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Interview Diana Saliceti : en concert le 9 avril

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Marco B
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Messages : 422
Date d'inscription : 30/01/2013
04042014

Interview Diana Saliceti : en concert le 9 avril

Message par Marco B

Avant son concert à Ajaccio le 9 avril 2014, Barbara Ettori-Morandini est allée pour Praxis Negra à la rencontre de Diana Saliceti. Présentation et entretien, donc, sans plus attendre.



Mercredi 09 avril, à l'espace diamant d'Ajaccio, Diana Saliceti, accompagnée de Barthélémy Amidei, se produira sur scène. Il semblerait que, depuis que la Corse a découvert cette jeune femme, elle ne puisse plus s'en passer. Les hommes, les femmes, les jeunes, les vieux, le public, le monde culturel... rares sont les personnalités à faire autant l'unanimité.

A peine âgée de vingt-cinq ans, elle s'est déjà illustrée dans divers domaines et à de multiples reprises.Toutes les portes, si difficiles à franchir pour certains, ont l'air de lui être ouvertes. Le talent et la sensibilité de cette jeune femme, aussi grands soient-ils, ne peuvent suffire à justifier cet engouement...

Diana évoque quelque chose dans notre inconscient collectif. Elle est notre « Émile » , l'enfant parfait que Rousseau avait imaginé dans son traité de l'éducation au XVIIIe siècle, mais bien ancrée dans notre société corse contemporaine. En effet, il y a une petite trentaine d'années naissaient, quasiment en même temps qu'elle, les premières mises en œuvre des revendications culturelles insulaires. Diana Saliceti est une représentation, elle incarne, à elle seule, les jeunes adultes qu'espéraient voir émerger le fameux Riacquistu. Elle en est le fruit. Elle est belle et fraîche, elle semble émotive mais forte (comme le suggère son prénom), elle a dans la voix la profondeur des fadiste.

L'analogie avec l'univers du fado portugais n'est pas fortuite, cela lui correspond parfaitement, jusqu'à l'étymologie du terme: le mot fado est dérivé du latin fatum signifiant « destin », lui-même dérivé du verbe fari, « fabriquer», le verbe portugais fadar signifie « prédestiner »...

Diana est ouverte sur le monde sans tourner le dos à sa terre, elle est urbaine et rurale, de la mer et de la montagne, elle donne l'impression de prendre autant de plaisir à côtoyer des personnes âgées que de son âge. C'est une corse, mais au delà de ça c'est une méditerranéenne, une citoyenne du monde.




Barbara Ettori-Morandini : Êtes-vous consciente de cet attachement des corses pour vous?

Diana Saliceti : A vrai dire, la question m'interpelle. Si c'est le cas je suis très touchée car je marche beaucoup à l'affect et cet attachement est réciproque. Toutefois l'adage le dit bien: on ne peut pas plaire à tout le monde. Ce qui est sûr c'est que je suis sincère lorsque j'écris ou que je chante. Je suis si fière d'être d'ici que j'essaye au quotidien de ne pas décevoir les personnes qui m'ont tout appris. Je vois surtout le chant comme un lien privilégié avec les gens de ma terre.  

BEM : A l'aube de votre carrière, et fortes des expériences que vous avez déjà vécues, comment vous voyez-vous dans cinq ans ?

DS : Je ne me projette jamais dans le futur, très rarement. Je sais juste que je ne pourrai jamais arrêter de chanter. Chaque jour m'inspire de nouveaux airs, des thèmes à exploiter. Tout finit toujours par se traduire en chanson, j'espère que cela continuera dans le futur.   J'aimerais aussi avoir enregistré un album, pour le moment cela semble le parcours du combattant. J'espère de même être toujours au coté de Barthélemy car ensemble on travaille très bien, cette amitié est unique. Ha oui et dans cinq ans, j'espère avoir le cheval dont je rêve depuis vingt ans.

BEM : Vous avez opté, dès le départ, pour mener de front carrières artistique et journalistique (1). Aujourd'hui comment vous définiriez-vous?

DS : Il est vrai que cela peut paraître difficilement compatible. Je trouve ces deux univers totalement complémentaires à mon échelle. J'ai besoin de la rigueur de l'un pour canaliser l'extravagance de l'autre. Carrière artistique ou journalistique: pas question de choisir. Chacun d'entre nous a surement deux visages, voici les miens.

BEM : Expliquez-nous l'univers que Barthélemy et vous, avez souhaité mettre en scène dans ce spectacle.

DS : Nous livrons le travail de plusieurs mois. Des dizaines de répétitions faîtes dans mon salon. Nous savions ce que nous voulions. Barthélemy me permet de finaliser des mélodies que j'ai en tête, de les arranger. Il nous arrive même de composer ensemble. Il joue un air, j'improvise, ainsi peut naitre un morceau.
Cette complicité était à exploiter sur scène où nous sommes deux êtres face à face. Un frère et une sœur, un couple, des amis, des étrangers, dans certaines chansons j'ai cherché à ce que nos deux voix se fassent écho.

BEM : A court terme, comment évoluera ce projet? (d'autres dates, un cd...)

DS : La motivation est là. Il ne s'agit pas de voir trop grand ni trop loin. C'est juste une question de plaisir. Je voudrais enregistrer la quinzaine de créations avant que celles ci soient "périmées". Chaque époque a surement ses chansons. Dans quelques mois, je risque de ne plus me reconnaître dans les textes que je chante. Mieux vaut les fixer sur un album afin que ces chansons rencontrent les gens et ne meurent pas dans l'œuf. Je vois la musique un peu comme la mode, avec des saisons à présenter. Ne demeurent que les belles choses et c'est le public qui décide.

(1) Diana Saliceti signe chaque semaine une chronique en langue corse dans Corse-Matin, en compagnie de Julian Mattei (rubrique à Dilla Franca).

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