu naître. Pas un iota de moins.

On l’avait retrouvé dans la maison familiale, par une froide nuit d’été, baignant dans un amas de viscères à l’odeur putride. Tout portait à croire qu’ils étaient humains, quand il ne s’agissait, en réalité, que de ceux de ses frères. De son père, aussi. On ignorait depuis combien de temps il se trouvait là. Son visage était maculé de matière et de sang. Pourtant, des témoins rapportèrent que, jamais auparavant, ils n’avaient pu observer si doux regard. Il semblait habité par un sentiment intense et ineffable. Comme une indicible joie teintée d'angoisse. Le monde s’agitait horrifié autour de lui, mais il restait là, figé dans une immobilité presque absolue.

Il avait nettoyé la vie de ces bouchers infâmes, qui avaient occupé son antre maternel sans avoir su le respecter.

Alors, oui. Pour Cosmin, c’était vert. Vert, quand il avait déchiré le gras-double de ses frères. Vert, dans les yeux de son père avant de ne les éteindre.
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Message le Mar 9 Sep - 22:34 par Dominique Giudicelli

Mon vote :
Au début était le vilbrequin : 3 points
Au début était le vagin : 2 points
Au début était le V. de la victoire : 1 point

Parce qu'il faut bien choisir, comme devant le glacier quand on a droit qu'à trois boules... Mais tous m'ont fait envie, et tous m'ont émerveillée et ravie par leur poésie, leur inventivité, leur liberté de ton, leur élan.
Alors pourquoi ces trois-là ? Peut-être parce qu'ils parlent plus directement à ma propre perception du commencement, organique, glaiseux et métaphorique à la fois.
Parce que j'ai aimé ce vilbrequin, lancé là, au milieu du sujet, comme un défi absurde, et qui dans la main experte de Xavier Casanova, poïète inspiré par l'Esprit, est devenu un véritable outil de création, duquel il a réussi à recréer le monde et même l'Humanité.


Dernière édition par Dominique Giudicelli le Mar 9 Sep - 23:06, édité 1 fois
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Message le Mar 9 Sep - 23:03 par EV

Je donne les 3 premiers points à Karleinzaunombizarre.

Je les lui donne, parce que j’ai apprécié la construction en miroir de son texte, où apparaissent dans une symétrie parfaite le « V » de la Victoire et celui des Vaincus. Le début pourrait être une fin et la fin le début, comme si tout se confondait dans un cycle. Dans un recommencement perpétuel. Un mouvement redondant et sans fin.

La duplicité et l’ambivalence incarnées par ce « V », qui sert le positif autant que le négatif qui lui succède, illustrent bien l’aspect relatif du regard que nous portons sur les choses. En réalité, ce texte me fait penser à une phrase de Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ».

Voilà, j’ai aimé.

Ensuite, 2 points à Hubert et 1 point à Sylvie.
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Message le Mar 9 Sep - 23:27 par Karlheinz L.K.

1- Sylvie Viallefond, au début était la vie (3pts)
2- EV, Au début était le vert (2pts)
3- Xavier Casanova, Au début était le vilebrequin (1pts)

Sylvie en 1, parce qu'elle est à 10.000 km de moi, parce que son écriture est sensible, parce que j'ai deux filles...
EV en 2, parce que c'est à 10 m de moi, parce que c'est sauvage et triste, parce que "Son existence était misérable. À l’image du jour qui l’avait vu naître."
Xavier en 3, parce que c'est ailleurs, poétique et très bien écrit.
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Message le Mer 10 Sep - 0:39 par Sylvie Viallefond

Je donne 3 points à Karlheinz parce que son texte est mâle, que l'effet miroir fonctionne pleine face, que le texte est très élégant, et que des villes V et V inversé, on en connait trop ces temps-ci, en Syrie, en Palestine, en Ukraine et plus près de nous dans les campagnes semi-urbaines qui ont tenté le vote FN.Parce qu'il m'a donné 3 points et parce qu'il a deux filles, il leur partagera pour s'acheter une bricole.
Je donne 2 points au retour de manivelle, de Xavier Casanova, parce que je pensais que vilebrequin c'était un mot cochon, un instrument de plaisir space et que j'ai appris joliment ique pas du tout
Le texte est musical et dansant, il hypnotise. (Je confondais avec godmichet,sincèrement et si j'avais su ça fait longtemps que j'aurais mis vilebrequin dans mon vocabulaire]]
Et 1 point pour au delà etait le vert, de EV car la tristesse a de la couleur et j'entends le vent.
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Message le Mer 10 Sep - 0:59 par Sylvie Viallefond

