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Her, Spike Jonze (Barbara Ettori-Morandini)

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Barbara Morandini

Messages : 39
Date d'inscription : 28/02/2014
27032014

Her, Spike Jonze (Barbara Ettori-Morandini)

Message par Barbara Morandini

Une opinion tranchée de Barbara Ettori-Morandini, à propos du film Her, de Spike Jonze.




C'est un scénario d'anticipation que nous propose Spike Jonze avec son film Her. Scénario pour lequel il a eu un oscar cette année. Une contre-utopie à laquelle le public, de prime abord, n'aurait donné aucune chance si son réalisateur n'était pas aussi prestigieux.
D'ailleurs, combien de chefs-d’œuvre n’acquièrent pas de renommé méritée par la faute d'un synopsis peu ragoutant ?
Celui de Her ne l'était effectivement pas :
Los Angeles,dans un futur indéterminé mais de toute évidence proche, Théodore Twombly est un homme extrêmement sensible et seul.
Il travaille en tant que rédacteur pour une société qui propose d’écrire pour ses clients, des correspondances personnelles diverses. Comble d'une société (dont la nôtre est l'aube) dans laquelle il est possible de communiquer avec le monde entier mais, paradoxalement, dans laquelle nous n’échangeons plus avec nos proches.
Ses journées sont rythmées par la mise en mots de sentiments en tout genre mais ,une fois chez lui, dans son intérieur similaire à une page quelconque d'un catalogue Ikéa, Théodore est désespérément seul, il est en instance de divorce avec Catherine et ne s'en remet pas. Ils ont grandi ensemble, évolué ensemble et vécu un amour intense et pur jusqu'aux inévitables incompréhension puis silence .
Un jour il fait l'acquisition d'un système d'exploitation « OS1 » , sensé lui faciliter la vie. Théodore donne le nom de Samantha à cette intelligence artificielle, intuitive et évolutive avec qui il communique puis ,à sa grande surprise, rentre en osmose.
Cette « Siri » améliorée finit, comme ses congénères, par évoluer beaucoup trop, au point de ne plus être compatible avec celui dont, au départ, elle était au service.

Je me suis rendue au cinéma en ayant aucune idée du sujet de ce film et en ne me fiant pas à l'affiche. Heureusement, car tout deux n'auraient certainement pas œuvré au fait que j'assiste à cette projection qui, pourtant, je dois l'avouer, m'a bouleversée.

Comment Spike Jonze arrive-t-il a rendre intelligible la naissance d'une telle relation, leurs scènes d'amour, leurs disputes etc ?
Comment ai-je pu autant m’émouvoir qu'il n'existe plus de connexion entre Samantha et Théodore ?
Comment ai-je pu m'identifier à un quadra mielleux, moustachu, vêtu d'un pantalon en laine taille haute et d'une chemise en lin ?
Soit ce réalisateur est extrêmement doué, soit je suis gagnée d'une dépression fulgurante... Les deux peut-être.

Les répliques sont profondes, les silences sont opportuns, les flash-back parfaitement évocateurs. Un seul petit bémol, il manquerait, tout de même, un chouïa de testostérone au protagoniste, à mon goût. A moins que, selon Jonze, prochainement, les hommes en soient complètement dépourvus.

Barbara Ettori-Morandini


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Message le Jeu 27 Mar - 20:38 par Marco B

"Comment ai-je pu m'identifier à un quadra mielleux, moustachu, vêtu d'un pantalon en laine taille haute et d'une chemise en lin ?
Soit ce réalisateur est extrêmement doué, soit je suis gagnée d'une dépression fulgurante... Les deux peut-être."

C'est Joaquin Phenix, quand même, y a des raisons de s'émouvoir !

 Very Happy  Very Happy  Very Happy 
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Message le Jeu 27 Mar - 22:27 par Barbara Morandini


S'émouvoir (j'ai souvent pleuré durant la séance) puis être énervée contre sa mollesse . Enfin une vraie fille quoi  Very Happy . Vous me comprendrez un peu en voyant, ne serait ce , qu'uniquement, ce pantalon affreux. On en reparlera
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Message le Jeu 27 Mar - 22:48 par Hubert Canonici

