Praxis Cumitatu

L'ancien blog Praxis Negra étant réactivé, le Comité informe que ce forum est désormais un simple atelier d'écriture. Les membres inscrits peuvent y proposer leurs textes en vue d'une publication sur Praxis Negra (en français) ou Tonu è Timpesta (en langue corse).


Atelier littéraire


Ne ratez plus rien ! Les nouvelles contributions s'affichent dans la colonne de droite de chaque rubrique. Vous pouvez également les lister en cliquant sur le lien " Voir les nouveaux messages depuis votre dernière visite", ci-dessus. Enfin, vous pouvez configurer votre profil pour être alerté lorsqu'un nouveau message est posté sur un sujet qui vous intéresse.

De Profundis - Georg Trakl

Partagez
avatar
Dominique Giudicelli
Admin

Messages : 397
Date d'inscription : 28/02/2014
28052014

De Profundis - Georg Trakl

Message par Dominique Giudicelli

Marcu Biancarelli a joint sa voix au De Profundis du poète autrichien, Georg Trakl, que l'on vous propose ici en un chœur polyglotte.





De profundis

Ci sò campi di padda induva fala un piovu neru
Ci hè un àrburi scuru chì solu hè fermu quì.
Ci hè l’ùghjulu ‘llu ventu à inturnià caseddi bioti –
Quantu trista hè a sera
Passendu à rembu à u pasciali
A dulci ulfanedda coddi torra i spighi rari.
I so ochji tònduli d’oru pascini sempri à l’abbrucatu
È u so cori hè ingurdu da u cilestu sposu.

À u ritornu
I pastori truvoni u corpu ghjintili
Merzu in u bussu è l’orticapra.

Socu un’ umbra luntanu da paesi bughji,
À a surghjenti di a furesta aghju bitu
U silenziu di Diu.

In fronti mi veni friscu acciaghju.
À circataghjà mi sò ragni in u cori.
Ci hè una luci chì mi si spinghji in bucca.

Di notti mi truvai nant’una pianizzola,
Trattu di muddizzu è di pùlvara di stiddi.
In u buttissu ‘du sò i nìzzuli
Dinò nichjoni ànghjuli di cristallu.

Adattatu da Marcu Biancarelli

------------------

De profundis

Es ist ein Stoppelfeld, in das ein schwarzer Regen fällt.
Es ist ein brauner Baum, der einsam dasteht.
Es ist ein Zischelwind, der leere Hütten umkreist.
Wie traurig dieser Abend.

Am Weiler vorbei
Sammelt die sanfte Waise noch spärliche Ähren ein.
Ihre Augen weiden rund und goldig in der Dämmerung
Und ihr Schoß harrt des himmlischen Bräutigams.

Bei ihrer Heimkehr
Fanden die Hirten den süßen Leib
Verwest im Dornenbusch.

Ein Schatten bin ich ferne finsteren Dörfern.
Gottes Schweigen
Trank ich aus dem Brunnen des Hains.

Auf meine Stirne tritt kaltes Metall.
Spinnen suchen mein Herz.
Es ist ein Licht, das meinen Mund erlöscht.

Nachts fand ich mich auf einer Heide,
Starrend von Unrat und Staub der Sterne.
Im Haselgebüsch
Klangen wieder kristallne Engel.

------------------

De profundis

There is a stubble field on which a black rain falls.
There is a tree which, brown, stands lonely here.
There is a hissing wind which haunts deserted huts- -
How sad this evening.

Past the village pond
The gentle orphan still gathers scanty ears of corn.
Golden and round her eyes are gazing in the dusk
And her lap awaits the heavenly bridegroom.

Returning home
Shepherds found the sweet body
Decayed in the bramble bush.

A shade I am remote from sombre hamlets.
The silence of God
I drank from the woodland well.

On my forehead cold metal forms.
Spiders look for my heart.
There is a light that fails in my mouth.

At night I found myself upon a heath,
Thick with garbage and the dust of stars.
In the hazel copse
Crystal angels have sounded once more.


Translated by Michael Hamburger

------------------

De profundis

Il y a une éteule où tombe une pluie noire.
Il y a un arbre qui se dresse solitaire,
Un vent qui siffle et tourne autour des huttes vides-
Tristesse de ce soir !

Au-delà du hameau
La calme orpheline glane encore de maigres épis.
Ses grands yeux couleur d'or boivent le crépuscule ;
De tout son être elle attend le divin Fiancé.

Quand ils revinrent,
Les bergers trouvèrent son doux corps
Pourri dans le fourré d'épines.

Je suis une ombre loin des villages obscurs.
Dans la forêt, à la source
J'ai bu le silence de Dieu.

Un métal froid foule mon front.
Des araignées cherchent mon cœur.
Il y a une lumière qui s'éteint dans ma bouche.

Je me trouvai la nuit sur une lande,
Tout pailleté de débris d'astres et de poussière d'étoiles.
Dans la coudraie
Bruissaient de nouveaux les Anges de cristal.

Traduction Gustave Roud
Partager cet article sur : Excite BookmarksDiggRedditDel.icio.usGoogleLiveSlashdotNetscapeTechnoratiStumbleUponNewsvineFurlYahooSmarking


    La date/heure actuelle est Dim 22 Oct - 8:16