Quant à Hubert, je fais haut les mains et je vous donnerais tous les point si j'avais pas déjà voté...je vous lis avec un certain plaisir, et meme plaisir certain, le rouge aux joues. Mais vous me faites peur.
A chaque fois
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Message le Mer 10 Sep - 5:39 par Hubert Canonici

Je donne les 3 points de structure à - Au début était le vert
J'ai senti la fraîcheur d'une forêt où des cajuns pourraient chasser des réservistes aux armes chargées à blanc -

2 points à - Au début était la vie
Car j'ai eu l'impression que c'était raconté par un vent glissant sur les toits et faisant des virgules aux cheminées -

1 point à - Karl, même s'il en a gardé sous le pied, sa musique reste sa musique -

J'ai aussi apprécié les autres, mais dans un buffet fait bien remplir son plateau.
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Message le Mer 10 Sep - 13:49 par Karlheinz L.K.

Il ne faudrait pas que les éventuels lecteurs non contributeurs ses sentent exclu de ce petit jeu ! Le vote est ouvert à tous ! Y'en pour tous les goûts, tous les styles !! cheers

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Message le Mer 10 Sep - 15:23 par BM

3 points - EV
2 points - KK
1 point - SV

Smile

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Message le Mer 10 Sep - 15:32 par Dominique Giudicelli

On vote jusqu'à la fin de la semaine, on a encore un peu de temps, et bien sûr tous les lecteurs sont electeurs !

Faites du buzz, aussi

Message le Jeu 11 Sep - 8:36 par o.ancey



3 pts à KK pour les raisons déjà évoquées, ce texte qui se lit comme un palindrome etc.
2 pts à SV (je lui en aurais bien mis 3 pour ses explications concernant son vote mais le texte était hors concours tongue )
1 pt à EV pour cette espèce de maîtrise dans la conduite de son texte. Il faudra cependant corriger deux petites fautes: enlevés et - peut être - ces frères.

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Message le Jeu 11 Sep - 12:33 par liveriu

Voici mes votes :
1- Karl toujours et encore (je dois être addict...) 3
2- Hubert parce que c'est toujours aussi fort 2
3- Le vilebrequin parce que ça tourne bien de XC 1
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Message le Jeu 11 Sep - 19:09 par BM

je vais me permettre quelques mots sur les différents textes, ce que je n'ai pu faire lorsque j'ai laissé mon vote.
je voulais dire le plaisir que j'ai eu à lire toutes ces productions.
celui de sylvie viallefond tout d'abord. j'ai trouvé là une écriture fine, sensible, dont la musicalité me touche beaucoup.
Karlheinz, c'est certainement ce que j'ai préféré de toi. au-delà même de ce que tu as mis en lumière c'est ce jeu de miroir que j'ai beaucoup apprécié. tu ne pouvais pas mieux servir ton thème.
EV. poésie et force, le tout équilibré comme il se doit.
Hubert canonici. je n'ai pas donné de points à ce texte (il fallait bien choisir Embarassed ) mais cela fait un moment que j'ai envie de dire combien je suis séduite par ce style unique et cette écriture puissante!
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Message le Jeu 11 Sep - 19:12 par Dominique Giudicelli

Oui, les 6 textes méritent vraiment d'être lus ! Tous ! C'est pourquoi, il serait bien de faire du buzz sur FB pour amener les gens à lire et à voter (le signe qu'ils ont lu !)

Allez, buzzez !
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Message le Jeu 11 Sep - 20:04 par Hubert Canonici

Merci beaucoup pour les appréciations, comme écrivait Lady, internet permet d'être lu, d'avoir des avis; écrire pour moi, c'est combler un vide sidéral ( la vie ), c'est de la rage et du coton pur, c'est transposer comme on mettrait un masque vénitien à un porc contaminé au soja transgénique, c'est un virus qui fait voir définitivement autrement, c'est oublier par l'abandon.
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Message le Ven 12 Sep - 13:24 par JYA

Putain, c'est difficile... Mais comme il faut trancher, je me lance.