Oui c'est sur, Joaquin Phoenix à plus de charisme de dos que beaucoup d'acteurs de face, il est cassé, hanté surtout. Quand il incarne Commode dans gladiator, il est inquiétant, plus qu'un serpent à sonnettes. Il ne regarde pas ses films, les spectateurs en savent plus que lui sur le rendu final.Un acteur qui s'ignore, c'est comme une femme qui ne sait pas qu'elle est belle, un orateur qui ne s'ecoute pas parler; il doit être le genre à pisser dehors, la nuit, quand il pleut, sans s'imaginer qu'aux quatre coins du monde on l'admire.
Un Dewaere en plus grand, en plus insondable, peut-être plus mort que vivant, d'où l'intérêt .
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Message le Ven 28 Mar - 0:03 par Barbara Morandini

La comparaison avec Dewaere est tout à fait adéquate ! J'approuve!! A travers son attitude et son regard, on perçoit bien qu'il est ailleurs. Bien au-delà de notre surface. Être en mille morceaux et à la fois si entier , c'est le paradoxe des génies.
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Message le Dim 30 Mar - 23:06 par Karlheinz L.K.

Je laisse passer la nuit et je ponds un avis, là je suis un peu trop... disons, exaspéré pour rédiger quoi que ce soit de lisible.
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Message le Dim 30 Mar - 23:20 par Barbara Morandini

J'ai hâte ahaha
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Message le Lun 31 Mar - 9:25 par Karlheinz L.K.

« Dans la peau de John Malkovich », voilà sur quoi j'étais resté avec Spike Jonze. Bon, je ne crois pas qu'il ait fait grand chose d'autre, j'attendais donc la sortie de « Her » à Bastia avec une certaine impatience. L'impatience est rarement récompensée et pas seulement parce qu'elle contient déjà en elle de la déception, mais aussi, tout simplement, parce que les bonnes choses sont rares et qu'un auteur ou un réalisateur qui a posé « une bombe » une fois à beaucoup de mal ensuite à en poser une deuxième.  

« Dans la peau de John Malkovich » fût une petite bombe en son temps. « Her » tout juste un pétard mouillé. Ma femme, comme dirait Colombo, m'a trouvé trop sévère à la sortie de la salle, je serais passé à côté de cette magnifique et éthérée histoire d'amour, pauvre mâle latin que je suis. Je pense que c'est plutôt Spike Jonze qui est passé à côté, et ce, malgré la puissance remarquable des acteurs. C'est lourd, lent, répétitif, sans surprise, le personnage principale n'a aucun esprit critique (l'amour rend bien aveugle dans le monde de « Her »), c'est lisse, la machine est humaine, et ça ne pose de problème à personne (même si l'histoire se passe dans un futur assez proche où la technologie et les intelligences artificielles ont envahi le quotidien du ricain moyen).

Le thème est pourtant porteur et riche, mais on reste loin sur ce terrain d'un 2001 ou même d'un Blade Runner par exemple. Le cadre n'est en fait qu'un support pour écrire une histoire d'amour absolue, sorte de Roméo et Juliette du 21e siècle, un Woody Allen du futur explorant toute la complexité de ce qui « fait » l'amour, ce qui fait l'idée de l'amour.  

Sujets ambitieux (pourquoi aime t-on, qui aime t-on, comment aime t-on), forme ambitieuse (gros travail sur les décors, les costumes, la couleur, les plans), cadre ambitieux (société futuriste où la technologie « fait corps » avec l'homme), pour quel résultat ?

Paradoxalement, la solitude de l'homme moderne entouré d'assistance technologique n'est là aussi qu'évoquée, une fois de plus rien ne semble poser problème à Spike Jonze, sauf bien sûr « le mystère de l'amour »...


Dernière édition par Karlheinz L.K. le Lun 31 Mar - 10:29, édité 2 fois
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Message le Lun 31 Mar - 10:01 par Barbara Morandini

Ça valait le coup d'attendre!!
Laughing Laughing Laughing 
Sans jamais avoir accordé aucun crédit au fait qu'il existe des "films de filles" et "des films de garçons" , je dois bien admettre, qu'effectivement, le spectateur doit être plus indulgent, au sujet de ce film, si il a de la poitrine (exceptés les gros monsieur).
Les répliques traduisent assez justement la définition de l'amour  I love you 
Saches que je me vois écrire ça et que je projète de mettre prochainement fin à mes jours, (certainement par lapidation à coup de machemalows) tellement mon point de vue est sucré et écœurant... Je le sais, mais c'est comme plus fort que moi. La théorie des genre y trouverait son compte.  Very Happy 

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