1) Hubert. Parce que c'est une performance et qu'il y a là des indices révélant, à mon sens, une sacrée plume...
2) Emmanuelle. J'ai adoré la noirceur verte.
3) Pierre. Quand il maîtrise ses "pulsions", et c'est le cas ici, c'est magistral.

Voilà le tiercé dans l'ordre mais dans le désordre il serait tout aussi gagnant pour moi Wink

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Message le Ven 12 Sep - 19:35 par Barbara Morandini

Bonsoir,
Très bonne idée ce sujet imposé. Je n'aime pas trop le principe des concours mais la règle c'est la règle...
Donc, ma répartition des points est la suivante :
3 points pour "Au début était la vie" de S Viallefond. Emouvant, ça a fait frissonner mes ovaires
2 points pour "Au début était le V" de L.K Karlheinz. Nous rappelant que la vie est un éternel recommencement, un appel à la vigilance, un rappel à l'humilité.
1 point pour "Au début était le vert" de EV. Parce que c'est frais au début et putride à la fin. Parce que ça sent le sapin dans tous les sens du terme.

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Message le Jeu 2 Oct - 20:10 par Dominique Giudicelli

Et voici un texte de Joseph Antonetti qui a mis plus de 8 jours à créer le monde. Mais sa Terre est belle, même si mal fréquentée, alors je vous invite à la visiter :


A l'iniziu ci era u viotu. Un disertu di machja è di muchji, di tanghi è d'albitri, una natura immaculata, paradisu piattu per l'animali.

Poi ghjunse l'omu. Solu, cum'è intimuritu davanti à 'ssa virginità, ma a tarra era mansa, a tarra ùn dumandava chè à dà. Allora vensenu à parechji, à dumalla , ma sempre cun rispettu, sempre cun amore, chì a tarra era u suchju di a so vita , quella chì i facia campà.

Di u disertu di machja ne fecenu un ortu, un locu da cacciassi sete è fame.

Ma a bellezza ùn dura. E l'omu suminò dinù a viulenza è a gattivera à più brutta, l'odiu è u tradimentu, u puttanisimu è a sottumissione. E ricugliì a guerra. L'omu cascò innamuratu di a guerra, a cullò à e nule , a tense in alta stima sin'à lascià andà di male a tarra. Allora vultò u disertu, vultò a machja, è l'omu , 'ssu sceleratu si n'andò in d'altri lochi à purtà a guerra.


A machja s'era stallata dapoi cinquant'anni, quandu l'omu vultò. Prima hè venutu solu à rendesi contu, ma a tarra era sempre mansa, cum'è tandu , era torna pronta à dà.

Ma l'omu avia mutatu versu, rispettu ùn avia più, allora sò ghjunti in dui , in dece, in centu à marturià a tarra , ùn si facenu più a guerra, a facenu à a tarra, a marturieghjanu, a sfruttanu sin'à beie tuttu u so suchju.

A tarra ùn hè più a mamma chì dà a vita, a tarra hè una puttana chì deve rapurtà soldi à u più prestu, è l'omu u so maccarellu. Un si parla più chè di prezzi à u metru quatratu, chè di lotti à custruì.

Ma l'omu hè connu , è a guerra ricumencia. Cum'è tandu. U sangue di brutti è di i nucenti hà da corre torna, u puttanisimu è u vigliacchisimu vultarà è u disertu ripigliarà a so piazza.
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Message le Jeu 2 Oct - 20:50 par Karlheinz L.K.

La terre d'Antonetti n'est pas mal fréquentée, elle est fréquentée par les hommes, les mêmes qu'à l'aube de l'humanité, les seuls qui aient jamais existé. Il fait échos à certains Orphelins, ceux dont le père défunt avait bâclé la création. Monsieur Antonetti est précis, il ne fait pas de détours, il ne cherche pas à plaire, il dit ce qui doit être dit. "Ma a bellezza ùn dura [...] l'omu hè connu [...] a tarra hè una puttana chì deve rapurtà soldi [...] u disertu ripigliarà a so piazza". Toutes mes excuses pour l'escroquerie de ce montage, il faut suivre l'auteur dans son cheminement sans concession...

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